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Saint Hilaire 2024
Publié le 15 janvier 2024
 

Retour en images sur la messe célébrée le 14 janvier dernier, en l’église Saint-Hilaire le Grand

 

Homélie de Mgr Wintzer pour la Saint Hilaire

Pour la télécharger cliquez ici

Tout le monde le sait… la fête de Saint Hilaire, en 2025, aura une force particulière, elle sera un festival des initiatives missionnaires que nous mettons en œuvre dans le diocèse.

Il s’agit de nous arrêter et de regarder le chemin parcouru depuis notre dernier synode, en 2017-2018.

Je vous rappelle que le synode avait pour titre et pour thème l’Evangile et les générations nouvelles.

Dans cette église Saint Hilaire le Grand, ceci peut sembler contradictoire.

Nous sommes dans un édifice exceptionnel, médiéval pour une bonne partie ; nous fêtons un homme qui a vécu au IVe siècle ; notre liturgie nous fait entendre des textes et accomplir des gestes identiques depuis des millénaires… et on parle de générations nouvelles !

Comment comprendre qu’il y a coïncidence et non pas contradiction ?

Il y aurait contradiction si tout ce que je viens de mentionner renvoyait au monde d’hier.

Je reconnais que se référer au monde d’hier apparait aujourd’hui, souvent, à beaucoup d’entre nous, comme apaisant.

Nous avons le sentiment que l’avenir ne peut être que pire, le passé devient alors une référence consolante.

Dans un monde souvent vécu comme chaotique, le passé peut être perçu comme un temps plus harmonieux.

A y regarder de plus près, le passé était harmonieux, mais était aussi un temps de chaos.

A l’époque d’Hilaire, on ne se querellait pas pour savoir combien de secondes pourrait durer une éventuelle bénédiction donnée à des personnes homosexuelles, ou à des couples homosexuels… mais pour affirmer ou refuser la divinité de Jésus Christ… c’est tout de même autre chose !

Et Hilaire dut subir l’exil en raison de cela.

Quant à ceux qui se querellaient, là, peu de changement… c’étaient déjà les évêques !

Trêve de sourire.

J’entends souligner que l’Evangile n’est ni ancien ni nouveau ; pour le dire autrement, il n’est ni dépassé ni en avance.

C’est nous qui, d’une manière ou d’une autre, sommes en avance ou en retard, je ne dis pas quant aux modes ou aux mœurs du temps, mais en avance ou en retard sur l’Evangile.

L’Evangile est toujours au présent, Dieu est toujours au présent, et nous, nous avons souvent tant de mal à être véritablement présents, à vivre avec un cœur qui écoute avec grande qualité d’attention.

Lorsque l’on parle de générations nouvelles, lorsque l’on affirme la nouveauté de l’Evangile, ce n’est pas pour porter un jugement de valeur chronologique ou moral ; allons toujours dans la profondeur de la vie, dans la profondeur des choses.

L’évangile est nouveau car sa parole est une lumière sans cesse renouvelée, pour qui sait se rendre attentif.

Et nous sommes des femmes et des hommes nouveaux parce que l’Evangile nous aide à nous libérer des souvenirs douloureux que nous pouvons tellement ressasser qu’ils nous emprisonnent.

C’est vrai, ne dire que cela, construit un propos assez irénique ; penser que l’Evangile n’agit que dans les cœurs nous préserve de devoir le laisser transformer des modes de vie, tant personnels que collectifs.

Or, c’est bien ce que fait l’Evangile, au temps d’Hilaire.

S’il a pu être évêque de Poitiers, choisi librement par les quelques chrétiens de la ville pour être leur évêque, c’est que, quelques années avant lui, au terme des persécutions, l’empereur Constantin avait donné la liberté à la religion chrétienne.

L’Evangile a donc agi sur l’histoire : un empire persécuteur est devenu la matrice de la pensée chrétienne.

Ils n’étaient pourtant pas si nombreux ces premiers chrétiens.

Etaient-ils meilleurs que nous ?

Ils étaient mélangés, comme nous, mélangés entre eux, faits de courageux et de couards ; mais aussi mélangés en eux-mêmes, n’allant sans doute pas tous au bout de leurs convictions.

Mais, dans ces hommes, ces femmes, ces familles qui suivaient le Seigneur, lui a agi, l’Esprit Saint a accompli son œuvre.

Le persécuteur est devenu disciple.

La nouveauté de l’Evangile nous fait prendre conscience que rien n’est jamais acquis, installé.

Ou plutôt, lorsque l’on croit les choses installées, solides, établies, c’est là que tout s’écroule… et je dois ajouter : grâce à Dieu !

A l’exemple d’Israël, l’Eglise est nomade, moins dans sa manière de vivre que dans son cœur.

Elle est en marche, elle vit des déplacements, davantage même, elle est contrainte à des déplacements.

Aujourd’hui comme à l’époque d’Hilaire, l’Eglise est en naissance.

Et elle découvre, nous découvrons que la vie chrétienne, comme toute vie nouvelle n’est pas entre nos mains.

Sans doute faut-il le rappeler, à nous, époque prométhéenne qui croyons être d’autant plus libres que nous décidons de tout, y compris de la vie, du moment de sa naissance comme du moment de sa fin.

Non, la vie s’accueille, avec surprise, avec émotion, gratitude, parfois aussi colère, angoisse… mais elle s’accueille, elle ne se produit pas.

Ainsi de la vie chrétienne.

Ici dans la paroisse, comme dans tout le diocèse, comme partout en France, nous accueillons des catéchumènes de plus en plus nombreux.

J’étais hier à Ligugé avec les catéchumènes adolescents, une petite centaine.

D’où viennent-ils ? Je ne pense pas que ce soit la question à se poser… on risque de regarder ses œuvres, ses actions.

Si on tient à cette question, d’où viennent-ils ? la réponse doit être : ils viennent de Dieu, c’est Dieu qui nous les donne.

La bonne question me semble être celle-ci : qu’en faisons-nous ? Comment les accueillons-nous ? Comment les accompagnons-nous ?

Ils deviennent des frères et des sœurs, ils sont la nouveauté donnée par Dieu.

Ici, à Poitiers, nous fêtons Hilaire.

Mais, ici également, ici à Poitiers, nous recevons de nos devanciers une mission toute particulière.

Notre diocèse est marqué par Hilaire, par son église, mais aussi par un autre édifice, unique, le baptistère.

Pour nous, il n’est pas un lieu archéologique, si important soit-il, il est un appel, celui d’être cette Eglise, ce diocèse qui accueille des vies nouvelles, qui s’en réjouit, qui les accompagne, qui en reçoit surprise et renouveau.

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