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Jeudi saint, en mémoire de la Cène du Seigneur
Publié le 6 avril 2023

Cène 2023 : méditation œcuménique et homélie de Mgr Wintzer

 

  • Méditation œcuménique en vidéo

proposée par une équipe de chrétiens de Niort https://www.eglise-niort.net/Prier-chaque-jour-de-la-semaine-Sainte-2023 →

Une méditation est proposée chaque jour, disponible sur le site Reflets d’Église https://www.eglise-niort.net/ →

 

  • Homélie de Mgr Wintzer

L’Évangile vient de rappeler le geste du lavement des pieds, et cette liturgie rappelle tout autant l’institution du signe du pain, ce qui deviendra le sacrement de l’eucharistie.
Il s’agit de deux gestes du Seigneur, et ils nous sont laissés avant tout comme des gestes.
Vous savez que c’est ce qui conduira à donner cette définition des sacrements : des gestes qu’une parole accompagne.
L’un et l’autre sont nécessaires, le geste et la parole.
Une parole qui ne s’appuie pas sur un geste perd toute crédibilité.

On peut en donner de multiples exemples.
Je le fais dans ce qui nous rassemble, notre Église.
Les faits de pédocriminalité ont jeté beaucoup de discrédit, de soupçon.
Il ne suffit pas, pour rétablir la confiance, de beaux discours, il faut poser des actes.
Vous savez que parmi ceux-ci, il y a la mise en place de protocoles avec la justice, la charte de bientraitance demandée à tous deux qui ont un engagement auprès des mineurs, la demande d’un extrait de casier judiciaire, un « celebret », c’est-à-dire une carte d’identité pour tous les diacres, évêques et prêtres qui dise clairement s’ils sont ou non l’objet d’une restriction dans leur ministère.
C’est vrai, ceci développe une Église qui met en place des contrôles… à l’image de l’ensemble de la société.
Mais, pensons-nous que rien ne serait à faire ? Que l’on pourrait se satisfaire de déclarations de principe ?
On peut le regretter, mais, quand la confiance est atteinte, elle doit essayer de se mériter à nouveau.
Une parole sans gestes concrets risque de n’être qu’une succession de mots vides.

Le signe du pain et du vin, le lavement des pieds, ce sont des gestes, avant tout.
Ils disent bien plus que les mots qui les accompagnent ou qui en rendent compte.
On vient d’entendre combien les paroles de Pierre avaient du mal à saisir, à comprendre ce que Jésus a accompli.
Disons-le aussi du sacrement de l’eucharistie.
Bien entendu qu’il faut des mots. Il y avant tout les paroles de la liturgie.
Le plus souvent, ces mots reprennent des mots de la Bible.
Ce sont des mots qui disent l’action, la soulignent, en disent sobrement le sens.
Et puis, il y a aussi les mots de la catéchèse, ceux de la théologie.

Avant tout, il faut comprendre et conserver les différences entre ces deux types de discours.
La liturgie n’est ni une catéchèse ni un cours de théologie.
La liturgie doit toujours être caractérisée par la sobriété.
Lorsque nous ajoutons des mots et des mots aux gestes, c’est ou bien que nous ne croyons pas à la force du geste, ou bien que nous cherchons à profiter du geste comme support à mieux exister ; ici, je vise… moi-même, ministres des sacrements qui risquons de trop parler.

La sobriété des mots conduit au silence, appelle le silence.
C’est ce sur quoi insiste toutes les normes liturgiques ; aussi le pape François dans le texte sur la liturgie de juin dernier, J’ai désiré d’un grand désir.
« Le silence liturgique est quelque chose de beaucoup plus grand : il est le symbole de la présence et de l’action de l’Esprit Saint qui anime toute l’action de la célébration. C’est pourquoi il constitue un sommet dans une séquence liturgique » DD, n° 52.

Les liturgies qui nous rassemblent à partir de ce soir donnent de la place au silence, de manière plus importante que les autres liturgies.
C’est le silence qui suit cette messe, un silence qui dure toute la nuit.
En quittant la cathédrale, nous pouvons nous efforcer de nous astreindre à respecter ce silence.
Demain, il y aura la vénération de la croix. Certes, il y aura les chants de la Maîtrise, mais nous avancerons dans le silence pour vénérer la croix.
Enfin, c’est normalement tout le samedi qui est le temps du grand silence, silence du tombeau où le corps de Jésus aura été déposé, notre silence tout au long de la journée, avant que ne résonne l’Alléluia de Pâques.

Cependant, ne limitons pas le silence à ces jours exceptionnels du triduum pascal ; sachons lui donner une vraie place dans toute liturgie, mais aussi dans notre vie ordinaire.
C’est vrai, je suis célibataire et je vis seul, il m’est assez facile d’être dans le silence, ceci ne dépend que de moi.
Je remarque d’ailleurs que lorsque je suis dans des lieux bruyants, j’ai du mal à le supporter ; chez moi, s’il y a du bruit, c’est moi seul qui en suit l’auteur… et m’épargne à moi-même le bruit que je pourrais faire.

Voyez, il en est du silence comme de la sainteté : la forme de notre sainteté, elle est fonction de la réalité concrète de chacune de nos vies, ainsi le silence et la manière dont nous pouvons lui donner de la place.
Le silence ne sera pas le même, en fonction de nos vies familiales, de notre logement, de nos conditions de travail.
Il y a des vies qui sont parfois contraintes, malgré elles, à un bruit perpétuel.
Le silence devient alors un luxe que certains ne peuvent jamais s’offrir.
Lorsqu’il nous est possible, mesurons quelle richesse il représente.

Ce soir, accueillons les gestes de la liturgie, leur grande sobriété, le pain et le vin, l’eau.
Pour cela, laissons le silence les faire résonner dans notre vie.

 

 

 

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