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Voici que je me tiens à la porte et je frappe

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Voici que je me tiens à la porte et je frappe

La lettre que je vous adresse chaque année lors de la rentrée pastorale est marquée par l’actualité, en tout cas l’actualité du moment de sa rédaction. Je m’arrête donc à deux événements qui se sont déroulés en juillet mais dont les conséquences demeurent.

Comme l’an dernier, l’été fut marqué par la permanence de la crise sanitaire. Les mesures annoncées début juillet et qui continuent à se mettre en application, ont entraîné, dans les heures qui ont suivi leur annonce, une forte affluence dans les centres de vaccination. Je m’étonne que le bâton soit nécessaire au détriment du sens des responsabilités : il a fallu que des restrictions soient mises en place pour les personnes non vaccinées pour que beaucoup se décident à recevoir le vaccin. On préférerait une société où chacun se détermine en dehors d’une contrainte : pour le coronavirus, comme pour bien d’autres maladies, le vaccin est certes une protection pour soi-même, il est surtout un moyen freinant la propagation d’une maladie ; le sens du bien collectif devrait au moins être à parité avec la recherche d’un bienfait individuel.

Ceci me conduit, sans doute trop rapidement, à considérer ce qu’il en est de nos attentes religieuses. Là aussi, là d’abord, c’est le bien de l’ensemble d’un groupe, d’une communauté, d’une paroisse qui doit éclairer des choix, motiver des appels. Or, l’individualisme domine souvent. Il est du devoir d’un responsable, religieux, politique, social, économique de rappeler qu’il n’est pas au service d’un groupe, d’intérêts personnels, mais qu’il doit envisager ce qui est juste pour un ensemble.

Certes, je ne suis pas naïf, je sais que les intentions sont souvent mélangées et peuvent manquer de pureté ; la recherche d’un profit, financier, d’estime, d’image, politique… existe ; cependant, des intentions mêlées ne sauraient servir de prétexte pour mettre en cause voire refuser tout appel à une pratique commune, telle celle de la vaccination. Une société où chacun n’aurait confiance qu’en lui seul, refuserait toute intervention dont il ne serait pas le seul auteur serait blessée en profondeur. Suspecter autrui n’est-il pas la contrepartie du fait que soi-même nous pourrions nous savoir dominés par des tentations d’emprise sur les autres ?

Tout est pur pour les purs ; mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n’est pur : leur intelligence, aussi bien que leur conscience, est souillée. Ils proclament qu’ils connaissent Dieu, mais, par leurs actes, ils le rejettent, abominables qu’ils sont, révoltés, totalement inaptes à faire le bien. Tite 1, 15-16. La charité chrétienne commande d’espérer pour chacun, ce n’est que pour soi-même que nous pouvons douter et dès lors nous en remettre à la miséricorde du Père.

Un autre événement qui a marqué l’été est le motu proprio du pape François concernant la liturgie antérieure à la réforme décidée par le concile Vatican II. Sans entrer dans les détails, le pape François, et ceci est si naturel qu’il ne devrait pas être nécessaire de le souligner, rappelle qu’un concile œcuménique, rassemblant tous les évêques de l’Eglise catholique, prend des décisions qui engagent l’ensemble de cette Eglise. Ceci concerne l’ensemble des textes d’un concile, y compris ses décisions liturgiques ; elles sont une expression de la doctrine formulée par les Pères conciliaires.

Vatican II s’est inscrit, pour sa part, dans une œuvre que ses devanciers avaient accompli en leur temps : le concile de Trente, au XVIe siècle, avait œuvré à unifier la liturgie de rite latin autour de celle de l’Eglise de Rome. Il faut du temps pour recevoir un concile, des dizaines d’années, aussi pour recevoir les formes de prière liturgique qu’il a mis en œuvre.

Cette année 2021 en est une nouvelle étape pour les pays francophones puisque, le premier dimanche de l’Avent, entrera en vigueur une nouvelle traduction du Missel romain. Ce sera une occasion de mieux entrer dans l’intelligence des gestes et des textes. Puisqu’il s’agit d’une traduction, ceci rappelle que le texte original est en latin, il peut dont être légitimement employé, tout ou partie, excepté pour les lectures bibliques qui doivent se faire dans la langue du pays, pour nous, en français. Cet usage possible du latin, aussi du corpus musical séculaire qui l’accompagne, pourrait être un bon service pour les groupes qui sont attachés à la forme traditionnelle de la liturgie. Je sais que cette solution pourra ne pas être reçue par beaucoup de ces groupes. Je le regrette et avoue ne pas le comprendre. D’abord parce qu’il s’agit de mettre en œuvre les décisions d’un concile œcuménique, ensuite, parce que le missel dit de Paul VI reprend l’essentiel des textes du missel qui l’a précédé. C’est bien vers ceci qu’il faut tendre, aider chacun à entrer dans la liturgie décidée par le dernier concile et de cette manière, manifester l’unité de l’Eglise catholique.

Ce chemin est commun à tous les catholiques. Je souhaiterais que la réception de la nouvelle traduction en français du rite romain, si elle aide à la compréhension des rites, encourage, par exemple, à donner une meilleure place au silence dans la liturgie. Silence au cœur de la messe, dans les moments qui s’y prêtent davantage, mais aussi avant la messe, dans la manière d’habiter nos églises. Sans sacrifier à une forme de hiératisme, j’apprécie qu’avant la messe, on soit dans le silence, la prière, peut-être déjà la lecture personnelle de tel ou tel texte qui sera proclamé ensuite. Puis-je sourire ? La répétition par l’assemblée d’un chant qu’elle connaît le plus souvent par cœur ne me semble pas indispensable !

Comme pour le sujet précédent, c’est la responsabilité des pasteurs, des théologiens, de ceux qui ont fait un minimum d’études en théologie de la liturgie de manifester que la liturgie voulue par Vatican II est nourrie des richesses et des traditions des liturgies qui la précédèrent. La prétendre en rupture d’avec celle du concile de Trente est faux et n’est que prétexte à constituer des chapelles qui tendent à se séparer voire s’isoler.

Plus concrètement, ainsi que j’ai pu l’exprimer à des prêtres et des fidèles attachés au missel de Jean XXIII, il s’agit de manifester que la forme ordinaire de la prière liturgique est celle de Paul VI et de Jean-Paul II ; ceci ne peut se faire qu’à la mesure où tout prêtre catholique accepte de célébrer cette liturgie, seul ou lors de concélébrations, et incite les fidèles à participer aussi à des liturgies « ordinaires ». La pratique exclusive d’une forme dite « extraordinaire » contredirait ce dernier qualificatif. Chacun doit s’interroger, dont moi-même. Craignons d’accentuer des disparités, des séparations. Soyons des pédagogues de la liturgie, non seulement en la présentant dans son histoire, son mouvement, mais d’abord dans la manière de la célébrer. Simplicité, noblesse, gravité, joie… voici quelques qualificatifs qui peuvent éclairer nos pensées et nos pratiques, pour la liturgie, mais pour bien d’autres domaines.

La révélation de Dieu s’exprime dans l’histoire, elle fonde ainsi une Eglise qui est à son tour historique. Nos manières de parler, d’écrire, de penser sont dès lors plus ou moins appropriées à en rendre compte. J’estime que, plus que les substantifs, ce sont les verbes qui doivent être préférés : « transmettre » ne dit pas la même chose que l’invocation de la « tradition ».

Dans son recueil d’écrits sur l’art, L’œil écoute, Paul Claudel écrit ces quelques lignes que je relève, dans les pages qu’il consacre au « chemin dans l’art » :

« Que dire de l’homme ? Son devoir est de ne pas rester immobile. Il a pour principe un point de départ. Du lit à la table, de la table à l’atelier, de l’amant à l’épouse et du berceau à la tombe, il y a un chemin essentiel dont ses pieds sont assoiffés, inéluctable. Son Dieu, le nom propre qu’il lui a convenu de lui donner est la Voie et il est crucifié comme un poteau indicateur entre quatre directions ». Paul Claudel, L’œil écoute, Gallimard, Paris, 1946. Collection Folio, p. 134.

Le deuxième concile du Vatican s’inscrit dans la vie d’une Eglise qui scrute les Ecritures pour y trouver ses repères pour sa mission aujourd’hui.

De même, notre diocèse l’a vécu ces dernières dizaines d’années par ses trois synodes ; ils sont notre feuille de route.

Surtout, notre dernier synode, consacré à l’évangélisation, la mission, appelle à inventer, à créer, à essayer de nouveaux chemins. Nous contenter d’une « pastorale de l’entretien » peut correspondre à des attentes de services religieux, certes respectables, mais qui ne rejoindront que les personnes que nous connaissons déjà, dont nous-même.

Comme y appelle sans cesse le pape François, il s’agit de « sortir », autrement dit d’aller hors de nos lieux habituels, de nos pratiques liturgiques ordinaires, pour proposer d’aller rencontrer les personnes chez elles, à la fois leur domicile, aussi leurs cultures, leurs manières de penser.

Depuis deux ans, nous avons souligné trois visées du dernier synode diocésain, Avec les générations nouvelles, vivre l’Evangile. Elles concernent la Parole de Dieu, les jeunes et l’écologie intégrale.

Sans chercher à « passer à autre chose », avec cette nouvelle année pastorale, après avoir entendu les conseils et les services diocésains, je veux privilégier les visées qui appellent à mieux être « une Eglise en sortie », selon l’expression du pape François ; ce sont les visées 3 : « Miser sur la qualité de relations en Eglise », 4 : « Reconnaître et nourrir la quête spirituelle de nos contemporains » et 7 : « Appeler chacun selon son charisme ». Je vous invite à prendre le temps de les relire, seul et avec d’autres.

Ces visées appellent à privilégier les liens de proximité que nous pouvons entretenir, entre chrétiens, ainsi qu’avec toutes les personnes qui s’approchent de l’Eglise pour une raison ou pour une autre.

Beaucoup d’entre vous le vivez de diverses manières : préparation aux sacrements du baptême et du mariage, accompagnement des familles en deuil, catéchèse, aumônerie et groupes de jeunes, pastorale de la santé, etc. Là est notre Eglise, dans ces rencontres qui sont le cœur de l’Evangile.

« Les communautés locales partent des personnes. Elles rendent les chrétiens responsables de la vie de l’Eglise et du témoignage de l’Evangile : ‘’Là où deux ou trois chrétiens se réunissent en mon nom, je suis présent au milieu d’eux’’ (cf. Matthieu 18, 20) » Eglise en Poitou n° 77.

Il me semble décisif que ces rencontres se déclinent en différentes étapes. Bien entendu dans la préparation à telle ou telle démarche chrétienne, mais aussi dans la poursuite de rencontres, au-delà de l’étape vécue, célébrée. Toutes les personnes ne seront pas ouvertes à poursuivre, qu’à cela ne tienne, certaines le seront.

Prenons le temps de revoir les parents des enfants baptisés et catéchisés, les néophytes baptisés et confirmés, les familles ayant traversé un deuil… Pour cela, rien ne vaut la proposition de rencontrer les personnes chez elles, surtout si elles ne sont pas habituées aux « choses de l’Eglise », ni aux personnes qui y exercent un ministère, un service, elles se sentiront plus à l’aise chez elles, dans leur cadre familier.

Jésus n’a pas de pierre où reposer la tête, pour cette raison, il sollicite l’hospitalité des personnes qu’il rencontre et appelle ses disciples à faire de même.

Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive.

Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. » Matthieu 8, 18-22.

Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant. Il appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Marc 6, 6-10.

La pandémie que nous traversons depuis bientôt deux ans a profondément altéré nos manières de vivre, en famille, au travail, dans la société, en Eglise aussi. Nos regards les uns sur les autres sont marqués par de la réserve sinon de la crainte, ce n’est pas indûment que l’on parle des gestes « barrières ».

Cependant, nous avons aussi appris à vivre autrement nos relations, privilégiant, parfois pour le pire, les écrans, pour le meilleur des rencontres où nous sommes moins nombreux et où nous avons choisi d’autres horaires que ceux qui menaient à des soirées parfois bien tardives.

Sans doute que ceci est à poursuivre, non pas tant pour des raisons sanitaires mais parce que des relations de plus grande proximité, où chacun peut parler, écouter, sont préférables à de grandes assemblées un peu impersonnelles.

Une nouvelle qualité de relations a pu être possible depuis plusieurs mois. Ceci consonne avec ce que sont et veulent être les communautés locales. Elles demeurent un marqueur de notre vie diocésaine, elles peuvent trouver un nouveau souffle.

Comme toute réalité un peu nouvelle, il faut en effet du temps pour les accueillir dans leur originalité. Sans doute que dans leur émergence, non pas dans les textes qui les inspirent mais dans nos actes, nous avons vécu les communautés locales selon le modèle des paroisses qui ont tant marqué nos pratiques et nos mémoires. Parfois l’organisation, les « postes » à pourvoir, le souci trop exclusif des églises l’ont emporté sur ce qu’elles sont avant tout.

Une communauté locale nait en effet des relations entre les personnes, des voisinages qui sont entretenus, des liens qui se développent.

Tout ceci ne peut se vivre que grâce à des proximités géographiques, dans une commune, un village, le quartier d’une ville, voire une rue.

Ceci vient du cœur, de l’intelligence, c’est-à-dire de l’intérêt que nous avons les uns pour les autres. Un intérêt qui n’est pas intrusif, qui respecte l’intimité, le secret de la vie de chacun, donc un intérêt qui propose sans jamais imposer.

Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Apocalypse 3, 20.

Combien de mécompréhensions entre nous, de pensées rapides les uns sur les autres n’auraient pas cours si nous avions pris le temps de nous rencontrer, de parler. Celles et ceux dont nous pensons qu’ils ne sont « pas comme nous », qu’ils n’ont rien à voir avec nous, et que nous découvririons tels ils sont. Et ceci également entre catholiques ; je pense au sujet que j’évoquais au début de ce texte, les fidèles attachés à la liturgie extraordinaire de la messe.

Nous rencontrer ne conduira pas nécessairement à un accord, je le sais d’expérience, mais pourrait dissiper des jugements trop radicaux.

C’est là que naît l’Eglise, dans toutes ces rencontres gratuites qui font notre humanité.

Bien entendu que les communautés locales doivent être structurées, organisées, mais, ici également, à partir des personnes, en fonction de leurs charismes.

La création des paroisses, en 2014, peut dès lors encourager à mieux identifier le spécifique des communautés locales : c’est la paroisse qui assure et organise les grands services qui concernent les sacrements, la catéchèse et l’annonce de l’Evangile, la charité. Pour celle-ci, même s’il y besoin d’une structuration paroissiale, la charité s’exprime dans la proximité des personnes.

C’est dans la paroisse que se vivent les grandes liturgies qui rassemblent l’ensemble des fidèles, en particulier pour les grandes fêtes liturgiques, aussi le dimanche ; je redis ce que j’ai affirmé si souvent : chaque paroisse doit offrir, chaque dimanche, une messe, paroissiale, dans un même lieu et à un même horaire : une société de mobilités a besoin de repères clairs et fixes. Les communautés locales veillent avant tout aux relations locales, à la proposition de la prière, localement, à la propreté et à l’ouverture des églises.

C’est aussi la paroisse, en particulier par son équipe pastorale, qui vérifie et authentifie les appels adressés à des personnes qui composeront l’équipe locale chargée d’animer telle ou telle communauté.

Ceci prend bien évidemment des formes diverses selon les lieux, la ville et la campagne, les habitudes et les pratiques, mais, j’y insiste, ce sont les liens qui font vivre en humanité et engendre l’Eglise.

Je sais que dans de nombreuses paroisses, sinon dans toutes, le renouvellement des équipes locales d’animation peine à se faire.

Diverses attitudes peuvent alors s’exprimer, ou bien des personnes poursuivent des missions au-delà des temps impartis, au risque de la lassitude, de l’épuisement, ce qui n’incitera guère d’autres personnes à leur succéder, ou bien on supprimera des communautés locales pour passer à une échelle géographique plus grande.

Lorsqu’un modèle peine à se perpétuer, c’est la manière de l’envisager qui doit être remise en cause.

Ce qui compte, et je le redis à nouveau c’est la proximité et ce sont les relations, tel est le sens des communautés locales ; la charité est bien leur mission première.

Alors, même si la structure correspond moins à ce que prévoient les textes, essayons de maintenir des liens de proximité.

Nées il y a presque trente ans, les communautés locales ont été créées dans un tissus chrétien qui n’existe plus ; ce qui demeure ce sont des personnes et des lieux, c’est bien à partir de ces réalités que les communautés peuvent exister ; l’équipe locale qui les anime et les animera aura aussi une physionomie nouvelle.

Nous ne partons pas de rien. Dans les paroisses, les communautés locales existent et se renouvellent dans leur animation. Des expériences nouvelles sont mises en œuvre, ici on parle de fraternités, là de lieux ou mieux de personnes ressources, etc., mais, comme trop souvent, nous ne pensons pas à en faire part, à exprimer ce que l’on vit, ne permettant pas ainsi à d’autres, sans le reproduire servilement, de s’en inspirer.

Pendant l’année pastorale qui s’ouvre, des rencontres seront proposées dans chacun des six espaces pastoraux afin de soutenir le renouvellement des communautés locales et des équipes qui les animent. On pourra ainsi mieux préciser les articulations entre services de la paroisse et rôle propre aux communautés locales ; exprimer les expériences tentées dans telle ou telle paroisse ou communauté ; souligner des appels nouveaux, originaux, adressés, dans les communautés locales, en fonction des charismes des personnes et des réalités locales.

La finalité de ces rencontres n’est pas de dire ce qui n’est plus mais de nous soutenir dans ce qui vit, naît, se développe. Il faut en effet savoir accepter que des réalités, bonnes, disparaissent, la vie est faite de cela. Cependant, ceci ne doit pas se faire sans que nous ayons considéré comment, ailleurs, ce qui nous semblait impossible, a pu vivre et se renouveler. Un chemin qui semble se fermer peut conduire à découvrir qu’un sentier de traverse reste ouvert.

Laissez-vous instruire par la parabole du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que ses feuilles sortent, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez tout cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Matthieu 24, 32-35.

Cette année pourra, avec les conseils diocésains, consister à la fois à rencontrer les personnes mais aussi à rappeler ce qui fonde nos pratiques :

  • Les sacrements de l’initiation chrétienne au nom desquels des baptisés prennent et reçoivent une responsabilité.
  • La compréhension des paroisses comme communions de communautés locales (décret érigeant les paroisses, 29 juin 2014).
  • L’utilité de personnes, d’équipes qui apportent un soutien aux communautés locales, en particulier lors des relectures des missions et des renouvellements.

Enfin, dans une société peu au fait des réalités et des mots chrétiens, il pourrait être intéressant d’être plus explicites dans nos expressions, ainsi, il pourrait être plus clair pour beaucoup de parler de « communauté catholique de… » et non simplement de « communauté locale ».

Les enjeux retenus sont la fraternité et la proximité, telles qu’ils sont exprimés dans les visées 3, 4 et 7 du synode diocésain.

Parce qu’il est nécessaire de nourrir nos engagements je reprends ici quelques idées concrètes formulées par les conseils et les services diocésains.

  • Développer le parrainage, un moyen d’exprimer des liens et de les maintenir ; pour les néophytes, confirmés, mariés, parents de baptisés et de la catéchèse, etc.
  • Proposer des pèlerinages locaux, des marches ; mais aussi participer, rejoindre ce qui existe.
  • Organiser des journées des talents.
  • Encourager ce qui se fait : Maisons d’Evangile, B’Abba, etc.
  • Soigner la qualité de toutes nos manières d’accueillir.
  • S’intéresser aux réalités de vie ordinaire, locales, humaines, aux personnes.
  • Etre présents aux journées des associations.
  • Cultiver les relations de voisinage.
  • Proposer et participer aux débats de société.
  • Initier à la prière ; travailler avec les centres et lieux spirituels.

Pour soutenir ceci, les services diocésains, appuyés de personnes ressources, pourront :

  • Proposer de nouveaux sets de tables pour décliner ces initiatives proposées.
  • Réaliser de courtes vidéos.
  • Ils préparent aussi un livret sur les moments, les rites et le vocabulaire de la liturgie à destination des non-initiés, à l’occasion de la sortie du nouveau Missel.

Le chemin de l’Evangile, dans notre diocèse et notre pays doit accepter la modestie et la simplicité. Aussi parce que nous mesurons combien des attitudes de puissance ont nuis à des personnes et au service de l’Evangile.

La prise de conscience de la gravité et du nombre d’actes criminels commis sur des mineurs et des personnes vulnérables, en particulier par des prêtres et des évêques, exige des réponses responsables ; elle conduit aussi à travailler à retisser des liens simples, vrais, proches avec beaucoup de personnes dont la confiance en l’Eglise a été blessée. Le chemin sera long, il pourra encore être entravé par des événements dont il faudra tenir compte, je pense en particulier à la prochaine publication du rapport de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise).

La modestie et la simplicité ne sont pas une stratégie, ils sont l’expression de Dieu lui-même qui a pris le chemin de chacun, se proposant de répondre à une attente, si celui-ci la lui adresse. Alors que nous étions habitués à ce que les gens viennent chez nous, franchissent les portes des églises, qu’ils considéraient comme leur maison, c’est désormais à nous, petit troupeau de notre Bon Berger, d’oser frapper à la porte de nos frères et sœurs en humanité.

Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. Isaïe 42, 1-4.

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers
Le 13 août 2021, fête de sainte Radegonde

 

Annexe

Pour recevoir cette Lettre pastorale

Comme tout texte, cette lettre pastorale demande à être lue personnellement ; ensuite seulement, dans son ensemble ou tel de ses éléments, elle peut être reprise par tel groupe, telle équipe.

Les questions suivantes peuvent servir à sa réception :

  • Y a-t-il un point particulier de la Lettre pastorale qui nous stimule davantage là où nous sommes, pour ce que nous vivons ?
  • Y a-t-il un point de la lettre pastorale avec lequel je suis davantage en résistance ? Pour quelles raisons ? Comme ceci peut-il être stimulant pour la réflexion, des changements éventuels ?
  • Quel projet nouveau, simple, avons-nous retenu ou retenons-nous pour mettre en œuvre les orientations du synode diocésain ?
  • Avec quelles personnes, quels moyens, quelles échéances ?
  • Les communautés locales sont au service des liens humains locaux.
  • Quelles démarches avons-nous ou devons-nous entreprendre pour servir la rencontre, dépasser les isolements, dépasser nos cercles habitués ?

 

 

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