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Crédit photo : ©tekoaphotos

 

Dans une tribune parue dans le journal La Croix, Monseigneur Pascal Wintzer revient dans ce texte sur l’Assemblée plénière extraordinaire des évêques organisée à Lyon le 15 juin dernier. Il raconte comment les synthèses diocésaines du synode ont été reçues par comme « parole de l’Église catholique en France » et propose une réflexion sur le rôle de l’épiscopat face à cette implication des laïcs.

 

Remarques théologiques à propos de l’assemblée des évêques tenue à Lyon les 14 et 15 juin 2022

 

Les conférences des évêques ont été invitées, par Rome, à exprimer leur parole afin de contribuer au chemin synodal qui conduira au synode romain d’octobre 2023.
Arrivant à Lyon au soir du lundi 13 juin, il faut reconnaître que nous ne savions guère la nature de ce que nous, évêques, pourrions exprimer, le statut de la parole que nous devions publier le mercredi 15, à 11h.
Heureusement, un « texte cible » avait été rédigé. Son qualificatif a été honoré, le texte a fait l’unanimité contre lui ! Avant tout au regard de la qualité de la « collecte nationale » des synthèses diocésaines. Nous avons compris qu’il ne s’agissait pas, pour les évêques, pour leurs invités, de dire en moins bien et en l’édulcorant ce qui s’était déjà exprimé.
Tous ont perçu que la parole de l’Eglise catholique en France, c’était cette collecte. Il convenait donc que la parole des évêques accompagne et serve cette collecte, qu’elle la reçoive. Ce que nous vivons dans les diocèses, comme aussi, depuis trois ans, lors des assemblées plénières à Lourdes, où, à chaque fois, ont été présents, à tel ou tel moment, des laïcs et des consacrés, et aussi des prêtres, nous a encouragés à porter une parole avec d’autres, au terme d’une écoute réciproque. Nous avons ainsi signé notre texte : Les évêques de France à l’écoute de l’Assemblée réunie à Lyon. Une parole d’évêques est une parole qui se fait d’abord avec leur Eglise, chacune ne peut qu’y gagner en pertinence et en force. La belle organisation de ces journées, la volonté de chacune et de chacun de rechercher un terrain commun, l’écoute des signes de l’Esprit Saint ont suscité la joie dans les cœurs. Ces attitudes et ces procédures sont un appel et un encouragement pour des pratiques similaires dans nos vies diocésaines et plus locales.

 

Mais, considérant ce qui a vécu avec un regard théologique, on peut y déceler une manière nouvelle, à mon avis plus riche, de vivre la collégialité épiscopale. A Lyon, celle-ci s’est vécue non seulement comme un lien entre les évêques mais comme une communion des Eglises et de leurs pasteurs. Ceci résonne avec la récente publication du livre qui rassemble plusieurs articles de Laurent Villemin : L’Eglise à la rencontre de l’autre. Unam Sanctam n°8, Cerf, 2022.
Se référant à Hervé Legrand, Villemin interrogeait la collégialité telle qu’elle fut présentée par Vatican II, y décelant une limite. « Pour comprendre un certain nombre de problèmes qui affectent aujourd’hui notre Eglise, il faut remonter à un déficit qui affecte la collégialité telle qu’elle a été définie au concile Vatican II. Il peut se résumer dans la disjonction entre collégialité épiscopale (collegium episcoporum) et communion des Eglises (communio ecclesiarum). On a finalement établi au dernier concile une théologie de la collégialité conçue comme un corps de personnes, en l’occurrence des évêques, qui était autonome par rapport à la communion des Eglises, ou qui, au moins, ne lui était pas théologiquement lié. On retient ainsi que la consécration épiscopale fait entrer dans un collège de personnes qui pourrait exister indépendamment du fait d’être évêque d’une Eglise précise » p. 230. Il formule alors cet appel : « Une véritable synodalité épiscopale n’a de sens que sur le fond et en lien avec une véritable communion des Eglises qui s’accompagne inévitablement de décisions visibles et concrètes » p. 235.
J’ai le sentiment qu’à Lyon, nous n’avons rien abdiqué de la collégialité épiscopale mais nous l’avons vécue dans toute sa richesse, dans ce mouvement qui fait que chaque évêque comme leur ensemble se sont vécus et compris comme totalement parties prenantes de leur Eglise diocésaine comme de la voix de l’Eglise de France exprimée dans la « collecte ».
Certes, il est bénéfique et nécessaire que des personnes qui partagent des responsabilités identiques, les évêques comme d’autres, puissent se retrouver entre pairs, pour prier, réfléchir, travailler, produire, cependant la collégialité ne saurait se limiter à cette seule dimension ; elle est d’autant plus juste qu’elle exprime la collégialité des Eglises dans leur ensemble.

 

Je reprends alors les paragraphes qui concluent la parole exprimée par les évêques de France. Les désirs, les rêves, les regrets, les reproches que nous avons entendus sont nourris de la volonté d’être une Eglise plus fidèle à son Seigneur et servant mieux les femmes et les hommes auxquels elle est envoyée. Nous désirons poursuivre ce chemin de conversion communautaire et personnelle. Une telle expérience dissipe les peurs qui éloignent des autres et freinent le travail d’écoute et de prise en compte des paroles et des vies. Elle est source de joie : des chemins se sont ouverts en nos cœurs (cf. Ps 83, 6).

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers

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