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Pâques : « laisser l’amour de Dieu soutenir notre volonté et nos actes »
Publié le 9 avril 2023

« Célébrons la fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité » 1 Corinthiens 5, 8.

La résurrection, sa force de vie et de renouveau doit imprégner et changer chaque vie, chaque famille, le travail, la politique, l’économie, le souci de la planète, des rochers, de l’eau, des fleurs et des animaux.

Croire en la résurrection, c’est espérer la vie éternelle, mais c’est, dès aujourd’hui, laisser l’amour de Dieu soutenir notre volonté et nos actes.

Oui, le Christ est vraiment ressuscité. En nous, il veut dès aujourd’hui ressusciter.

 

+ Pascal Wintzer

Archevêque de Poitiers

 

Pâques : homélie de Mgr Wintzer

« Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi », nous connaissons cette affirmation de saint Paul.
Pourtant, de temps à autre, des sondages disent que beaucoup de chrétiens, de catholiques, ne croient pas en la résurrection, en tout cas pas en leur propre résurrection.
Je crois que ceci explique le glissement que l’on voit peu à peu s’opérer lors des célébrations des obsèques.
Même à l’église, elles peuvent de plus en plus devenir des hommages rendus à la personne défunte.
On va privilégier des prises de paroles d’amis, de la famille.
On va écouter la chanson d’un artiste qu’appréciait le défunt plutôt que de reprendre un cantique que, d’ailleurs, personne ne connaîtra.
On doit s’en étonner : si, au moment de la mort, et lors d’obsèques chrétiennes, on ne dit rien de la résurrection, peut-être par peur de choquer, je me demande quel sens il y a à aller dans une église ; les maisons funéraires sont souvent mieux équipées, et elles sont bien chauffées !

Plus profondément, je comprends qu’il soit difficile de croire en la résurrection.
Mais, qu’avons-nous en tête lorsque nous pensons à la résurrection ?
Un tombeau qui s’ouvre ? Un corps qui se met debout ?
Il faut avoir conscience que la résurrection contredit l’expérience et la réalité.
Toute chose et tout être vivant sont faits pour la mort.
Et la mort est absolue, radicale.
Regardez ce que l’Évangile dit, on l’a entendu ces derniers temps, de la mort de Jésus et déjà de celle de Lazare.

La résurrection n’est pas une réanimation, elle n’est pas le retour à la vie antérieure, il n’en est pas ainsi pour Jésus.
La résurrection est le fait de Dieu ; même pour Jésus, c’est le Père qui lui donne la vie, c’est le Père qui le fait assoir à sa droite dans les cieux.

On peut se demander comment accéder à la foi en la résurrection ; on voudrait bien y croire ; mais… toute notre expérience la contredit.

Que dire ?
Avant tout que la foi en la résurrection ne se déduit pas de l’expérience, des observations… tout dit la réalité de la mort, et la mort n’est pas qu’une apparence, elle est une destruction totale des choses et des êtres.
Quant à la résurrection, elle manifeste qui est Dieu : il est le Dieu fidèle.
Ce qu’il a fait en créant, en donnant la vie, il le fait à nouveau par-delà la mort.
Dieu ressuscite Jésus pour manifester qu’il lui est fidèle.
Déjà l’histoire du peuple d’Israël manifestait cette fidélité de Dieu ; Israël a connu l’esclavage en Egypte, la déportation à Babylone, eh bien, Dieu l’a libéré, Dieu l’a ramené sur sa terre.
C’est cette même fidélité de Dieu qui s’exprime dans la résurrection, celle de son Fils, comme dans notre propre résurrection.

Je crois que dire ceci nous aide aussi à mieux saisir en quoi consiste cette résurrection.
Il me semble inutile de nous représenter des corps qui sont réanimés, ou bien qui sortent des tombeaux ; lorsque la Bible s’exprime ainsi, ce sont des images, et à comprendre comme telles. La résurrection, c’est la permanence de ce qu’est la vocation humaine : vivre avec Dieu, vivre dans la présence de Dieu.

C’est ce en quoi consiste notre vie de chrétiens, aujourd’hui, et c’est cette réalité, vivre avec Dieu, que nous espérons éternelle.
Si nous voulons nous représenter la résurrection, ne le faisons pas en imaginant un monde, le ciel, le Royaume, dont nous ne savons rien.
Il faut donc se garder des révélations que des personnes, prétendument informées, bénéficiant de visions, veulent donner.
Non, c’est à partir du présent, de ce qu’est la vie dans sa profondeur, que nous pouvons saisir quelque chose de la résurrection.
Du côté de Dieu, la résurrection exprime sa fidélité.
De notre côté, la résurrection se comprend à partir de la relation.

C’est en effet ce qui nous constitue.
Nous sommes des êtres en relation, des êtres de relations.
C’est ainsi que Dieu nous a créés ; nous l’avons entendu lors de la vigile pascale cette nuit : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme ».
Relations entre nous ; relation aussi avec Dieu.
Ou bien nous pensons que la mort est totale, auquel cas, toute relation est détruite ; ou bien nous croyons que la fidélité de Dieu nous donne de poursuivre qui nous sommes : reliés entre nous, reliés au Seigneur.

Pour autant, on ne peut penser la résurrection comme la simple poursuite de ce que nous sommes et de ce que nous vivons.
Notre vie actuelle est-elle si satisfaisante ?
Sans regarder l’ensemble de l’histoire humaine, dans le temps et dans l’espace, considérons l’ici et le maintenant.
Que de divisions, de souffrances, pas simplement subies, mais aussi que nous nous infligeons les uns aux autres.
Je me complais un peu trop facilement à dire que ce sont les réseaux sociaux qui exacerbent toutes ces violences, qui encouragent des paroles sans contrôle.
Sans doute, mais c’est un peu facile.
Le mal, ce ne sont pas d’abord des outils, mais c’est ce qui sort du cœur de l’homme ; ce serait humiliant de prétendre que nous n’aurions aucune maîtrise sur nos actes ou nos paroles.

La résurrection est fidélité, fidélité de Dieu, mais la résurrection est aussi une purification.
C’est ce que veut exprimer le mot de purgatoire ; il n’est pas à entendre comme un temps, encore moins comme un lieu, mais comme cette nécessité de grandir en humanité et en dignité.
Parler du purgatoire comme d’un lieu ou d’un temps, c’est le situer comme ailleurs et comme plus tard.

Or, c’est maintenant, aujourd’hui, que nous devons vivre des chemins de purification, des chemins qui nous humanisent, selon cette humanité voulue par Dieu et qui est l’épanouissement de ce que nous sommes.

C’est l’appel de saint Paul que nous venons d’entendre : « Célébrons la fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité ».

Mes amis, c’est dès maintenant que nous vivons en ressuscités, en femmes et en hommes appelés à une vie qui se renouvelle.
Et ceci est à entendre non seulement de chacune de nos vies, mais de toute réalité qui modèle nos vies et pour laquelle nous nous engageons.
La résurrection, sa force de vie et de renouveau doit imprégner et changer chaque vie, chaque famille, la vie de travail, la politique, l’économie, le souci de la planète, des rochers, de l’eau, des fleurs et des animaux.
Et puisque nous croyons en la résurrection, nous savons que la mort est morte, que la relation, la communion demeure par-delà la mort corporelle.
Les morts, nos morts, sont des vivants, pour lesquels nous prions et aussi que nous prions ; c’est la simple et grande communion que nous avons avec eux.

Croire en la résurrection, c’est bien entendu espérer la vie éternelle, mais c’est, dès aujourd’hui, laisser l’amour de Dieu soutenir notre volonté et nos actes.
Oui, le Christ est vraiment ressuscité. En nous, il veut dès aujourd’hui ressusciter.

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