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Pâques 2024, l’homélie de Mgr Wintzer
Publié le 31 mars 2024

Pâques

« Que disent nos églises ? Que dit notre cathédrale ? Elles chantent la gloire de Dieu, et en même temps, elles chantent la gloire de l’humanité.

La résurrection du Seigneur est notre propre résurrection ; nous venons de l’entendre, saint Paul ne parle pas au futur mais au présent de notre résurrection.

« Frères, si vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut. »

L’architecture gothique du XIIIe siècle exprime cette foi, cette espérance.Tout affirme la vie. La lumière, l’élévation, le décor, ici, les magnifiques peintures qui ont été remises au jour il y a quelques années… tout ceci nous élève, nous conduit vers les hauteurs.

Nos yeux se lèvent… nous appelant à vivre en femmes et en hommes relevés, redressés, ressuscités.

C’est cela que nous chantons en ce matin de Pâques, une espérance qui se lève alors que l’obscurité de la nuit est à peine dissipée.

Tout à l’heure, avec les autres Églises chrétiennes de Poitiers, nous l’avons annoncé et chanté au belvédère des Dunes, contemplant le beau panorama de notre ville, ses clochers, ses tours, sa mairie, sa préfecture, ses immeubles, et tous ses habitants qui, sans doute, pour la plupart, dormaient encore, surtout que nous sommes un jour où la nuit a été plus courte d’une heure, passage à l’heure d’été oblige.

Mais, sur quoi repose notre foi, celle qui a animé des millions d’être humains depuis un petit matin en Palestine ?

Rien de tangible, aucun signe, aucun monument, uniquement la parole de deux ou trois témoins.

Pour cet événement, la résurrection, le plus grand et le plus exceptionnel de l’histoire humaine, Dieu n’a pris aucune garantie ; il ne laisse aucun signe grandiose, seulement un tombeau vide et la parole de témoins, les mêmes qui, quelques heures avant, avaient abandonné leur Maître.

Et remarquez que Jésus n’a rien écrit, sinon quelques traits sur le sable. Il a laissé à d’autres que lui la mission de dire sa vie et sa parole.

Jésus a même employé des moyens que de mauvais esprits pourraient considérer comme les moins sûrs, les plus sujets au doute.

Au matin de Pâques, ce sont des femmes, les premières au tombeau, qui ont annoncé à des hommes la résurrection, dont Marie-Madeleine, qu’on aime à appeler l’apôtre des apôtres.

C’est pour avoir fait crédit à la parole de Marie-Madeleine que, au matin de Pâques, Pierre et Jean se rendent au tombeau.

Il faut recevoir tout ce que ceci nous dit ; pour moi, c’est un appel à grandir dans la confiance les uns dans les autres, à combattre toutes les méfiances, en cette époque où nous multiplions les procédures pour nous garantir de tout, des autres, de la vie.

C’est vrai, parfois nous pourrons être abusés – il y a quelques semaines, il paraît qu’un faux prêtre, se faisant appeler le Père Vitalis… c’est tout de même croquignolet, a été accueilli ici et là, dont dans des monastères.

Je ne jette en rien la pierre à ceux qui l’ont accueilli ; serait-il préférable de n’ouvrir la porte à personne, au risque que ce soit le Seigneur lui-même que nous laissions dehors ?

Je rappelle que notre diocèse est marqué par de grandes figures de sainteté, dont André-Hubert Fournet, qui vécut une conversion en ouvrant la porte de son presbytère à un pauvre, un pauvre dans lequel il comprit que c’était le Seigneur qui frappait à la porte de sa maison.

Chaque année, la fête de Pâques nous conduit à grandir dans la confiance, à élargir nos bras.

En effet, cette nuit notre famille s’est agrandie de celles et ceux qui ont reçu les sacrements de Pâques.

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille… et j’ajoute, en ce jour de Pâques, on ne choisit pas ses frères et ses sœurs, ils nous sont donnés.

Oui, nous recevons des frères et des sœurs.

En dehors des membres de l’équipe du catéchuménat, nous nous connaissons encore peu, ou pas du tout ; je souhaite que peu à peu, des liens se développent, pour apprendre à recevoir les richesses de vie et de foi que portent les uns et les autres.

Les catéchumènes sont des dons que Dieu fait à son Eglise ; qui d’entre nous peut penser que c’est grâce à lui, à elle, que des jeunes, des hommes et des femmes découvrent la foi et la choisissent ?

Le penser serait bien présomptueux, et surtout faux.

C’est Dieu qui appelle, c’est lui qui fait naître la foi.

Et puis, notre Eglise, bien pauvre, bien humiliée aussi par ses fautes et ses lâchetés, surtout contre les plus faibles, a-t-elle beaucoup de choses à mettre en avant pour dire qu’elle aurait suscité la foi ?

Cependant, acceptons simplement, humblement, de dire que nous n’avons pas fait obstacle à l’amour de Dieu, à son action.

Il n’y aurait que cela, ce serait magnifique.

Et n’est-ce pas avant tout cela être chrétien ? Laisser Dieu agir, en nous, par nous, aussi malgré nous.

Oui, nous pouvons remercier le Seigneur, aussi nous remercier les uns et les autres d’être de simples et pauvres témoins du Seigneur.

Nous n’avons choisi ni nos parents, ni nos frères et nos sœurs, il faut qu’il en soit toujours ainsi dans la communauté chrétienne.

C’est pour cette raison qu’il faut éviter de faire des paroisses qui s’identifieraient trop à des manières de prier, de penser, de croire.

Le risque serait de constituer des groupes affinitaires, où l’on ne retrouvera que les mêmes ; quelle pauvre Eglise alors, mais aussi quelle pauvre société celle qui ne sait plus que regrouper ceux qui se ressemblent et se choisissent.

C’est alors l’Eglise et la société des réseaux sociaux ; on n’y fait pas société, on développe le narcissisme et on regroupe des semblables.

Les seules dimensions de la cathédrale nous appellent à tout autre chose ; ici, rien d’une chapelle ou de l’entre-soi.

Regardons notre assemblée, si belle, si diverse, si riche, et avant tout si unie, non par nos ressemblances mais par le Seigneur.

Comme il est celui qui appelle à venir à lui, il est celui qui nous unit et nous tient en frères et sœurs.

C’est aussi cela la puissance de la résurrection, au cœur de sociétés, de pays qui continuent à se déchirer.

Vivons en ressuscités, laissant Dieu triompher en nous des ferments de mort et de divisions. »

 

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