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Ne confinons pas notre foi

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Bien entendu que nous, catholiques, souffrons de ne pouvoir nous rassembler pour célébrer l’eucharistie, pourtant, loin de ne voir que ce qui ne peut se faire, au risque d’être rendus aveugles sur ce qui est possible, recevons les ressources que donne la foi quant à ce qui nous est ouvert.

Avant tout, même si nos églises sont ouvertes, que nous pouvons y entrer pour la prière personnelle, le silence, l’adoration devant le tabernacle, nous savons que l’Eglise est plus vaste que les murs des édifices.
Approchez-vous du Seigneur : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. 1 Pierre 2, 4-5.
Amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Matthieu 18, 19-20.

L’histoire instruit également. Pendant plus de trois siècles, avant l’édit de Constantin, les églises furent les maisons où les croyants priaient ensemble, en famille. Au Japon, pendant plusieurs siècles, en l’absence totale d’églises et de prêtres, les « chrétiens cachés » transmirent la prière, l’Evangile, les signes chrétiens.
Nous ne sommes pas dans de telles situations, pourtant, nos maisons sont aussi une Eglise de Dieu. La prière qui rassemble un couple, une famille, autour de l’Ecriture sainte, le chant des psaumes, une action de grâce commune sont des temples de Dieu, là où se vit sa vraie louange.

Le pape François appelle à être une « Eglise en sortie ». Le confinement en donne une occasion, y compris au sens le plus matériel de ces termes.
Vous m’avez plusieurs fois entendu souhaiter que la mission des équipes locales d’animation se réinvente en apprenant à ne pas faire tourner leurs activités autour des églises. Il ne s’agit pas de caricaturer ce propos, il faut éviter l’alternative qui traduit une pensée pauvre. Loin de négliger les églises, il s’agit de comprendre que la mission, si elle s’y enferme, ne confinera plus qu’à l’entretien de l’existant, or, nous sommes envoyés à tous. L’Eglise n’est pas pour elle-même, pour la défense d’intérêts catégoriels ; l’Eglise est pour le service de Dieu et pour le service de la société. En ce sens, elle peut faire sienne les propos et l’attitude de saint Jean-Baptiste. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. Jean 3, 28-30. 

Vivre l’Eglise « hors les murs » ce n’est pas nous éloigner de Dieu mais le chercher, le découvrir, en témoigner dans ce lieu dont il est le créateur et le Seigneur, tout espace et tout temps de ce monde. Ainsi, nous permettons de donner tout son sens au culte chrétien, évitant de limiter son étendue à la seule définition que peut en donner la loi de l’Etat.
Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. Romains 12, 1-2.
Je vous invite aussi à être vraiment des catholiques ; j’entends par là que nous pouvons, au-delà des débats sans fin des chaines de télévision qui confinent à penser que la vie n’existerait pas en dehors de l’hexagone, d’autres programmes de télévision, de radio, des lectures, aident à ne pas oublier le reste du monde, non pour chercher à être accablés par d’autres difficultés que celles vécues en France, mais pour ne pas nous laisser enfermer dans un espace étroit et un temps trop bref.

Ce temps peut aussi être propice pour affiner notre sens spirituel et théologique de l’eucharistie, et pourquoi pas en lisant ou relisant la lettre pastorale que je lui ai consacrée et qui fut publiée en septembre dernier, Une Eglise qui se rassemble et célèbre son Seigneur ; elle est disponible sur le site du diocèse.
Enfin, aucun temps, aucune restriction ne limite l’écoute ni les réponses à l’appel premier que le Seigneur nous adresse, l’appel à la charité. Celle-ci s’exprime dans l’attention réciproque, dans la présence aux pauvres, qu’elle que soit l’expression de la pauvreté, aussi dans l’effort que nous faisons pour comprendre pourquoi cette personne s’exprime ainsi, tient tel propos. Veillant nous-même à ce que nos propos soutiennent et encouragent, plutôt qu’ils ne discréditent à peu de frais.
“Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Matthieu 25, 44-45. 

Au jardin d’Eden, tous les arbres étaient disponibles à Adam et Eve, mais ils ne virent que celui qui leur était défendu ; sachons retenir la leçon de ce qui fut le motif du premier péché.

 

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers
Le 15 novembre 2020
33ème Dimanche ordinaire
Journée mondiale des pauvres

 

 

 

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Le 05 Déc 2020