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Réflexions et méditations quotidiennes proposées par Mgr Pascal Wintzer

méditations

Dimanche de Pentecôte
Dimanche 31 mai

 

Chers amis, le 16 mars, j’ai commencé à vous proposer chaque jour une réflexion à partir des lectures bibliques de la liturgie. En tout, si je ne me trompe, ceci fait 77 méditations quotidiennes. Ce 31 mai, je termine ceci ; au lendemain de la fête de la Pentecôte, nous entrons dans le temps ordinaire. Je vous remercie pour votre fidélité à lire chaque jour ce texte, surtout les textes bibliques. Gardons cette attention, cette Parole est notre guide quotidien, elle est ce qui assure notre unité. Le texte est l’homélie de la fête de Pentecôte.

 

 

Les noms disent la personne, la Bible le souligne en permanence, si bien que, lorsque Dieu appelle quelqu’un à une mission nouvelle, il lui donne un nom nouveau.
Ainsi pour les hommes et les femmes… ainsi pour Dieu ; lui aussi porte un nom, et il nous le révèle.
Une des personnes de la Trinité se nomme l’Esprit Saint, un nom qui associe la sainteté à l’Esprit, autrement dit qui associe la sainteté à ce qui ne se voit pas, ne se touche pas, ne peut s’expérimenter ni se mesurer.
Pour l’Esprit, pour Dieu, la sainteté n’est pas une qualité, n’est pas occasionnelle, la sainteté c’est l’être de Dieu ; il est Saint.

Dans un monde qui compte, qui mesure et qui évalue, la sainteté peut aussi être comprise selon ces critères. Or, la Pentecôte, par la désignation de l’Esprit, nous appelle à comprendre que la sainteté est plus vaste, plus riche, que les signes, qui peuvent être réels certes, que nous en mesurons, en nous, autour de nous.
Dans son texte sur la sainteté, le pape François a cette belle expression lorsqu’il parle des « saints de la porte d’à côté ». Et combien ils sont nombreux ces saints, et pas seulement parmi les chrétiens, mais partout dans le monde !
Ils portent leur croix quotidienne, expression du don, de l’amour, qui peut aller toujours jusqu’au sacrifice ; ils la portent comme ils peuvent, mais ils la portent, et, en Jésus Christ, ils sauvent le monde.

La grande écrivaine britannique George Eliot conclut son roman Middlemarch d’une phrase magnifique, célèbre à raison :
« La croissance du bien dans le monde dépend en partie d’actes qui n’ont rien d’historiques et, si les choses vont moins mal qu’elles ne le pourraient pour vous et pour moi, on le doit au nombre d’êtres qui mènent fidèlement des vies cachées avant de se reposer dans des tombes délaissées. »
Le cinéaste Terence Malick avait choisi cette phrase pour exergue à son dernier film Une vie cachée.

La sainteté de l’Esprit appelle donc à distinguer, mais sans opposer, la sainteté cachée et la sainteté qui se manifeste. La sainteté n’est pas un bienfait pour celui qui la vit, pour celui qui la porte, la sainteté est avant tout communicative, même avec discrétion, la sainteté améliore les autres et le monde ; c’est ce que le Symbole des Apôtres appelle la communion des saints.
Cependant, invisible en sa source, la sainteté devient visible en ses effets, en ses fruits.
Je le reconnais, je me montre souvent critique vis-à-vis de ce qui se voit, de l’image, que ce soit l’image de soi ou toutes les images de nos écrans ; la société du paraître m’est totalement antipathique.
Cependant, je dois modérer cette critique, même si elle doit ne pas totalement disparaître ; le visible et l’invisible ne sont pas à opposer, mais le visible n’est qu’un fruit, il ne peut être recherché pour lui-même.

La prière chrétienne est faite de ces deux dimensions. Ainsi, pendant le confinement, la prière visible, publique, ne pouvait plus s’exprimer, toute prière s’est-elle éteinte pour autant ?
De même, réfléchissons à ce qu’est le culte, non pas selon la loi de 1905, mais, pour nous, catholiques.

Le culte est un acte de toute la personne, il est donc plus vaste que les actes de culte et que les lieux de culte.
Loin de moi la volonté de minimiser ces derniers, mais il faut mesurer ce qui est de l’ordre du chemin et des moyens et ce qui est de l’ordre du but vers lequel nous tendons.
Pour la foi chrétienne, le culte c’est une vie toute donnée, offerte.
Les différentes dimensions du culte que les chrétiens sont appelés à rendre à Dieu sont dès lors un culte de foi, un culte du service et le culte de la prière.
Le culte que nous offrons à Dieu est en esprit et vérité dit Jésus à la Samaritaine, il est un don de soi, c’est un culte spirituel.
On vient de l’entendre, saint Paul affirme que seul l’Esprit Saint nous permet d’offrir ce culte, comme de dire la foi.
« Frères, je vous le rappelle : personne n’est capable de dire : ‘’Jésus est Seigneur’’ sinon dans l’Esprit Saint. » 1 Co 12, 3.

Dans la lettre aux Romains, le même Paul parle du vrai culte que nous rendons à Dieu : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne toute entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. » Romains 12, 1.
Les sacrements, aussi essentiels et nécessaires sont-ils, sont au service de cela, du culte spirituel, ils nourrissent en chacun l’attitude d’oblation du Christ, donné à son Père et à l’humanité.
La finalité des sacrements, dont celui de l’eucharistie, n’est donc pas eux-mêmes mais une communion plus parfaite avec Celui dont nous recevons tout.
C’est vrai, depuis plusieurs mois, les signes ont manqué, l’eucharistie a aiguisé notre faim, pour autant, combien, dont nous-même espérons-le, ont été conduits à un plus grand don d’eux-mêmes, pour le service de Dieu et celui des frères et des sœurs, en particulier les plus souffrants, et offrent ainsi le culte qui plait à Dieu.

En soulignant ceci, je veux inviter à nous garder de deux choses.
La première consiste à découper la réalité en tranche ; or, nous sommes chrétiens tout entier, tout de notre vie est une manière de vivre en fidèles de Jésus Christ.
Le culte n’est donc pas réservé à des lieux et à des temps, il est toute notre vie.
Saint Paul le dit autrement à la fin de sa 1ère Lettre aux Thessaloniciens lorsqu’il appelle à « prier sans cesse ». Ceci ne veut pas dire qu’il faudrait faire sans cesse des prières, mais que tout doit être vécu dans la présence du Seigneur.
Telle est la sainteté chrétienne, elle refuse de distinguer entre ce qui serait bon pour Dieu, ce qui serait « sacré », et ce qui serait indigne de lui.
Certes, le péché existe, mais il peut tout blesser, il n’a pas de domaine qui lui soit propre.
Rien de l’humanité n’est indigne de Dieu.

Deuxième chose dont il faut se garder, c’est d’établir des hiérarchies entre les manières de vivre en chrétiens et de prier Dieu.
Là aussi Paul l’a souligné, chacun et chaque charisme concourt à rendre gloire à Dieu. De même, les formes de prière qui peuvent être plus familières aux uns qu’aux autres ; chacune est estimable et respectable.
« Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. » 1 Co 12, 4-7.

Si nous pouvions un peu plus nous réjouir de ce que sont les autres et leurs charismes, plutôt que de déplorer ce qu’ils ne sont pas et ne seront jamais.
Cela aussi c’est un don de l’Esprit, il faut le demander, c’est le don de la joie. Puisse-t-il emplir nos cœurs.
Fuir la morosité, choisir la joie… vous verrez cela vous fera du bien, d’abord ; et même, cela fera du bien à beaucoup d’autres.

 

 

 

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Le 28 Sep 2020