Réflexions et méditations quotidiennes proposées par Mgr Pascal Wintzer

méditations

7 avril 2020

Jésus fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Jean 13, 21. Ce verset mentionne le trouble de Jésus, il est bouleversé : même s’il sait, le mal le surprend toujours, jamais il ne s’y résigne, jusqu’au bout il espère. Qu’en est-il pour nous ? Sommes-nous habités par cette même espérance ? Inscrire le mal dans l’ordinaire, dans le normal, c’est déjà l’avoir laissé triompher, étendre son empire.
Il faut également souligner le verbe par lequel est désigné ce que va s’accomplir : l’un de vous me livrera. Il ‘’livre’’ le Maître – ce sera bien sûr une trahison. Ce verbe dit davantage, il désigne l’acte du Père qui ‘’livre’’ le Fils, son Fils. L’acte en question a donc un sens plus profond que ne l’aurait une simple histoire de trahison : Jésus est ‘’donné’’, il est ‘’offert’’, lui-même se donne ; c’est bien du salut dont il est ici question.

Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Jean 13, 22. Ce verset est celui du soupçon généralisé : l’Adversaire semble triompher, il sème la division, aucune confiance ne semble plus être possible, chacun des Douze soupçonne l’autre, et peut-être se sent capable de lui-même sinon de trahir du moins de tomber.
Pourtant, au cœur de la division, le geste de Jésus est encore un geste de communion : celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote (Jean 21, 26). Jésus montre à Judas que s’il sait (il le désigne par le geste), jusqu’au bout Judas reste un apôtre, Jésus lui propose encore et encore sa confiance, son amour. Oui, jamais Jésus ne prend son parti du mal, jusqu’au bout il espère.

Pourtant, il y a un moment où Jésus sait que rien ne peut plus être fait : Satan est entré, il attendait son heure depuis que Jésus avait refusé ses séductions lors des tentations au désert ; Satan entre en Judas, il le possède.
Mystère du mal, Dieu semble impuissant, il laisse faire. Cette expérience, ces questions, peuvent ô combien nous assaillir lorsque nous mesurons l’emprise du mal, non pas de ces petites fautes que nous confessons, mais du mal radical, du refus, de la haine, de la division radicale.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit (Jean 26, 30). Judas ‘’sort’’, il quitte la communauté, il refuse la communion, il refuse de dire ‘’oui’’. La nuit est dès lors le lieu du refus, et « Judas lui-même est nuit » ainsi que le dira saint Augustin.

 « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. » Jean 13, 31-32. L’heure est maintenant de la glorification, celle du Fils, et par lui, celle du Père.
Il n’y a aucun espace, aucune césure entre l’un et l’autre ; le mystère pascal est révélateur de Dieu en tant qu’il est et qu’il n’est que Trinité ; il y a échange et réciprocité entre le Père et le Fils.
La nuit est passée, la mort a fait son œuvre, Jésus se sait dès maintenant dans la Gloire. Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu (Jean 13, 3) retourne vers le Père, mais il emporte avec lui toute l’humanité.
Jésus vient de constituer sa communauté. Elle est fondée sur l’amour donné, l’amour reçu, l’amour partagé. Le service en est l’expression ; Jésus a lavé les pieds de ses disciples. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous (Jean 13, 15).

 

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