sainte Radegonde

Radegonde meurt le 13 août 587 entourée de ses sœurs

Fille du roi de Thuringe, Radegonde naît à Erfurt vers 520. Elle n’a pas dix ans quand son père est assassiné par son oncle. En 531, Clotaire et Thierry – deux fils de Clovis – envahissent la Thuringe.
Radegonde et son petit frère sont faits prisonniers et confiés à Clotaire pour leur éducation. Vers 540, Clotaire décide d’épouser Radegonde. Devenue reine des Francs de Neustrie, elle s’impose par l’austérité de sa vie. Après quinze ans de vie commune, une nouvelle tragédie éclate : Clotaire fait assassiner le frère de Radegonde.

Elle obtient de quitter la cour, elle est consacrée diaconesse par l’évêque de Noyon saint Médard. Elle passe ensuite à Tours, prier auprès du tombeau de saint Martin. Elle séjourne à Saix (en Loudunais) avant de se rendre à Poitiers. C’est là qu’elle commence une expérience de vie commune avec quelques compagnes. Un monastère féminin dédié à la Vierge Marie est construit à Poitiers (entre 552 et 557). Le monastère choisit la règle établie par saint Césaire (évêque d’Arles) pour sa sœur Césarie et ses moniales. Radegonde obtient de l’empereur Justin Il de Constantinople une relique de la Croix (569). L’entrée de cette relique donne l’occasion à Venance Fortunat de composer deux hymnes célèbres : Vexilla Regis et Pange lingua. L’abbaye prend alors le nom d’abbaye Sainte-Croix.

Radegonde meurt le 13 août 587 entourée de ses sœurs. La sainteté de Radegonde n’est pas seulement celle de ses prières, jeûnes et pénitences; elle est le fruit de la transformation qu’impliquent les changements successifs dans sa vie. Sa sainteté est nourrie aussi des amitiés vécues avec ses soeurs, avec Venance Fortunat et Grégoire de Tours, ainsi que de sa grande charité pour les pauvres.
Nous faisons mémoire de sainte Radegonde le 13 août dans le diocèse tandis qu’à Poitiers c’est une solennité. Sa mémoire demeure très présente à l’abbaye Sainte-Croix mais aussi en plusieurs lieux de pèlerinages (Saix, Marconnay, Yversay, ….).

Vision un an avant la mort de Radegonde

« Un an avant sa mort, elle eut la vision de la place qui lui était préparée. Elle vit venir à elle un jeune homme très richement vêtu, très beau, d’un âge presque juvénile, qui, du geste et de la parole, se montra caressant en parlant avec elle. Comme la sainte, jalouse de sa vertu, repoussait ses avances, il lui dit : Pourquoi m’appelais-tu avec tant de larmes, enflammée de désir, pourquoi me cherchais-tu en gémissant, me réclamais-tu dans l’effusion de tes prières et te soumettais-tu pour moi à tant de tourments, moi qui suis toujours auprès de toi ? Toi, pierre précieuse, sache que tu es la première gemme de mon diadème. Personne ne doute qu’elle n’ait été visitée par celui-là même auquel elle s’était donnée de tout son religieux amour de son vivant et qu’il ne lui ait révélé la gloire dont elle devait jouir. »
Baudonivie, Vie de Radegonde (début 7e siècle)

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