sainte Jeanne-Elisabeth

Canonisée en 1947, nous faisons mémoire de sainte Jeanne-Élisabeth le 26 août.

Jeanne-Élisabeth est la cinquième enfant d’Antoine Bichier des Âges et de Marie-Anne, son épouse.
Baptisée dans l’église du Blanc (5 juillet 1773), son éducation se fait chez les religieuses hospitalières de Poitiers. L’année 1789 voit la tenue des États Généraux. Les biens de la famille Bichier sont confisqués en biens nationaux et la famille est mise en résidence surveillée. Jeanne-Élisabeth consacre de plus en plus de temps à la prière. Avec les siens, elle connaît la prison.
Jeanne-Élisabeth entend parler d’un prêtre réfractaire revenu au pays : André-Hubert Fournet. Elle part de nuit de la Guimetière (Béthines) jusqu’à la grange des Marsyllis, soit 17 kilomètres. Ces messes de nuit vont souvent se répéter. Après le Concordat (1801), Jeann-Elisabeth est active à Béthines pour la catéchèse des enfants, le soin des malades, l’accueil de missionnaires, la réfection de l’église, etc… Lors d’un séjour à Poitiers, Jeanne-Élisabeth cherche sa voie. Au mois de juin 1805, elle reçoit une lettre du Père Fournet : « À quoi pensez-vous, ma fille, de prolonger votre séjour dans une maison de paix, alors que Dieu vous appelle au combat ? Hâtez-vous de venir ici […] » La réponse est claire : c’est auprès des enfants pauvres et des personnes abandonnées qu’elle est appelée à rencontrer et à servir le Christ.

Une petite communauté se forme à Molante, près du bourg de Maillé (1807), puis à Rochefort, près de l’église Saint-Phèle. En 1816, la congrégation des Filles de la Croix est officiellement reconnue par l’Église. Pendant ces années, la sœur Elisabeth doit gagner Paris pour être opérée. Son témoignage marque les esprits et prépare de nouveaux chemins pour la congrégation. La toute jeune congrégation s’installe dans les vieux murs fontevristes à La Puye (1820). Sœur Élisabeth visite les communautés, assure une importante correspondance ainsi que l’administration de la congrégation dont elle est la supérieure générale. Elle meurt le 26 août 1838. Canonisée en 1947, nous faisons mémoire de sainte Jeanne-Élisabeth le 26 août. Aujourd’hui, les 380 Filles de la Croix sont présentes dans 10 pays.
Lettre au Père Frédéric Dubost, curé de Notre-Dame de Chauvigny (2 avril 1838)
«Je vous avoue que je ne puis me faire à cette manie de faire des congrégations. Vous direz que je parle contre moi, mais le Bon Père [saint André-Hubert Fournet] n’avait jamais eu idée d’une congrégation ; moi j’aurais voulu me renfermer dans une maison austère, et comme il était seul avec plusieurs paroisses où il exerçait le saint ministère, je consentis à aller dans sa paroisse instruire et soigner les pauvres et mener une vie pénitente sous la direction d’un saint. Et nous fûmes approuvées sans que je m’en doutasse, j’en versai bien des larmes, parce qu’on nous retranchait les jeûnes, les paillasses, etc. »

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