saint Jean-Théophane Vénard
« L’angélique martyr » a été canonisé en 1988 par le pape Jean-Paul Il avec ses compagnons martyrs du Vietnam.
Né le 21 novembre 1829, Jean-Théophane Vénard est baptisé le même jour dans l’église de Saint-Loup-sur-Thouet. Il a une sœur aînée et deux petits frères. Leur père est instituteur. À l’âge de neuf ans, Jean-Théophane garde la chèvre de son père sur le coteau de Bel-Air, il lit le récit du récent martyre de Jean-Charles Cornay dans les Annales de la propagation de la foi, article écrit par le chanoine Charles de Larnay, premier artisan de la Propagation de la foi dans le diocèse de Poitiers.
C’est alors qu’il prononce cette phrase rapportée par une voisine : « Et moi aussi je veux aller au Tonkin, et moi aussi je veux être martyr ! ».
Jean-Théophane fréquente le collège de Doué-la-Fontaine, le petit séminaire de Montmorillon puis le grand séminaire de Poitiers. Jean-Théophane rejoint le séminaire des Missions étrangères de Paris.
Envoyé pour la Chine, Jean-Théophane arrive à Hong-Kong en mars 1853. Au bout d’un an et demi, changement de destination : il est envoyé au Tonkin ! La prémonition du coteau de Bel Air – seize ans plus tôt – se réalise. Il assimile rapidement la langue vietnamienne, il traduit plusieurs écrits du Nouveau Testament. Cependant, la persécution oblige Théophane à se faire discret. Toujours prêt à fuir, il se cache pendant de longues heures entre des doubles cloisons. Le 30 novembre 1860, il est découvert.
Conduit à la citadelle de Hanoï, il est prisonnier dans une cage de bambou. Le 2 février 1861, le préfet annonce la sentence : la mort par décapitation. Le même jour, il va à la mort en chantant le Magnificat. Cinq coups de sabre sont nécessaires. Les restes de Théophane sont aujourd’hui au séminaire des Missions étrangères de Paris. « L’angélique martyr » (comme l’appelle la carmélite Thérèse de l’Enfant-Jésus) a été canonisé en 1988 par le pape Jean-Paul Il avec ses compagnons martyrs du Vietnam. Nous faisons mémoire de saint Théophane Vénard le 13 février.
Dernière lettre à son père (20 janvier 1861)
Mon très cher, très honoré et bien-aimé père,
Puisque ma sentence se fait encore attendre, je veux vous adresser un nouvel adieu qui sera probablement le dernier. […] Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre et que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lis virginal, autre l’humble violette. Tâchons tous de plaire, selon le parfum ou l’éclat qui nous sont donnés, au souverain Seigneur et Maître. – Je vous souhaite, cher père, une longue, paisible et vertueuse vieillesse. Portez doucement la croix de cette vie à la suite de Jésus, jusqu’au calvaire d’un heureux trépas.
Père et fils se retrouveront en paradis. Moi, petit éphémère, je m’en vais le premier. Adieu !
Votre très-dévoué et respectueux fils,
Jean-Théophane Vénard,
Missionnaire apostolique

© Wikipédia – Jean Théophane Vénard