saint Jean-Charles Cornay
Il a été canonisé en 1988 par le pape Jean-Paul II avec les 116 autres martyrs du Vietnam.
Jean-Charles naît à Loudun le 27 février 1809. La tombe de ses parents est à Mouterre-Silly. Il a trois sœurs, il fréquente le collège de Saumur puis le petit séminaire de Montmorillon. Après avoir entendu la prédication d’un père montfortain au grand séminaire de Poitiers, il fait part au chanoine Charles de Larnay de sa vocation missionnaire. Il part au séminaire des Missions étrangères de Paris.
Jeune diacre, il est envoyé en mission au Tonkin (1831). Un édit de persécution contre les chrétiens est lancé par l’empereur (1833). Ordonné prêtre le 20 avril 1834, l’acclimatement se fait dans de très grandes souffrances (fièvres, maux de dents et d’oreilles, brûlures des yeux, …). Il apprend la langue vietnamienne et assure un ministère autant que le permettent ses infirmités. En 1837, sa santé s’améliore mais sa présence est dénoncée. Il est fait prisonnier, enfermé dans une cage de bambou et transtéré à Son Tây. Il étonne par son calme, passant de longs moments à chanter. Les peines ne sont pas épargnées (deux ou trois fois cinquante coups de rotin), il pardonne à celui qui l’a dénoncé.
La sentence arrive le 20 septembre 1837 : c’est le supplice de lang-tri (les quatre membres coupés, le tronc fendu, la tête coupée). Jean-Charles Cornay est le premier martyr français du Tonkin. Il a été canonisé en 1988 par le pape Jean-Paul II avec les 116 autres martyrs du Vietnam. Nous faisons mémoire de saint Jean-Charles Cornay le 20 septembre.
Lettre à ses parents (2 juillet 1837)
« Lors donc que vous recevrez cette lettre, mon cher père et ma chère mère, ne vous affligez pas de ma mort. En consentant à mon départ, vous avez déjà fait la plus grande partie du sacrifice. En lisant les relations de la persécution, combien de fois, en pensant à moi, ne vous a-t-il pas fallu le renouveler dans l’incertitude de mon sort ! Bientôt, en voyant ces derniers adieux de votre fils, il faudra l’achever. Mais alors, j’en ai la ferme espérance, je serai délivré des maux de cette vie. Et quand je serai admis dans la gloire éternelle, ce sera pour lors que je penserai à vous, priant le Seigneur de vous donner part à la récompense puisque vous avez déjà si grande part au sacrifice. Vous êtes trop chrétiens pour ne pas comprendre ce langage. Ainsi je m’abstiens de plus longues réflexions.
Adieu, adieu, donc, mon très cher père et ma très chère mère. Déjà, dans les fers, j’offre à Dieu mes souffrances pour vous. J’espère qu’il exaucera mes prières. Je ne puis non plus oublier mes sœurs et tous ceux qui me touchent de près. Si sur la terre je les ai chaque jour recommandés à la sainte Vierge, que ne pourrais-je point faire si Dieu m’accorde la palme du martyre ? »
Jean-Charles Cornay, Missionnaire apostolique

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