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Il n’y a pas que le jubilé de la Reine !

Actualités diocésaines, Mise en avant

Les festivités royales sont terminées et les 70 ans de règne d’Elizabeth II ont été largement fêtés. Avec sans doute moins de faste et de cérémonies, nous allons nous aussi fêter les jubilés des prêtres du diocèse, dont 70 ans de sacerdoce également pour le père Joseph Sachot !  Comme chaque année, Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, rencontre les prêtres jubilaires à Notre-Dame de Pitié.

Chaque prêtre suit un chemin particulier et il n’en existe sans doute pas deux complètement identiques. Voici donc quelques témoignages de ces vies données au service de Dieu et des frères et sœurs à qui ils ont été envoyés. 

Prêtres jubilaires en 2022

  • 70 ans d’ordination (ordonnés en 1952)
    Père Joseph Sachot

 

  • 60 ans d’ordination (ordonnés en 1962)
    Père Gérard Bonneau
    Père Jean Marchand
    Père Gérard Motard
    Père Robert Neau
    Père Loïc Paumier
    Père André Sentier

 

  • 25 ans d’ordination (ordonnés en 1997)
    Père Gérard Gally
    Père Claudy Guéret
    Père Jérôme de la Roulière
    Père Jean-François Plantureux
    Chanoine Bernard Loy

Témoignages de trois prêtres

Témoignage du Père Jérôme de la Roulière

 

25 ans de vie sacerdotale
 
C’est le milieu d’une vie. Apres ma jeunesse ( 20 ou 25 ans), je suis rentré au séminaire à Poitiers. Les 6 ans de séminaire à Poitiers et Bordeaux ne m’ont pas semblés longs. Depuis, tous les 5/7 ans, l’évêque me nomme dans une paroisse et me fait déménager pour une mission qui renouvelle et donne l’impression comme Jésus de ne pas avoir une pierre où reposer la tête Luc 9.57. Aumônier de collège, puis avec une petite paroisse à Ligugé (à l’époque un secteur), une autre à st Paul aujourd’hui fusionnée avec le centre ville de Poitiers, puis La Crèche/ Aiffres avant de découvrir le Bocage et la paroisse saint Jean Paul II. La vie de prêtre suit donc les nominations de l’évêque. L’obéissance et l’incertitude qui va avec sont constitutives de cet engagement. J’ai toujours retrouvé des personnes qui avaient été en mouvement avec moi, connaissaient ma famille, déménageaient en même temps. La conscience diocésaine aide dans cette découverte d’un territoire. J’aime mon diocèse et mon pays avec ces villes moyennes qui ont chacune leur histoire. 
 
 
Que reste t-il à chaque fois ? Partir montre que les relais se font. Rien ne sert de s’inquiéter, le successeur, les fidèles continueront cette marche vers le royaume, mais à leur rythme. Cette confiance dans la transmission me surprend toujours. L’appel de Jésus et la vie d’Eglise sont plus forts que les différences de caractères. Malgré leur petit nombre, les catéchumènes ou recommençant restent dans ma prière. Personnellement, les cérémonies de premières communions ou professions de foi ( je dispose de quelques photos) rythment l’année liturgique. Me voici avec de nombreux prêtres âgés de plus de 90 ans. Cette situation de contraste avec mon âge ( 55 ans) me rend encore plus attentif à la place consacrée à la jeunesse.
 
 
La fraternité sacerdotale se mérite. Nous sommes ordonnés par le même évêque. Les prêtres peuvent vivre avec indépendance dans leur paroisse. Ils se retrouvent en doyenné (pas trop depuis le COVID). Ils peuvent passer des retraites ensemble (ce que j’essaie de faire avec le diocèse tous les 3 ans). Certains vivent en équipe ce qui est plus rare aujourd’hui. Participant à l’Union Apostolique du Clergé, je retrouve une équipe de vie de 7 prêtres d’âges et sensibilités diverses avec deux points communs : l’attachement au diocèse et cette fraternité de prêtres (des missionnaires d’aujourd’hui). La fraternité, c’est aussi garder des liens d’amitié avec des religieuses, avec un monastère comme celui du Mont des Oliviers à Jérusalem ou retourner au Foyer de charité de Tressaint. Cette régularité stabilise la prière et les ressentis émotionnels, forts dans la vie pastorale qui peuvent fatiguer à la longue.
 
 
« Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père » Cette parole de Jésus a été proclamée le jour de mon ordination. Ceci est une priorité de la vie paroissiale pour et même de la société: les écouter, connaitre leur nom, que les fiancés ou parents d’enfants baptisés connaissent un peu le prêtre. Ceci permet d’avancer dans la même direction. Avec des paroisses de 25 000 habitants, c’est un enjeu essentiel.

 

Témoignage du chanoine Bernard Loy

 

Lorsque j’ai été ordonné diacre permanent en 1985, j’étais religieux depuis 23 ans. C’était à la suite d’un appel de mon supérieur général.
Tout en continuant mon service en communauté, j’étais inséré dans la paroisse Nativité de Marie en proche périphérie romaine, principalement pour les malades, la catéchèse et la liturgie.
J’étais heureux dans ce ministère.
Neuf ans plus tard le même supérieur me disait que je pourrais être prêtre, après avoir compléter les études.
Trois ans après, le 27 septembre 1997, je recevais l’ordination sacerdotale dans notre église Sainte Marie Reine de la Paix , à Rome.
L’année suivante j’arrivais à Charroux que je connaissais déjà.

 

Le ministère, je l’ai vécu comme un service auprès des personnes chez lesquelles j’étais envoyé, en écoutant les conseils des mes frères aînés car j’avais beaucoup à apprendre.
J’ai essayé d’insuffler la joie d’être chrétien en proclamant l’évangile, en accueillant les personnes qui désiraient me rencontrer, en visitant les malades, avec les enfants du catéchisme,
malheureusement il faut constater aussi mes propres limites et l’incapacité d’être partout à la fois, mais toujours en essayant de rayonner l’Amour de Dieu pour les hommes et les femmes.

Cet amour je le trouve dans la prière et l’amitié des personnes rencontrées et avec mes confrères.

 

Les événements qui m’ont profondément marqués ce sont les ordinations, les professions religieuses, la joie qui rayonne sur le visage et la paix que l’on ressent chez l’autre ou en soi. Je suis
émerveillé encore par tous ceux qui donne de leur temps aux autres.
J’ai vécu aussi des conversions, des personnes qui reviennent vers le Seigneur après un long cheminement d’errance.
Les grands rassemblements diocésains ou paroissiaux tout comme les petites assemblées priantes me font du bien ; ils m’enracinent dans mon » oui » exprimé librement lors de ma profession
religieuse et de mon ordination.
Je suis toujours émerveillé au contact de gens simples et de malades qui offrent leurs souffrances avec foi.
Je rends grâce au Seigneur pour toutes les personnes qui s’engagent à tous les niveaux dans notre paroisse et dans l’Eglise.

 

Témoignage du Père Robert Neau

 

60 ans de Sacerdoce.

Je suis né en 1927 (juste un peu après la naissance de la reine Elisabeth). Mon père était le médecin de campagne typique : disponible 7 jours sur 7 et 24 h sur 24, à Chizé dans le Sud des Deux-Sèvres, (qu’on surnommait la petite Chine). J’ai eu un frère et une sœur.

 

Après mes études secondaires à St Hilaire de Niort je pensais à la « vie sacerdotale » comme une possibilité, mais j’ai quand même fait des études médicales à Bordeaux pendant 9 ans. C’est après ma thèse que j’ai décidé de rentrer au séminaire. Sur les conseils d’un jeune prêtre (qui est devenu Cardinal), je suis entré, un peu par hasard, au Séminaire des Carmes (Institut Catholique de Paris)… mais je suis revenu fidèlement dans mon diocèse de Poitiers.

J’y ai exercé une double fonction : un travail pastoral diocésain et parallèlement un « accompagnement psychologique » qui permettait à des personnes de prendre la parole sur des sujets qu’elles ne pouvaient pas aborder ailleurs… ce qui leur permettait de se libérer et de vivre mieux.

Je suis resté 16 ans au Collège St Joseph de Poitiers, comme « Père spirituel des Classes Terminales » et ceci pendant les événements de Mai 1968…

C’est ensuite à la « Maison Diocésaine » que j’ai été appelé où je me suis investi au Centre Théologique, à la Pastorale de la Santé, nouvellement fondée avec Mgr Rozier et même au Doyenné de la Maison.

Et je vis maintenant avec 3 frères prêtres âgés, plus jeunes que moi, pour terminer mon séjour sur cette terre.

 

« Dieu était là et je ne le savais pas » Gen 28,16

Je peux maintenant me permettre de relire ma vie et je suis surpris de pouvoir dire avec Jacob, auprès de son échelle de rêve sur laquelle montaient et descendaient des anges : « Dieu était là et je ne le savais pas »

 J’ai eu des décisions à prendre, bien sûr, mais je pensais que je me décidais raisonnablement, en prenant conseil parfois, sans prier particulièrement l’Esprit Saint. Et pourtant je pense qu’Il était présent à mes recherches et à mes décisions comme un « GPS » spirituel, probablement efficace mais singulièrement discret. « Il était là et je ne le savais pas ».

Actuellement je pense mieux réaliser sa présence à ma vie « Il était là au cœur de ma vie et c’est Lui qui me faisait vivre » et probablement, sans Lui, « je n’aurais pu rien faire'(Jn 15,5) et » Cà n’est pas moi qui l ‘avais choisi, mais c’est Lui qui m’avait choisi » (Jn 15,16).

Je pense mieux vivre ce partage de vie avec l’Esprit et semble pouvoir discerner qu’Il a toujours été au cœur de ma vie sans que j’en aie véritablement conscience.

St Paul nous dit « Cà n’est plus moi qui vis c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2,20) Voilà ce qu’il me paraitrait bon de vivre !

Et il nous dit aussi « Ne contristez pas le Saint Esprit » (Eph 4) Il me reste à espérer que je L’ai pas trop chagriné !

 

 

 

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Le 10 Déc 2022