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Dimanche des Rameaux
Publié le 24 mars 2024

Homélie de Monseigneur Wintzer pour le dimanche des Rameaux

Cette année, le calendrier est très propice à la célébration commune de la semaine sainte ; en effet, nous avons la chance de ne pas être en période de vacances scolaires, nous sommes tous à Poitiers et pourrons participer aux liturgies de la semaine sainte.
Je souligne ceci non pas pour aiguiser de la culpabilité dans nos esprits, autrement dit pour opposer la prière aux loisirs, mais pour inscrire la vie chrétienne dans ce qui fait notre vie ordinaire.
En effet, nous sommes une époque dans laquelle, pour la majorité de la population, la préoccupation première, ce sont les loisirs, ce qui d’ailleurs recouvre des choses bien différentes, en fonction de qui nous sommes, de notre éducation, de nos goûts.

Mais, notons-le, lorsqu’arrivent les périodes de loisirs, ou de vacances, tout semble s’arrêter.
C’est même une sorte d’impératif : il faut « décrocher », au risque de frôler quelque maladie psychologique, le travail étant réputé ne pas améliorer notre vie mais l’abimer.
Je pense qu’on en a fait l’expérience : excepté pour des personnes qui exercent une responsabilité et continuent à répondre aux mails et au téléphone, chaque jour de l’année, pour d’autres, leur adresse mail et leur téléphone, professionnels j’entends, arrêtent de fonctionner pendant les vacances.
De telles pratiques sont très certainement moins avérées pour les agriculteurs !
En soulignant cela, je pourrais être tenté de nous opposer les uns aux autres.
Il s’agit plutôt de dire que la manière de vivre la foi chrétienne s’inscrit dans nos pratiques sociales et culturelles.
Pendant nos vacances… Dieu n’est pas en vacances, mais nous pouvons trouver d’autres manières de le prier, de le rencontrer.

Inscrire la foi dans la culture, dans les us et coutumes, la chose n’est pas nouvelle, les différentes époques ont su exprimer la foi de telle manière qu’elle résonne avec le temps et les mentalités.
La fin du Moyen-Âge a créé les mystères médiévaux.
Et l’âge baroque a culminé avec les cantates et les passions de Jean-Sébastien Bach.
Il est d’ailleurs heureux que, mercredi soir, au TAP, soit chantée la Passion selon saint Matthieu de Bach.
Certes, ici, à la cathédrale, nous n’entendrons pas de Passion de Bach, tel ou tel de ses chorals sans doute, mais je voudrais, dès ce dimanche, remercier la Maîtrise et les organistes pour les chants et la musique qui vont accompagner nos célébrations, notre prière.
Pour eux comme pour nous, cette semaine est le cœur de l’année liturgique.
Je sais que beaucoup d’entre nous serons nourris par la musique, merci à vous chers amis.

Alors, comment notre premier XXIe siècle peut-il exprimer la foi, la Semaine sainte, le mystère de Pâques, pour qu’ils parlent à nos contemporains ?
Il n’y aura pas de manière unique ; il n’y en a jamais eu.
Il s’agit d’accueillir ce que Dieu nous révèle de lui-même, dans la manière qu’il a choisie de le faire.
Je peux le rappeler, lorsque l’on a commencé à mettre par écrit ce que seront nos Evangiles, les premiers textes qui l’ont été sont les récits de la Passion.
On le comprend, la violence des événements, l’échec aux yeux des hommes de celui qui avait été accueilli comme le messie de Dieu… avaient frappé les témoins.
Surtout, les Evangiles n’ont pas caché ce qui était pour beaucoup un scandale et une folie, pour reprendre les mots de l’apôtre Paul.
Oui, tel est Dieu tel qu’il se révèle.
Il est tout l’opposé de la divinité telle qu’on se l’imagine ou la représente, caractérisée par les attributs de toute-puissance et d’impassibilité.
Le Dieu de la croix est fragile et vaincu.

C’est bien ce Dieu-là qui nous est révélé dans les récits bibliques qui vont soutenir toute notre semaine.
C’est à son image que nous sommes son Eglise.
Pourtant, tout au long de l’histoire, on constate que l’on est tenté de l’oublier.
On préfère ce qui a les formes de la puissance, on préfère les acclamations des Rameaux aux humiliations du Vendredi Saint.
L’Eglise sera alors tentée de se penser comme une puissance, un pouvoir ; de mesurer son rôle à l’aune du nombre… nombre des églises, des fidèles, des calvaires… plutôt que de son humilité.
Ou bien penser qu’elle serait en capacité de vivre en autonomie, ne se tournant pas vers les lois des pays.
On l’a vu lorsqu’on cherchait à régler en interne les scandales et les violences, sans s’en remettre à la justice.

Ne pensons pas que nous serions exempts de telles tentations, voire de telles dérives.
Aujourd’hui, en France, en Europe, la tentation est de s’imaginer sur le déclin, alors que l’islam serait en plein développement.
Où est le déclin ? Où est le développement ?
On tombe alors dans des comparaisons qui n’ont rien de spirituel, d’intérieur, bien éloignées surtout du cœur de la foi qui nous fait suivre le Dieu crucifié.
Ne risquons pas d’entrer dans la logique de la puissance, du nombre que Staline exprimait ainsi : « Le pape, combien de divisions ? »

La Semaine Sainte nous appelle à accueillir Dieu qui sera révélé sur une croix, à comprendre que la seule puissance qui change les vies, qui change le monde est celle de l’amour, un amour qui donne la vie, qui rend la vie, qui lui donne promesse d’éternité.

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