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Dialoguer, à quoi bon… ?

Actualités diocésaines, Mise en avant

Par François Nau
Relations avec les musulmans

 

Cette question m’a été bien souvent adressée, sous différentes formes. Quelquefois, comme une interrogation sincère. Plus souvent, hélas, comme expression désabusée de celui qui ne croit plus à la possibilité d’un quelconque désintéressement. Ou enfin, en nous accusant plus ou moins gentiment de nous faire manipuler.

 

Quelle(s) réponse(s) donner ? Non, je ne suis pas naïf, et je sais bien qu’entretenir des relations suivies entre chrétiens et musulmans ne va pas, miraculeusement, mettre fin à la violence et au fanatisme. Je sais bien aussi que ces relations peuvent apporter une certaine reconnaissance, gage de respectabilité, aux groupes qui y participent : n’est-ce pas légitime, après tout ? Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que, selon les termes du pape Paul VI, « L’Église doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Église se fait parole ; l’Église se fait message ; l’Église se fait conversation. 1» Jean-Paul II le redit sous une autre forme, « Le dialogue inter-religieux fait partie de la mission évangélisatrice de l’Église. 2».

 

Oui, le dialogue n’est pas une option, un luxe, encore moins une folie. C’est une obligation pour nous tous, baptisés, que d’aller à la rencontre de tous nos frères, et tout particulièrement de tous ceux qui professent leur foi en un Dieu unique et créateur, même si c’est d’une manière très différente de la nôtre. De les rencontrer, de parler, d’échanger, afin de mieux les comprendre et de partager avec eux ce qui fait notre vie, notre foi, notre fraternité humaine.

 

Quels résultats, alors ? Eh bien, par exemple, ce rassemblement de vendredi dernier. À l’initiative de nos amis musulmans qui l’ont proposé au P. Wintzer, nous nous sommes rassemblés avec lui dans la cathédrale. Nous nous sommes recueillis ensemble, en silence puis autour de la prière au Dieu créateur que le pape François nous a donnée, à la fin de son encyclique « Fratelli tutti ». Tous frères, n’était-ce pas approprié de nous le rappeler, alors que nous déplorions tous ensemble les derniers actes de terrorisme commis à Nice et à Conflans ? Tous frères, tous unis, tous solidaires. À la sortie de la cathédrale, notre ami Boubaker me disait, en me rappelant l’agression dont avait été victime la mosquée de Poitiers en octobre 2012 : « Quand c’est arrivé, je t’ai appelé, et tu es venu tout de suite. Aujourd’hui, c’est moi qui suis ici à tes côtés ».

 

Ce témoignage, modeste mais public (et d’ailleurs les médias l’ont très respectueusement relayé), n’a pas changé le monde, sans doute. Mais nous croyons fermement qu’il y a contribué, à sa très humble mesure. Et nous croyons que nous avons recueilli ce jour là un de ces fruits du dialogue, qui peu à peu formeront une immense grappe offerte à tous ceux qui cherchent à assouvir leur faim d’amour et de fraternité.

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Le 05 Déc 2020