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Lettre pastorale de Mgr Wintzer : Choisir et Décider

Actualités diocésaines, Mise en avant

 

Choisir et décider

+ Monseigneur Pascal Wintzer
Lettre pastorale, septembre 2022

Je vous écris cette lettre au cours d’un processus synodal qui concerne toute l’Eglise catholique. Chaque diocèse a publié une synthèse, une collecte nationale française accompagnée d’un texte des évêques de France est adressée à Rome, et en octobre 2023, sera célébré le synode romain.

Ce synode, dont le titre peut sembler abscons… un « synode sur la synodalité », est sans doute mieux exprimé par les trois mots qui suivent son titre : « Communion, participation et mission ».

Je souhaite souligner l’appel à la mission. C’est en effet ce que demande le Seigneur, c’est la finale des Evangiles, dont celui de saint Matthieu. La mission est aussi ce qui motive et explique les prises de parole qui ont existé dans tous les diocèses entre octobre 2021 et avril 2022 : nous voulons dire ce qui donne sens à notre vie, l’amour du Père, la personne si fascinante de Jésus Christ et tous les dons que nous recevons de l’Esprit Saint. L’Eglise est en dépendance de ceci, elle n’existe que pour cela, servir Dieu et l’humanité.
De ce fait, nous souffrons lorsque nous voyons que, en son sein, des personnes font obstacle à la rencontre avec Dieu. L’urgence d’une Eglise plus fidèle a été reçue avec autant de force que la consultation synodale a commencée au moment où, en France, était publié le rapport de la CIASE.

Comme pour l’ensemble de la société, ce qui fait difficulté, c’est l’exercice de l’autorité. Elle est suspectée d’abuser, de ne pas respecter les minorités, voire de couvrir des abus, et le pape François l’a bien exprimé en pointant les abus de pouvoir, spirituels et sexuels, les trois se nourrissant souvent les uns des autres.
Bien des paroles, ou des écrits, en concluent que la cause de tout cela serait le spécifique des prêtres et des évêques. A la fois leur style de vie, dont le célibat, et l’autorité qu’ils exercent dans l’Eglise. Changer l’un et l’autre serait alors le remède aux dérives qui ont produit tant de délits et de crimes.

Je résiste à ce lien de causalité. On me dira peut-être que la raison en est que je défends et justifie qui je suis : un célibataire et un archevêque. J’aimerais que l’on aille au-delà de cet argument qui stoppe toute réflexion.
Je vais donc prendre le temps de vous proposer une réflexion sur ces deux sujets ; je veux aussi y souligner les nécessaires vigilances que nous devons exercer.

 

 

A la fois le rapport de la CIASE et les synthèses synodales mettent en question le caractère systématique du célibat des prêtres dans l’Eglise catholique de rite latin – il faut rappeler que les Eglises catholiques de rite oriental ont conservé la tradition d’un clergé marié ou célibataire. Je me suis exprimé sur la possibilité, pour l’Eglise latine, d’ordonner prêtres aussi des hommes mariés. Cette éventualité ne serait pas une solution au nombre des prêtres, nombre que l’on estime faible en Europe aujourd’hui, ni une garantie contre d’éventuelles déviances, en particulier sexuelles. J’ai écrit les motifs pour lesquels j’estime ce chemin possible et sans doute souhaitable.

Cependant, ceci ne remettrait pas en cause la possibilité d’un clergé célibataire, ni ne conduirait les prêtres actuels à pouvoir se marier. En effet, l’Evangile appelle à la fidélité des engagements et la tradition de l’Eglise engage celui qu’elle ordonne à demeurer dans l’état qui est le sien lorsqu’il est ordonné. Ainsi, un diacre permanent célibataire s’engage à conserver le célibat. J’y insiste, c’est la fidélité qui est soulignée et encouragée, ainsi qu’il en est dans le sacrement de mariage.

Il y a nombre d’années je ne souhaitais pas envisager la possibilité de l’ordination d’hommes mariés, parce que j’y voyais un argument qui serait compris comme déniant tout sens au célibat. Je mesure, comme bien des prêtres, que notre choix du célibat est souvent mal compris, voire moqué, ou encore suspecté de ne pas être respecté, dans le privé. Sans m’illusionner sur les chutes et les échecs, sans parler pour les autres, je veux dire tout le sens du célibat que je m’efforce de vivre. Même s’il existait des prêtres mariés, il conserverait pour moi son sens… Comment en effet ne pas trouver du sens à ce que l’on vit ?

Je veux d’abord affirmer que je n’ai pas choisi d’être prêtre, j’y ai été appelé. Bien entendu, le désir de l’être est né en moi, peu à peu, depuis l’enfance ; des personnes, par leur vie, leurs questions ont conforté ce désir. Cependant, à chaque étape, j’ai été appelé : à entrer au séminaire, à être institué, à être ordonné diacre, prêtre, puis évêque, et aussi appelé à des missions diverses et différentes. Rien de ceci ne s’est fait sans que j’y consente, et même que j’exprime telle attente, tel désir, mais c’est par appel que je suis prêtre. L’Eglise, à travers des hommes et des femmes, a été l’interprète, la servante de l’appel de Dieu.

Quant au célibat, c’est moi qui l’ai choisi. D’autres ont discerné et vérifié chez moi des aptitudes à être prêtre dans l’Eglise catholique au XXe et XXIe siècles, mais c’est moi-même qui ai perçu que le célibat me correspondait. Bien sûr, ce célibat est le corollaire de ma disponibilité à être prêtre, mais il doit aussi correspondre à un état humain, psychologique, me permettant de le vivre comme un chemin d’humanisation. J’ai connu plusieurs jeunes qui avaient le désir d’être prêtre, mais ils ne se voyaient pas vivre sans épouse, sans enfants. Ils auraient fait d’excellents prêtres, j’en suis certain, mais de mauvais célibataires. La règle du célibat prive ainsi l’Eglise catholique de quelques excellents prêtres, d’excellents pasteurs.

Les années de formation d’un prêtre ont aussi pour finalité de vérifier la maturité humaine d’un homme, de l’aider à envisager les conditions concrètes de la vie qui sera la sienne, dont la solitude du célibat. Un séminariste qui ne supporterait pas de rester seul, dans sa chambre, à sa table de travail, pendant de longues heures… Il y a lieu de se poser des questions. Tous n’ont pas les mêmes aptitudes à vivre sereinement la solitude ; sans de telles aptitudes, je crains qu’une vie de prêtre célibataire soit très risquée, lourde pour soi, souvent pénible pour les autres.

Il n’y a certainement pas de manière unique de vivre un célibat de prêtre, les psychologies et les cultures sont différentes. Bien entendu, cette vie fait éprouver le manque de … vie affective, de vie sexuelle, de toucher le corps de quelqu’un d’autre. Le manque d’enfants, de l’intimité intellectuelle… Pour chacun le manque revêtira un aspect différent. Pourtant, quelle vie humaine n’est pas sous le signe d’un manque ? C’est un mensonge de laisser penser qu’une personne pourrait tout vivre de ce que connaît le genre humain.
Chacun, chacune, nous manquons de quelque chose ; c’est la société de consommation qui cherche à le rendre insupportable pour proposer tout de suite d’y apporter un remède par un objet qui, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, le comblera.

Cependant, il faut apprendre à vivre avec des manques, à en souffrir certes, mais aussi à trouver des chemins de sublimation. Pour certains, ce sera la pratique d’un sport, pour d’autres d’un art. Ce sera l’esthétique, la lecture, l’écriture, etc. De fortes amitiés. Lorsque l’on ne peut partager ses émotions avec une personne de chair, d’os et d’esprit, on pourra le faire en les livrant au papier, à l’image, à des lecteurs éventuels.

Il me semble que c’est d’abord ainsi que l’on envisage une vie de célibat avant d’en trouver des motifs spirituels, religieux. Ils comptent assurément, mais s’ils ne sont pas ancrés dans le cœur de la personne, ils risquent de n’être que des justifications externes qui ne nourriront pas l’existence.
La conséquence sera de conduire à rechercher des gratifications dans le regard des autres, voire à les quémander, développant des attitudes de séduction, y compris religieuse et spirituelle, jusqu’à des emprises. La personne se comportant ainsi n’acquerra jamais de vraie liberté pour elle-même et ne permettra pas aux autres de grandir en liberté. C’est un homme qui est appelé à être prêtre, et un homme dont on aura vérifié qu’il est, à peu près, équilibré !
Vécu dans la liberté d’un choix authentiquement humain et humanisant, le célibat du prêtre (je n’oublie pas qu’il y a de multiples célibats, consacrés, d’engagements, choisis et non choisis, etc.) pourra être exprimé comme donnant sens au ministère et comme une manière de suivre le Christ.

Je suis de plus en plus persuadé que le célibat des prêtres, qui a surtout été compris et vécu comme le moyen d’une disponibilité à la mission, aussi quant au temps, ne peut et ne pourra trouver de sens, nonobstant les capacités humaines, que pour des motifs spirituels, se rapprochant alors du célibat des religieux et des consacrés. Les conditions de la vie chrétienne dans un monde sécularisé ont fait disparaître les gratifications sociales, de réputation, que recevaient les prêtres auparavant. Ceci touche d’ailleurs l’ensemble des chrétiens. Dès lors, sans une vie d’attachement à la personne du Christ, de prière, de don, le chrétien, et le prêtre, pourront se laisser habiter par des sentiments de perte de sens de leur vie.
Nous devons toujours en avoir conscience, nous vivons non de ce que nous faisons, mais du don de nous-même ; sans en avoir l’exclusivité, le célibat en est une expression.

 

Mon Père,
Je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Prière de saint Charles de Foucauld.

 

Je mesure la provocation d’un tel titre. Il peut légitimer toutes les formes d’emprise et même les dictatures : revendiquer le « service du peuple » peut tout autoriser. Les dérives de l’autorité ne peuvent cependant dénier sa nécessité. D’ailleurs, qu’a-t-on reproché aux évêques et aux supérieurs religieux dans la crise de la pédocriminalité ? Non des abus d’autorité, mais un manque d’autorité. Alors qu’ils avaient reçu cette responsabilité, ils ne l’ont pas exercée pour protéger les victimes et stopper les prédateurs, pour de multiples raisons dont parle le rapport de la CIASE. Oui, l’autorité est une nécessité et une charge que doivent exercer celles et ceux à qui elle échoit. Si elle est mauvaise lorsqu’elle développe une complaisance malsaine dans le regard porté sur soi-même comme exerçant un pouvoir sur autrui, elle est nécessaire et bénéfique lorsque, au contraire, elle met des freins et encadre les pouvoirs abusifs.

Il faut constater que depuis des décennies, par négligence, fausse bienveillance, dans l’Eglise catholique on n’a que très peu utilisé les facultés que donne son droit interne pour sanctionner, dans tous les sens de ce verbe, à la fois encourager, féliciter, mais aussi blâmer, réprimander. Il n’y a souvent que les cas où un délit ou un crime relevait de la justice civile qui ont conduit à vraiment agir. Je me suis surpris – mais est-ce le bon verbe – à reconnaître que la seule capacité d’un évêque était de ne pas ordonner tel homme dont on voyait des inaptitudes ; une fois que le prêtre est ordonné, l’évêque est impuissant. Cet argument est faux et faible ; oui, il est possible d’agir, de sanctionner, de telle sorte que cessent des désordres.
Or, pour beaucoup, la cause est entendue : tout pouvoir, toute personne qui y aspire ou l’exerce est, sinon auteur d’abus, tout au moins à la recherche de sa propre gloire ouvrant à des relations sans respect pour ceux vis-à-vis desquels s’exerce ce pouvoir.
Oui, il y a des abus de pouvoir, faut-il alors comprendre que le pouvoir serait mauvais en soi ? Ceci se renforce lorsqu’il s’agit de l’Église: le pouvoir n’est-il pas antinomique avec l’Évangile, les paroles et les attitudes de Jésus Christ lui-même ?
Oui, il y a du pouvoir dans l’Église. Peut-il en être autrement ? Un groupe humain, aussi un groupe religieux, peut-il exister, fonctionner, sans exercice d’un pouvoir ? Je ne le pense pas. Tout l’enjeu consiste à prévenir les abus.

Dans l’Église, on pourrait penser que la vertu des personnes exerçant un pouvoir serait le moyen de déjouer les dérives du pouvoir. Ceux – il s’agit en effet, à ce jour, essentiellement d’hommes – qui sont appelés à une mission d’autorité sont animés par la foi et nourris de la Bible. Leur engagement est né d’une relation vivante avec Dieu. Bien entendu qu’il faut compter sur cela, la foi, la vertu, la vigilance quant à ses propres comportements.
Ceci s’exprime par une capacité à faire retour sur soi, à développer la conscience des mouvements de pensée qui nous traversent. Autrement dit, il faut apprendre à se mettre à distance de soi-même, comme aussi à distance de ses émotions.

Je sais que ce dernier point est aujourd’hui souvent mal compris. On privilégie l’authenticité, on pense que la vérité serait dans les émotions. Bien entendu, les émotions disent une vérité de ce que l’on éprouve, mais elles ne peuvent tout dire, elles ne peuvent surtout être les seuls guides de nos décisions, de nos paroles. Se mettre à distance de ses émotions c’est les relire, les comprendre, les intégrer dans plus large qu’elles.
Ceci me semble essentiel que d’apprendre à se connaître, connaître ses émotions, ses désirs, ses répulsions, sans cela, on risque de se laisser dominer par elles, par eux. Quoi qu’il en soit, l’éducation doit aider chacun à se connaître, et ceci pour mieux agir, mieux aimer.

Sans remettre en cause tout ceci, qui caractérise une vie adulte, tout miser sur le seul rapport à soi-même, sur la vertu, voire la foi, est loin d’être suffisant.
Les sociétés démocratiques ont pour caractéristique la nécessité de contre-pouvoirs, jusqu’à celui, nécessaire, de la presse et des médias. Peut-il en être autrement dans un groupe qui entend servir le bien commun, même apporter sa contribution à une société plus juste ?
Dans l’Église catholique aussi il y a nécessité à développer des contre-pouvoirs, des évaluations de pratiques, de résultats, des marques de reconnaissance, mais aussi des alertes, par des organismes, des personnes, en interne comme en externe. Ceci existe souvent déjà, cependant, encore sous le seul mode du conseil, rarement sous forme délibérative et impérative. Agir pour que ceci se développe ne contredit pas la nature de l’Église ; à la fois ceci honore l’égale dignité de chaque baptisé et contribuera à redonner de la crédibilité à une institution qui en a tant perdu.

La synodalité, ce substantif que l’on risque d’employer tel un qualificatif pour adouber toute manière de vivre dans l’Église  catholique – d’ailleurs cette pratique a nui à d’autres mots, ainsi les anciennes républiques « démocratiques » d’Europe de l’Est, ou bien encore tout projet pastoral qualifié de « missionnaire », comme si l’Église avait besoin de se qualifier telle pour l’être – bref, tout qualifier de « synodal » énerve cette réalité, n’aide pas à en préciser le sens. Quoi qu’il en soit, mais il faut toujours s’interroger sur l’usage que nous faisons des mots, comme sur nos tics de langage, la synodalité est ce qui permet de conjuguer les divers lieux d’exercice de l’autorité : communautaire, collégial et personnel. Ces lieux ne peuvent s’ignorer les uns les autres, mais toujours jouer de concert. Leur conjonction est un test de vérification d’un exercice juste de l’autorité.

J’espère ici ne pas m’abuser ni abuser les autres en affirmant qu’une personne qui doit prendre des décisions, et un archevêque est de celles-là, trouve non seulement de la force mais aussi une meilleure reconnaissance si cette décision a été élaborée avec d’autres. Elle aura bien entendu à assumer la décision, sans se retrancher derrière d’autres ni les processus qui y ont conduits, mais elle saura qu’elle aura pris tous les moyens pour ne pas décider en solitaire.

C’est vrai, des personnes pourront refuser d’entrer dans un tel processus, ne pas vouloir participer aux instances qui en sont les moyens. On ne peut se contenter de le constater. Avant tout il faut que le processus soit réel et non factice : les personnes doivent savoir que leur voix compte, mais à parité avec d’autres voix. Peut-être est-ce là un des motifs qui voient des personnes refuser de participer à des instances de gouvernement de l’Eglise, ou à des consultations : il faut accepter d’entrer en dialogue, de nouer des compromis, de ne pas aller aussi vite qu’on l’aurait espéré. Il peut être plus satisfaisant de demeurer dans l’opposition ou l’abstention. Reconnaître que son opinion, que l’on estime « la vérité » est minoritaire, n’est pas du plus agréable.
Nous sommes à la mi-temps du chemin synodal qui se poursuivra en octobre 2023, à Rome. Cependant, la synthèse diocésaine ne saurait être oubliée ni ne pas porter fruit chez nous. Je vous invite ou à la découvrir ou à la relire. Elle offre des points d’appui pour adopter ou développer des attitudes plus justes dans la vie de nos communautés chrétiennes.

On dira que l’ensemble des catholiques, dans le diocèse comme dans le pays, n’a pas participé à la phase de consultation. Je me garderai bien de dire ce que n’ont pas dit ceux qui ne se sont pas exprimés ! Pourtant, il n’est jamais trop tard pour entrer dans un processus, pour exprimer des attentes mais aussi des engagements.
Une Eglise synodale vit le contraire d’un simple forum de débats où certains prodigueraient des conseils attendant que d’autres – lesquels ? – les mettent en œuvre. Ce que chacun souhaite ne prendra forme qu’à la mesure où il travaille, réfléchit, prie s’engage, mais jamais seul. Tel est un des sens de la synodalité, elle refuse la distinction, voire l’opposition entre les « conseilleurs » et les « décideurs ».​

 

Prends Seigneur, et reçois
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer
et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit.

 Prière de saint Ignace de Loyola.

Au terme de ces quelques pages, je m’interroge à leur sujet. Ai-je parlé de moi ? Ai-je cherché à justifier des pratiques, des habitudes ? De cette manière, cette lettre est-elle bien à votre service ? Est-elle avant tout nourrie de votre écoute ? Chacun pourra proposer sa réponse.

Je crois cependant qu’il est bénéfique à chacun de réfléchir à sa vie, à ses manières de se comporter, à ce qu’il pense aussi. Sans ceci, que l’on peut appeler introspection, relecture de sa vie, remise de soi au regard de Dieu mais aussi au regard des autres, on peinera à s’ajuster, au sens fort de ce terme, à développer des pensées, des paroles, des actions plus justes.
Un tel désir doit être permanent, pour chacun, comme pour les groupes et institutions dont nous sommes parties prenantes. Ajustement, réforme, conversion… ces appels sont conformes à la recherche d’une vie bonne et, bien entendu, ils sont le cœur de l’Evangile.

 

« Si nous avons perdu la tête, c’est pour Dieu ; si nous sommes raisonnables, c’est pour vous.
En effet, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation.
Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

2 Corinthiens 5, 13-20.

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