La Bibliothèque
Grégoire-le-Grand à Saint-Maixent l’école

Spécialisée dans la culture religieuse, propose plus de 3000 ouvrages : études de la Bible, pères de l’Eglise, théologie, documents de l’église, encycliques, spiritualité, vie des saints, dialogue interreligieux etc.…

Vous faites des recherches dans ces domaines, vous désirez nourrir votre foi, acquérir des connaissances.

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La bibliothèque vous accueille au 9 rue de la Calabre (entrée par le parking).

Permanences des bibliothécaires :

Mardi de 10h à 12h, Jeudi de 15h à18h, 2ème Samedi de chaque mois de 15h à 17h30

Et tous les matins   de 10h à 12h, accès libre par l’accueil du presbytère.

Contact : 05 49 05 67 94 – 05 49 76 29 11

Gille, Kepel.- La revanche de Dieu : chrétiens, juifs et musulmans à la reconquête du monde. Ed. du Seuil – 1991.

Cet ouvrage, quoique « ancien » – 1991, modifié et augmenté en 2003- reste d’une étonnante modernité en cette année 2015. Le regard global posé sur l’ensemble des mouvements religieux, issus des religions du Livre, nous donne une analyse du retour du religieux dans l’espace public et politique. A partir des années 70, dans les pays de l’espace méditerranéen, des luttes de pouvoir instaurent un climat de guerre sans que pour autant les mouvements « durs » s’imposent. Il ne s’agit pas, dans cet ouvrage, d’un inventaire de tous les mouvements de renouveau religieux, mais bien d’une réflexion qui les traverse dans leur ensemble, pour saisir leur particularisme et leur similitude. D’une façon générale, ils rejettent à la fois l’esprit des lumières, les germes de la laïcité, le consumérisme et la modernité de l’aggiornamento qu’ont développé les religions monothéistes dans les années 60.

Ces mouvements religieux fondamentaliste, communs aux trois religions abrahamiques, opposent, par leur dimension politique, à la société techniciste et consumériste, une posture identitaire qui doit nous interpeller. Ils dénoncent l’absence de valeurs, de projet d’ensemble, la vanité des idéologies matérialistes qui ne proposent que « l’égoïsme consumériste » ou « la gestion répressive de la pénurie ». L’exacerbation du rituel comme caractéristique d’une identité, le retour à l’observance stricte sont plutôt à comprendre comme des rites de séparation avec le reste des humains. C’est ce que l’auteur qualifie de stratégie de conquête par le bas : des modèles communautaires qui imposeraient une reconstruction du monde, une transformation d’un ordre social contraire aux principes égalitaires et universalistes de la démocratie.

Cette analyse du retour du religieux met en lumière des mouvements de réaffirmation de l’identité religieuse sur fond de crises (pauvreté, chômage, pollution…) Ils sont, pour Gilles Kepel, « le témoignage d’un malaise social profond ». Les connaître nous permet de mieux appréhender les excès violents que les désarrois provoquent.

Gilles, Kepel – chercheur au CNRS. Professeur à Sciences Po, spécialiste de l’Islam et du monde arabe.