Solennité de la Toussaint

La Solennité de la Toussaint

La Solennité de la Toussaint est l’occasion pour chacun de nous de prier les saints pour leur demander d’intercéder pour nous auprès de Dieu. Toute la vie du saint est centrée sur l’amour, la charité qui nous vient de Dieu. C’est en Dieu qu’est la source de vie de chaque saint. Rien en dehors de Dieu ne pourrait constituer le centre de la vie du disciple du Seigneur. De ce fait, la sainteté est un don de Dieu : je deviens un saint parce que je reçois de Dieu son amour qui me sanctifie. Trop souvent, nous pensons que nous n’arriverons jamais à devenir des saints car c’est trop dur, compliqué et exigeant. Nous avons souvent cette image réductrice en tête que le saint est celui qui passe sa vie entière en prière à genou dans une église, qu’il a une vie très éloignée de la nôtre, comme si cela était incompatible avec la vie ordinaire de chacun. Non, la vie d’un saint n’est pas seulement une vie de prière car on peut prier et ne pas devenir un saint, comme on peut faire des choses pour Dieu et ne pas devenir un saint. Alors, allez-vous me dire, c’est quoi un saint si prier n’en est pas la caractéristique ? Ce qui caractérise un saint, c’est qu’il accueille la volonté de Dieu en lui, c’est qu’il cherche à faire la volonté de Dieu, qu’il laisse vivre Dieu en lui. Saint Paul avait parfaitement résumé cela dans l’épître aux Galates : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Gal 2,20.

Cela change tout, car le saint ne fait pas que des prières, des choses pour Dieu comme s’il était celui qui « construisait sa sainteté » selon sa propre vision des choses ; comme si Dieu devait couronner les mérites de l’homme. C’est comme si je disais au Seigneur : J’ai fait ceci, par exemple beaucoup prié ou j’ai fait cela, donc je mérite d’être un saint, ou encore : Tu vois, je suis un saint parce que j’ai fait ceci ou cela. Non, la sainteté, c’est Dieu qui en est la cause et nullement nous-mêmes, nos mérites ou ce que nous pouvons faire. Ce n’est donc pas une question de faire, mais bien une attitude d’accueil de la grâce de Dieu qui passe nécessairement par l’accueil de sa volonté. Alors, surgit la question : C’est quoi accueillir la volonté de Dieu ? Faire son devoir d’état par amour de Dieu, vivre les joies comme les épreuves de la vie que nous pouvons subir en les offrant à Dieu dans notre prière, en les unissant à sa croix, qui révèle au monde l’amour de Dieu dont nous sommes aimés. Autrement dit, vivre tout ce que nous devons accomplir et tout ce que nous subissons en l’unissant à l’amour du Christ qui s’est offert pour nous sur la Croix. Il donne en conséquence la grâce de chaque instant de notre vie, comme un enfant qui attend tout de ses parents, sûr qu’il ne sera pas abandonné d’eux.

La vie du saint n’est donc pas une vie vécue à côté de Dieu, mais une vie ordinaire, tout ce qu’il y a de plus ordinaire, vécue dans l’amour de Dieu et soutenue par l’intercession du Cœur Immaculé de Marie, laquelle a dit à Lucie à Fatima, le 13 Juin 1917, cette parole d’espérance : « Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Abbé Thierry Delumeau

Toussaint 2018