Restauration des peintures dans l’église Saint-Laurent de Parthenay

   Les travaux de restauration des peintures de l’église Saint-Laurent ont débuté en décembre 2017. Des tests de nettoyage des murs ont tout d’abord été réalisés dans le chœur et les deux chapelles afin de déterminer les produits à utiliser. Puis les travaux ont pu commencer et se poursuivre dans la durée.

   Très rapidement sont apparues la signature du peintre : LEROUX, et la date de réalisation des peintures : 1858, sur le mur sud du chœur. Adolphe Leroux est né le 13 mai 1820 à Parthenay. Il résidait Bd Sébastopol, dénommé Bd Anatole France à partir de 1925. Deux initiales : ED, apparaissent également à la voûte du chœur, surmontées d’une date 1871.

   En de nombreux endroits, l’enduit recouvrant les murs, décollé, est tombé, laissant apparaître des peintures plus anciennes comme en témoignent certaines photos. Partout où l’enduit adhérait bien au mur, la restauration des peintures a été réalisée à l’aide de compresses imprégnées de solvant. Le procédé, long et minutieux, se montre très efficace à en juger par le résultat obtenu. Ce nettoyage de surface a également permis de mettre en évidence une première esquisse de frise jugée probablement trop petite.

   Sur le mur sud du chœur, le tableau (toile marouflée) de GRELLET, daté de 1874, représentant la conversion de Guillaume X, Duc d’Aquitaine, par saint Bernard, était en grande partie détaché de son support. D’où la nécessité de le ré-encoller. Pour le plaquer contre le mur, un système de contraintes a été mis en place.

   A la suite d’infiltrations d’eau provenant de la couverture de l’église, les peintures murales étaient parfois très dégradées, et l’enduit soufflé. Qui pourra imaginer, quant l’église sera à nouveau ouverte au public, l’état dans lequel étaient les murs. Il a fallu dégraisser les parties instables, reconstituer à l’identique l’architecture murale puis peindre les décors.

Quel travail minutieux, nécessitant beaucoup de patience, que la pose des feuilles d’or de 1/10ème de micron (10.000 feuilles superposées pour obtenir l’épaisseur de 1 mm). La partie à dorer est d’abord recouverte d’un vernis. La feuille d’or est alors apposée à l’aide d’un large « pinceau souple». Pour terminer, l’aspect fripé est supprimé, les parties non encollées supprimées à l’aide d’un « pinceau dur ».

Les murs de la chapelle du Saint Sacrement ont également fait l’objet d’un sérieux nettoyage, redonnant au bleu une teinte plus lumineuse.

Les infiltrations d’eau dans les murs de la chapelle sainte Radegonde étaient telles que des racines de lierre s’étaient insinuées entre le mur et l’enduit qui, de ce fait, était pour ainsi dire totalement soufflé. Il a fallu le dégraisser en presque totalité.

   Le retrait des stalles du chœur a permis de mettre à jour une petite niche peinte qui sera bientôt restaurée.

   Deux photos montrent ce que les paroissiens et les visiteurs pourront admirer grâce au travail d’une équipe de maçons et de peintres restaurateurs qui sont de véritables artistes travaillant parfois dans des conditions difficiles. Il nous faut, ici, les saluer. Un grand merci à eux.

Texte et photos : Michel Bonnessée

Restauration des peintures dans l'église Saint-Laurent de Parthenay