Veillée d’Evangile avec Notre-Dame de l’Agenouillée

      Samedi 8 septembre 2018, la paroisse Saint-Jacques-en-Gâtine était invitée à célébrer la Nativité de Notre-Dame au sanctuaire Notre-Dame de l’Agenouillée, à Azay sur Thouet. Dans l’église, 4 vitraux du peintre-verrier Georges Merklen nous rappellent le mystère de l’apparition de la Vierge Marie à Madame Darrot.

Isabelle Parmentier, théologienne diocésaine, s’appuyant sur les 4 vitraux, nous fait revivre ce mystère à travers un dialogue entre un papy et son petit fils

PROLOGUE

Papy, je suis content. J’aime venir dans cette église, elle est belle ! Je voudrais te poser une question : est-ce que Notre-Dame de l’Agenouillée, elle existe dans l’Évangile ?

Bien sûr qu’elle existe ! Notre-Dame est partout dans l’Évangile, à toutes les pages ! Elle nous donne son Fils !

Je sais que là où est Jésus, il y a Marie. Et que là où il y a Marie, il y a aussi Jésus. Mais l’histoire de la dame pauvre et de Louise Darrot, la châtelaine de la Poupelinière, est-ce qu’elle est vraiment dans l’Évangile ?

D’une certaine manière, oui, tu peux penser qu’elle y est.

Louise Darrot et la dame pauvre sont dans le cœur de Dieu, alors !

Oui, et dans le cœur de Jésus. C’est pour ça qu’elles font partie de l’Évangile.

Cette histoire, c’est mon histoire, à moi alors ! Waouh ! Je l’aime encore plus. S’il te plaît, Papy, raconte moi l’Évangile de Louise Darrot et aussi l’Évangile de la dame pauvre-qui-est-en-moi. S’il te plaît Papy !

PREMIER VITRAIL

En ce temps-là, en l’an 1550, chaudement vêtue, le missel à la main, Dame Louise Darrot se hâte vers l’église d’Azay-sur-Thouet. C’est dimanche et les cloches sonnent à toute volée pour appeler à la messe. En ce 8 novembre, fête de la nativité de Marie, le cœur de Louise est brûlant de désir de retrouver la communauté qui s’apprête à célébrer son Seigneur et la mère de son Seigneur.
Soudain, au détour du chemin, surgit une pauvresse. Tremblante de froid, la tête enfouie dans un voile, elle est agenouillée dans la neige, et elle tend la main vers Dame Louise.

Eh bien, tu vois, Madame Darrot a fait comme le bon samaritain. Elle s’est arrêtée devant la femme qui grelottait au bord du chemin. Elle l’a vue et fut saisie de pitié. Elle s’est approchée, elle l’a saisie par la main et doucement, elle l’a emmenée dans son château.

DEUXIÈME VITRAIL

Regarde Papy ! Maintenant, dame riche et dame pauvre sont ensemble, bien au chaud dans le château. Ouf ! Il fallait vite mettre la dame pauvre au chaud, elle avait si froid.

Une fois au château, Louise Darrot installe la femme dans un fauteuil, à table. Elle se met même à la servir. A table, Louise Darrot apporte à la pauvresse affamée, du pain et du vin. Ce qu’il y a dans la coupe et dans la cruche, personne ne le sait exactement.

Dans le plat, moi, je vois un gâteau d’amour !

Dame Louise fait salon avec sa nouvelle amie. En face d’elle, elle ne voit plus une femme pauvre, mais une sœur. A égalité.

TROISIÈME VITRAIL

Papy, Dame riche est toute seule. Où est passée son amie ? Je ne la vois pas.

Dame pauvre ! Dame pauvre ! Où êtes-vous ? Vous n’avez pas vu Dame pauvre ?

Laisse-la, ne la retiens pas. Elle n’est plus pauvre, d’ailleurs. Elle qui avait faim de pain, elle est rassasiée d’amitié. Elle avait soif de vivre, elle a été abreuvée de joie. Elle était couverte de haillons, elle a été revêtue de dignité. Elle n’avait pas de nom, désormais elle s’appelle « mon amie ».

Papy, Papy, viens voir ! Dame Louise est tombée par terre, dans la neige. Peut-être qu’elle s’est fait mal…

Rassure-toi, mon enfant, la dame ne s’est pas fait mal. Elle s’est mise à genoux parce qu’elle vient d’entendre les cloches de l’église sonner l’élévation et qu’elle …

… elle est triste parce qu’elle comprend qu’elle a manqué la messe ?

Regarde ses mains jointes et sa tête courbée. Elle est triste, mais elle ne regrette rien, elle n’a pas fait exprès d’être en retard, elle n’a pas honte d’avoir servi sa nouvelle amie en premier. D’ailleurs, elle demande à la Sainte Vierge de raconter son histoire à Jésus. Elle est sûre que la Sainte Vierge la comprend.

Évidemment ! Marie aurait fait pareil. Mais Papy, Papy, il se passe autre chose ! Y’a plein de lumière ! Tu as vu ?

Oui, c’est la Vierge qui vient. Regarde bien, elle arrive, elle est là. Elle porte l’Enfant Jésus sur son bras. Et elle élève sa main droite pour la bénir.

QUATRIÈME VITRAIL

Bien qu’elle se trouve loin de l’église, Madame Darrot se retrouve soudainement transportée au milieu de la communauté, mystérieusement unie aux fidèles qui sont à la messe, et elle voit le prêtre tout près d’elle, élever l’hostie consacrée.

En mémoire de Jésus et sur la parole de Marie, Madame Darrot a fait la Volonté de Dieu ! En donnant à manger à cette femme, elle a servi le Christ en personne. En retour, Jésus, par Marie, la convie à sa table pour se donner à elle.

ÉPILOGUE

Elle est finie ton histoire, Papy ?

Non, elle commence au contraire ! A nous, à toi de continuer à faire vivre le message de Notre-Dame de l’agenouillée.

Et toi, le râleur, sois rassuré, et ne déchire jamais la communauté : à l’Eucharistie, jésus nous donne en même temps sa vie dans le Pain, et sa charité en nous lavant les pieds.

Dialogue d’Isabelle Parmentier – Photos de Michel Bonnessée

Veillée d'Evangile avec Notre-Dame de l'Agenouillée