Fiche III – Conduire une assemblée de prière : des repères techniques

Fiche III – Conduire une assemblée de prière : des repères techniques
III.1. Les questions d’espace
III.2. Les questions de rôle, de place

Les lectures
La musique et les chants
Un temps pour l’offrande
La relecture de la célébration en équipe

III.3. La question des couleurs liturgiques
III.4. Les questions de temps

III.1. Les questions d’espace

L’organisation de l’espace se choisira en fonction du type de célébration, du nombre de participants et du lieu dans lequel on célèbre. Voici quelques exemples d’aménagement :

 Assemblee-priere-p8

Dans toutes les gravures, l’ambon est fleuri, ceci souligne la place et l’importance du lieu de la Parole. L’ambon ne se déplace pas, il dit ainsi la solidité de la Parole de Dieu qu’il porte. En revanche, rien n’empêche que dans une assemblée de prière un pupitre de la Parole soit mis en valeur dans la nef, dans une chapelle latérale, et même dans une salle de réunion.
Dans une occasion particulière, on peut se regrouper autour de la croix, du baptistère, d’une icône, d’une peinture ou d’un autre objet. Au temps de Noël, on peut se regrouper autour de la crèche ; au temps pascal, devant le jardin de Pâque.
Le plus souvent, plutôt que d’apporter un objet de l’extérieur, nos églises disposent de pièces de patrimoine qui peuvent être alors mises à l’honneur.

La question de l’espace et de la manière de se placer dans l’espace, de l’habiter, conduisent à poser la question des rôles tenus par les divers acteurs de la célébration.

III.2. Les questions de rôle, de place

C’est en équipe que se prépare et se vit l’animation de l’assemblée de prière. Dans cette équipe, même réduite, chacun a un rôle.
L’équipe aura soin de faire appel aux fidèles présents pour une lecture, un déplacement…

Dans la mesure du possible, il est mieux qu’une ou deux personnes conduisent la prière. A deux, cela permet de s’épauler dans cette charge, de se mettre en route aussi. Il est difficile de démarrer ce service de la prière seul, la conduite à deux est un bon moyen pour démarrer ou aider à démarrer. De plus, cela sort de l’image de présidence de l’assemblée par le prêtre, nous ne sommes pas dans le même cas de figure. Le fait d’être à deux donne à voir sans besoin d’expliquer. Cependant, c’est le même qui se chargera d’inviter l’assemblée à faire le signe de croix (au début et à la fin de la célébration), et d’introduire la prière du Notre Père.

Des assemblées de prière comptent une dizaine de personnes en certains lieux et environ deux cents en d’autres lieux du diocèse. La manière de s’y positionner sera forcément différente. C’est en fonction de la réalité que les membres de l’équipe de préparation prendront leur « juste place ».

Dans une messe, le prêtre – signe du Christ pasteur de son peuple – préside. C’est pourquoi il occupe le siège de présidence. Lors d’une assemblée de prière, celui-ci demeure vide.

Au début de la célébration, une des personnes de l’équipe assure le mot d’accueil en se situant face à l’assemblée ; elle peut en profiter pour inviter les personnes présentes à vivre un geste d’accueil qui marque le début de la célébration.
Celui qui conduit la prière pourra se tourner vers la croix pour introduire le signe de croix et aider les fidèles à faire assemblée et entrer en prière. Le sens conduit le geste.
Lorsqu’à la fin de la célébration, il dit une bénédiction, il n’étendra pas les mains vers l’assemblée, il dira cette bénédiction en « nous ». Par exemple « Que le Seigneur nous bénisse et nous garde dans son amour par le Christ notre Seigneur qui vis et règne avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

Les deux personnes qui conduisent la prière peuvent se placer au premier rang de l’assemblée ou à proximité du micro duquel elles auront à intervenir. Elles peuvent aussi être dans un semi vis-à-vis par rapport à l’assemblée mais plutôt dans le même sens, lorsqu’elles n’interviennent pas. S’asseoir dans le chœur peut d’une part prêter à confusion et d’autre part amener beaucoup de distance avec l’assemblée. Mais là aussi tout dépend des lieux, de la nature des micros (sans fil, ou attachés à un pupitre).

Et s’il y a un diacre ?
Par son ministère ordonné, il se doit de présider – pas en son nom propre mais au nom du ministère reçu – l’assemblée de prière.
S’il le fait à toutes les assemblées de prière, cela pourrait entrainer une confusion dans les rôles entre prêtre et diacre.
S’il reste dans l’assemblée, il n’est pas à sa place de ministre ordonné.
Si le diacre ne préside jamais l’assemblée de prière alors qu’il célèbre baptêmes, mariages et obsèques, la logique fait défaut et il manque une dimension à son ministère.
C’est pourquoi on verra dans les communautés comment faire tout en veillant à ce que d’autres puissent vivre la conduite de l’assemblée.

  • Les lectures

Toutes les lectures de la Parole de Dieu se font de l’ambon ou bien, lorsque l’on se trouve dans une chapelle latérale voire une salle, d’un pupitre réservé à cet usage. S’il y a des servants d’autel, ils ne revêtent pas l’aube mais peuvent venir autour de la Parole de Dieu avec des cierges allumés par exemple. On peut leur confier un rôle qui aide à voir la primauté de cette Parole dans la célébration vécue.
On veillera à trouver une belle place au lectionnaire. Que les communautés qui célèbrent veillent à ce que le livre de la Parole soit honoré. Les fleurs au pied de l’ambon, la lumière près de l’ambon peuvent souligner cette place donnée à la Parole de Dieu dans la célébration.

De plus, pour dire l’importance de la Parole de Dieu mais différencier de ce qui se vit lors de l’eucharistie, le temps qui suit l’écoute de la Parole et permet de se l’approprier (introduction pour un partage, une méditation, commentaire de la Parole) sera fait d’un autre lieu que l’ambon : soit face à l’assemblée pour présenter la manière de vivre le partage, soit de sa place pour un temps de méditation, soit du pupitre de l’animateur pour faire un court commentaire de la Parole. Tout cela dépend aussi de la taille de l’assemblée, de la possibilité offerte par le micro, et du choix de l’équipe qui a préparé. (cf. fiche V)

  • La musique et les chants

La musique fait partie de la célébration. S’il n’y a pas de musicien, il est toujours possible de passer un CD pour aider à la prière. S’il y a un animateur de chants, il pourra entonner les chants. La manière de se placer dépendra du nombre de personnes et de la disposition des lieux. Il peut entonner les chants de sa place s’ils sont connus et qu’il y a peu de monde ou alors il les animera de sa place ou encore en se mettant au pupitre de l’animateur. Là encore, à chacun de trouver sa juste place dans la célébration.

  • Un temps pour l’offrande

Si l’assemblée de prière est un temps de communion, de partage, un signe du partage matériel doit y être vécu. D’ailleurs, il y a aussi des frais pour la communauté, ne serait-ce que le chauffage en hiver, les fleurs… Et c’est aussi la participation de cette assemblée à l’ensemble de la vie paroissiale dans ses divers engagements, dont celui de la charité.
Chaque équipe de préparation verra le moment opportun pour cette offrande matérielle quel que soit le déroulement choisi.

  • La relecture de la célébration en équipe est un lieu opportun pour s’interroger sur la manière d’être et de se placer. (cf. fiche VIII)

III.3. La question des couleurs liturgiques

Dans une messe, le prêtre porte l’étole et la chasuble, la couleur liturgique est visible sur le célébrant lui-même. Dans une assemblée de prière, une des questions est de savoir comment rendre visible la couleur liturgique du temps où l’on célèbre, comment l’exprimer dans l’espace.
L’ambon pourra ainsi être habillé par un tissu rappelant la couleur du temps liturgique. Ce peut être aussi la croix qui est drapée de telle ou telle couleur. L’équipe de préparation pourra se demander comment signifier visuellement le temps liturgique dans lequel nous sommes.

III.4. Les questions de temps

Combien de temps doit durer une assemblée de prière ?
Les pratiques sont diverses. Mais l’important est de prendre le temps de laisser dérouler l’action liturgique tranquillement, et pour cela, de veiller à l’équilibre entre les différents moments de la célébration, entre l’écoute, le silence, les chants, les gestes ou déplacements.

Le temps du silence est essentiel en liturgie, il fait partie de l’acte liturgique. C’est pourquoi il sera nécessaire de se donner les moyens de faire silence sachant que les temps de silence sont appréciés par les fidèles et difficiles pour le groupe qui anime.

Sommaire