Promulgation des Actes du Synode

La célébration en vidéo (Extraits)

Vidéos : Emmanuel Soulard

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Ouverture et promulgation

Homélie

Prière et envoi

Par Christian Genre, pôle communication.

« Nous partîmes sept cents, mais par un prompt renfort Nous nous vîmes deux mille en arrivant au port… » (Le Cid, Corneille, légèrement revisité)

marcheurs synode

Certes, le nombre ne fait pas tout, mais pourquoi taire la joie de voir tant de fidèles rassemblés autour de leur évêque, pour célébrer le Christ.

Une célébration, belle, apaisée et joyeuse !

Ce sont les mots qui s’échangent depuis hier soir sur les réseaux sociaux, une célébration retransmise en direct via la Web TV du diocèse et RCF Poitou.

Belle, une décoration florale magnifique, les grands murs des latéraux égayés par dix grandes banderoles reprenant les mots du synode, une chorale nombreuse et enthousiasmante qui rassemblait la maîtrise de la cathédrale, des membres du Chœur diocésain, la chorale Reine des Cœurs et bien d’autres chanteuses et chanteurs qui avaient consacré une journée à répéter. Cette chorale était soutenue par de nombreux jeunes et talentueux musiciens sans oublier Olivier Houette qui nous a gratifié de fort belles improvisations à divers moments de la liturgie.

Apaisée, oui, pas de stress, tout s’enchaîne bien, tranquillement, fruit d’un énorme travail de préparation piloté par le secrétariat du synode qui a réuni autour de lui une équipe de choc et a su nouer d’heureuse collaborations avec les services municipaux, Vitalis etc car organiser et sécuriser sept marches empruntant chemins et routes et un rassemblement de 2000 personnes suppose une logistique parfaite.

Joyeuse ! Les images transmises sur les grands écrans et via la Web TV nous ont montré des visages joyeux, souriants, à l’image de ceux projetés avant la célébration, photos prises lors des deux assemblées synodales de février et mai. La joie perçue par toutes celles et ceux qui ont eu le bonheur de les vivre, cette joie a rayonné dans la cathédrale, au point d’ailleurs de la réchauffer, il est vrai que les marcheurs avaient accumulé la douce température de ce véritable « été de la saint Martin ».

En avant pour deux heures de célébration, deux heures passées si vite !

A peine la dernière marche arrivée à 15h25, les gilets jaunes de sécurité encore sur le dos apportant de la couleur dans la cathédrale, la célébration pouvait commencer, à l’heure.

Après avoir demandé le silence par un « long chut » amplifié par la sonorisation, Mgr Wintzer, installé à l’entrée de la cathédrale, a insisté dans son mot d’accueil sur le fait que justement un synode c’est donner la parole ! Cette parole a été prise largement car donnée non seulement aux acteurs de l’Eglise mais aussi à toutes les femmes et hommes rencontrées pendant près de deux années.

Ensuite, le rite pénitentiel de l’aspersion a été célébré par les évêques de la province ecclésiastique de Poitiers, Mgr Colomb, Mgr Gosselin, Mgr Bozo, Mgr Bestion n’ayant pu se libérer était représenté par le Père Risso, Vicaire-général. Etaient aussi présents Mgr Rouet, ancien archevêque de Poitiers et Mgr Favreau ancien évêque de Nanterre, le Père Beetwy Abbé de St Martin de Ligugé. Le reliquaire de l’abbaye Sainte Croix; porté par Mgr Rouet, fut déposé sur l’autel, rejoignant ainsi ceux de Saint Martin et Saint Hilaire déjà déposés de part et d’autre, Saint Martin fêté en ce jour et Saint Hilaire le saint patron du diocèse.

Comme le veut le droit de l’Eglise, c’est le chancelier, le Père Jean-Pierre Jammet qui a fait lecture du décret promulguant les actes du synode puis lui-même et Mgr Wintzer ont signé le document, paraphé du sceau de notre archevêque, le Gloire à Dieu chanté à toute voix et les cloches sonnant à la volée concluant le premier temps.

Les lectures qui étaient celles de la fête de Saint Martin, ont été faites par Arnaud Brillaud, membre du secrétariat du synode et Audrey Whady, relais synodal et le psaume chanté par la chorale et l’assemblée, puis l’Evangile a été proclamé par Jean Dubois, diacre, délégué diocésain au diaconat.

Homélie de Mgr Wintzer : « Oui, ce qui compte c’est le chemin, et ce qui compte c’est de l’effectuer ensemble. »

Dans son homélie, Mgr Wintzer a insisté sur la notion de déplacement, déplacement géographique, et sur ce plan Martin et Hilaire en sont de bons exemples, mais aussi et surtout, « déplacements spirituels, déplacements dans les manières de voir les gens et les choses, pour les mieux comprendre. »

« Vous la savez, lorsque l’on part en pèlerinage, ce qui est le plus important, ce n’est par le terme, mais c’est la route. De même pour un synode, c’est le chemin parcouru qui est essentiel ; ces chemins que beaucoup ont accomplis ce matin sur les diverses routes, les chemins des multiples rencontres vécues depuis janvier 2017, avec nos deux assemblées de février et de mai dernier ; tous ces chemins, ils sont l’essentiel, ils sont plus importants que ce moment qui nous rassemble ici, à la cathédrale. »

« Oui, ce qui compte c’est le chemin, et ce qui compte c’est de l’effectuer ensemble. »

« Je souhaite que le synode vécu et célébré, le troisième en peu d’années pour notre diocèse, entretienne la conviction, mais aussi le goût de découvrir qu’ensemble on va plus loin. »

En soulignant qu’il n’avait pas écrit une ligne du texte qu’il venait de signer, les actes sont ceux du synode et pas ceux de l’archevêque, il a insisté sur la dimension synodale de notre Eglise diocésaine, un point qui avait fortement marqué le Père Théobald, théologien, qui nous a accompagné pendant nos assemblées synodales et était présent en ce 11 novembre.

« Vous savez combien le pape François insiste pour que nous soyons une Eglise synodale, une Eglise de l’égale dignité de chacun.

Tout l’opposé du cléricalisme, ce système où certains estiment qu’ils sont seuls détenteurs du vrai et du juste. »

Oui mais cette synodalité est source d’exigences :

« Dans une Eglise synodale, la responsabilité revient à chacun, vous qui êtes ici, mais aussi tous les diocésains. A vous de vous saisir du synode, non pas comme un fardeau mais comme un outil aidant à agir avec moins de dispersion. »

Face au risque d’un individualisme croissant, la synodalité peut être un chemin : « S’il n’y a pas de synodalité, s’il n’y a pas de discernement et de choix, oui nous allons vers un éclatement encore plus grand au risque qu’il n’y ait plus de communautés, de paroisses, de diocèses, mais des chapelles. »

ci-joint le texte complet de l’homélie de Mgr Wintzer:

Promulgation du synode diocésain – 11 novembre 2018-3

Ces actes synodaux en retenant quelques  visées sont un outil pour discerner, « pour refuser de tout faire, au risque de ne rien faire ». D’où une méthode pour avancer, chaque année deux visées seront prioritaires et une équipe va être envoyée pour accompagner la mise en œuvre de ces orientations, non pas pour faire à la place mais pour aider à faire.

La première année, ce sont les deux visées ayant obtenu le plus de suffrages qui sont proposées :

  • Inventer le visage d’une Eglise en sortie, ou pour le traduire en français comme l’a souligné avec humour Mgr Wintzer c’est aller à la rencontre des femmes et des hommes qui sont autour de nous.
  • Répondre aux soifs spirituelles de nos contemporains.

Ce sont les visées pour tout notre diocèse, chaque paroisse, mouvement service, aura à les décliner en fonction des réalités rencontrées.

Et Mgr Wintzer, tout en reconnaissant que notre diocèse ne se veut ni en avance, ni un modèle, de conclure : « par son choix de la synodalité, je le redis un choix qui est un refus du pouvoir de quelques-uns, il peut être, à sa mesure, et dans la modestie, un signe pour la vie de la société. »

« Vous savez que beaucoup, de plus en plus, sentent, ou même savent qu’ils n’ont plus de place, que personne ne les écoute, soit qu’ils sont pauvres, étrangers, ne comptant pas vraiment.

Ce sont des hommes et des femmes sans… sans droits, sans diplômes, sans papiers ; ou simplement n’habitant pas les métropoles ou n’étant pas les premiers de cordée. »

Qu’il n’en soit pas ainsi dans notre Eglise.

Que personne ne puisse se dire qu’il ne compte pas, qu’il n’a pas à parler parce qu’il ne sera pas écouté.

Faut-il de nouveaux scandales pour que l’Eglise se rendre compte qu’elle n’a pas pris en compte la parole des petits ?

Empruntons le chemin de modestie du Seigneur lui-même, son chemin d’écoute, de parole toute simple, de remise en cause aussi.

Ce chemin il est celui du temps donné gratuitement, non pas parce que l’on va en tirer quelque profit, voire faire de nouveaux adeptes, mais parce que la vie tout simplement, parce la vie de chacun nous intéresse. »

Après la profession de foi baptismale, 2000 fidèles répondant d’un même cœur, c’est impressionnant et émouvant, des membres du secrétariat du synode ont présenté à Dieu nos intentions de prière.

Après que le Père Genty, curé de la cathédrale, a sollicité la générosité de l’assemblée pour couvrir  les frais  d’organisation de la journée, la procession des offrandes a été accompagnée par le chant « A tes pieds ô divin roi », un chant tonique qui a donné envie à toutes et tous de bouger voire d’esquisser un pas de danse. Cette tonicité s’est poursuivie dans un Hosanna éclatant !

En contraste, c’est dans un profond silence, simplement interrompu par  les épiclèses et l’anamnèse, qu’ont été consacrés le pain et le vin, fruit de la terre, fruit de la vigne et du travail des hommes par Mgr Wintzer, ses frères évêques et les très nombreux prêtres rassemblés autour de l’autel.

La prière du Notre Père a ensuite parcouru comme une vague l’assemblée, une vague renouvelée avec le geste de paix qui s’est répandu lentement et longuement à la demande du diacre. Une paix qui nous rappelle aussi que nous sommes le 11 novembre.

Les célébrants et les fidèles vont ensuite communier aux huit calices et vingt-cinq coupes contenant 2160 hosties, une procession de communion conduite par les relais synodaux des différentes paroisses du diocèse.

Après la communion, en alternance avec le chant « Fiez-vous en lui » est lue la longue prière pour la paix écrite par Mgr Joseph Rozier l’initiateur de la démarche synodale qui fait vivre notre diocèse depuis près de trente ans.

Le Père Julien Dupont, vicaire épiscopal en charge de la réception du synode remercie l’ensemble des personnes mobilisées pour organiser cette magnifique journée.

A son tour, Mgr Wintzer  remercie le secrétariat du synode et leur remet les actes du synode, puis appelle et présente l’équipe de réception du synode avant que ne soit remis à chacune des personnes présentes un exemplaire des actes dans une joyeuse confusion à peine interrompue par la bénédiction finale et l’envoi, un envoi attendu car les bus étaient déjà là pour acheminer celles et ceux qui devaient retourner au lieu de départ des marches ou rejoindre les parcobus.

 

 

La promulgation en images

Promulgation des Actes du Synode