Contact : 

Catherine Maronne
06 32 43 45 21

PÔLE CHARITÉ, FAMILLE ET SOCIÉTÉ

Voir

L’Aumônerie psychiatrique

Dans l’hôpital Henri Laborit à Poitiers, une chapelle, petit bâtiment identifié par une croix qui se dresse sur le toit. La chapelle, c’est le lieu du service d’aumônerie que nous
assurons au sein de l’hôpital psychiatrique, Marie-Thé Nicolas et moi-même, Catherine Maronne. Pratiquer l’hospitalité, c’est sans doute la posture première et fondamentale chez l’aumônier. Accueillir par sa simple présence, dans une proximité bienveillante, les personnes en souffrance psychique, telles qu’elles sont et là où elles en sont. C’est le sens de notre service d’aumônerie.
Les personnes hospitalisées dans les différents pavillons de l’hôpital, qui ont la possibilité de circuler dans le parc, peuvent arriver jusqu’à la chapelle. Notre présence en début d’après-midi ouvre un “espace autre” où l’on vient chercher un peu de réconfort. C’est l’occasion de se poser, de faire connaissance. Il est important pour nous d’aller ensuite dans les pavillons à la rencontre des personnes, en maintenant un contact dans la fidélité. Le lien avec le personnel assure la crédibilité de notre service.

Paroles de ceux qui sont visités à l’hôpital

Dany : “La messe ça m’apaise ; si je suis chez moi j’y vais pas. La permanence, ça permet de discuter. Vous êtes attentives. Je sais que vous allez venir me voir. J’aime vous donner de mes nouvelles, n’ayant pas de visites. Je m’aperçois que la vie est précieuse, après toutes mes tentatives de suicide. J’ai le bon Dieu avec moi !”.

Olivier : “En cheminant avec vous je me remets dans les pas de Jésus, ce qui me fait Revivre. Par votre présence vous nous y aidez, vous êtes d’un grand réconfort moral et spirituel”.

Estelle : “Lorsque Cathy vient dans l’unité, c’est comme un souffle rempli de sagesse. Quand elle me quitte, je suis un peu triste mais remplie d’espérance. La vie peut être un chemin avec des obstacles certes, mais je regarde vers la lumière de la foi, et cela m’aide beaucoup”.

Dominique : “Un bâtiment tout petit niché dans les arbres, une petite croix sur le toit. Accueillant, on peut y venir se reposer, parler, ou juste être là, pour y redécouvrir un peu la paix”.

Ghislaine : “A l’hôpital je ressens une reconnaissance de ma maladie, un endroit où me poser, une écoute, une considération et des explications sur mes troubles psychiques. C’est pour moi un filet, toujours là, permettant de rebondir si besoin, ou m’évitant une rechute. Ma maladie, mon handicap, je l’accepte, je ne le cache pas. La psychiatrie en 2014 a beaucoup évolué ainsi que la recherche scientifique. A présent les soins s’ouvrent à de multiples possibles, psycho-éducation, activités (théâtre, chant, création d’un journal, méditation pleine conscience…), des hospitalisations séquentielles, des suivis en hôpital de jour. Tout concourt à être acteur de sa guérison. Les difficultés sont surtout dans le domaine socio-psychologique. Comment s’insérer dans la société si celle-ci laisse trop peu de place à nos différences ? Le handicap psychique ou physique dérange encore. Heureusement nos sensibilités, nos fortes émotions peuvent aussi être au service d’une créativité. Ne vous isolez pas ! Malgré nos différences, nous faisons tous partie de l’humanité !”.

Paroles de deux soignants

PM, soignant depuis 25 ans : “Les accompagnements individuels se font sous forme d’entretiens, à la demande des patients. Ils concernent des préoccupations religieuses, familiales, affectives, morales, santé. Il y a souvent rencontre, l’angoisse de l’avenir, parfois du délire mystique, mais aussi des demandes de pardon et de prière. Ces entretiens permettent d’accompagner des patients en courts séjours, mais aussi dans la durée en raison des maladies chroniques ou à rechutes. Certains patients confient des “choses” qu’ils disent ne pouvoir confier ailleurs. L’aumônerie doit rester un lieu ou un espace de parole “sanctuarisé”. Les visites dans les services, et aussi pour ceux qui ne peuvent pas sortir, sont discrètes, dans le respect du travail des soignants et les droits du patient. Les liens avec le personnel sont généralement informels et occasionnels. Ce qui permet des échanges profonds, respectueux de la mission de chacun”.

VG cadre de santé : “Je vois régulièrement sur le secteur 3, deux personnes charmantes de l’aumônerie, discrètes mais présentes pour les patients qui souhaitent les rencontrer. Le service de l’aumônerie est bien repéré par les usagers. C’est un temps qui leur appartient”.

Paroles des prêtres

Laurent Laflèche : “Célébrer la messe au cœur de l’hôpital me porte dans mon chemin de foi. Les malades qui “font Église” sont tous différents dans leurs comportements et leurs désirs. Les questions fusent, directes, et leurs souffrances sont à nu. Il y a là une vraie communauté où chacun trouve suffisamment pour vouloir revenir. Faire alterner trois prêtres, deux aumôniers, dans ce monde qui se sent coupé de la “vie réelle”.

André Sentier : “Je suis content d’aller célébrer à l’hôpital. A la messe, j’essaie de me mettre à leur portée. Je médite les textes et m’en imprègne autrement que si j’étais en paroisse. Pour les fêtes liturgiques, nous mettons en valeur les symboles”.

André Onillon : “L’eucharistie célébrée ensemble est un moment fort de ressourcement de notre espérance chrétienne. Elle nous aide à vivre dans la confiance les épreuves et les joies de nos vies”.

Paroles des deux aumôniers

Marie-Thé : “Je suis aumônier laïque envoyée en mission au Centre H. Laborit au service du frère fragilisé. Au milieu des personnes fragiles psychiquement, en attente ou en demande de quelque chose d’indéfini, j’essaie à travers l’écoute, par un geste, en osant une parole, de répondre ou d’apaiser ce qui anime profondément le patient. Évangile
et Vie, voilà bien la mission de l’aumônier. La vivre, enracinée dans ma foi, me fait rencontrer le frère avec un autre regard. La messe est un lieu de rassemblement privilégié où patients, prêtres, soignants, aumôniers se retrouvent tous. Lieu d’expression d’angoisses, de regards interrogatifs ou passifs, mais aussi lieu de partage de joies et de vie ! Bien sûr, il y a des moments plus diffi ciles à vivre. D’où l’intérêt d’être en binôme, ce qui nous permet de partager, de nous soutenir”.

Cathy : “Vous n’êtes pas là pour rassurer mais pour écouter la détresse” me disait une psychologue. L’aumônerie, lieu de relations fraternelles colorées par la simplicité et l’authenticité, où l’on dit oui à la vie. Des rencontres marquées par la présence bienveillante agissent alors comme un baume. Quelles que soient la souffrance des patients, leur religion, l’aumônerie reste un lieu d’ouverture, de chaleur humaine dans l’écoute et la disponibilité.”

La messe est célébrée tous les dimanches à 11 h.
Nous accueillons les patients, leur famille, les soignants, et sommes heureux lorsque des personnes du quartier se joignent à nous.
Nous assurons en permanence des écoutes et des visites dans les pavillons.

Nous contacter : 06 32 43 45 21.