Pour chacun, à chaque étape, compte avant tout une attitude : la capacité à écouter ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Originaire de notre diocèse, Jérémy Favrelière, séminariste à Saint Sulpice, a été admis comme candidat au sacrement de l’ordre au service des Missions Etrangères de Paris.

Notre diocèse s’en réjouit et  nous l’accompagnons tous de nos prières sur la voie où le Seigneur l’appelle.

14 mai 2019Séminaire de Saint Sulpice

Admission de Jérémy Favrelière

Homélie de Mgr Wintzer

L’élection de Matthias intervient dans les jours de l’entre-deux : entre l’Ascension et la Pentecôte.

Temps de l’attente : le Seigneur est parti, l’Esprit Saint n’a pas encore été donné.

Attente, et aussi absence, manque.

Ces quelques jours sont un temps transitoire, mais expressif de ce que nous pouvons connaître : absence de signes, de présence ; Comme vivre ? Que faire ? Faut-il continuer à avancer ?

Le temps est en quelque sorte celui des étapes qui orientent vers l’engagement définitif que pourra être l’ordination, comme diacre, comme prêtre.

C’est aussi un temps de l’entre-deux, entre une première décision, et l’appel aux ordres qui décide pour toute la vie.

On reçoit quelque choses, un appel, un encouragement, et demeurent, heureusement, des questions : Comme vivre ? Que faire ? Comment continuer à avancer ?

Les jours de l’élection de Matthias, ceux qui mènent d’Ascension à Pentecôte, expriment notre vocation chrétienne : nous avons à être les hommes et les femmes de l’entre-deux.

C’est l’entre-deux du ciel et de la terre.

C’est l’entre-deux des jours entre Pâques et la Pentecôte.

L’entre-deux du départ du Christ et du don de l’Esprit Saint.

Mais il faut comprendre le sens de cet « entre-deux » : être entre-deux, ce n’est pas être nulle part, mais tout à la fois dans l’une et l’autre dimension.

Autrement dit, vivre en chrétien, c’est faire que notre vie soit et céleste et terrestre.

Ainsi, l’admission n’exprime pas le passage d’une vie d’homme vers une vie de prêtre ; celui qui pourra devenir prêtre ne perd rien de son humanité, ne doit rien perdre de son humanité.

Nous devons être des hommes qui n’amputent aucune des dimensions de notre existence.

Gardons les pieds, et les mains, sur cette terre, tout en ayant le regard tourné vers ce qui féconde notre existence : c’est notre espérance en la Vie éternelle.

Ceci n’est qu’une aucune manière de dire, et de vivre, le cœur de l’Evangile, le double commandement de l’amour : aimer Dieu de tout son cœur, et aimer son prochain comme soi-même.

Vous savez que parmi les éléments qui éclairent sur sa vocation, sur ses aptitudes à un appel, à une admission, puis à une ordination, il n’y a pas un seul critère, j’en souligne deux : pour être prêtre, il faut être un homme, j’entends ici une personne assise dans son humanité, épanoui dans cette humanité, et il faut être une homme de foi, comment, sinon, être témoin d’une réalité dans laquelle on se serait pas assurée ?

Ce qui caractérise l’humanité, c’est la verticalité : notre vocation, c’est d’être des hommes et des femmes debout.

Mais, remarquez que la verticalité, ne suffit par à assurer un bon équilibre, dans les moments où il faut marcher sur un terrain un peu accidenté, naturellement, on étend les bras.

Ou bien, on y trouve un meilleur équilibre, ou bien on s’accroche à quelque chose, ou bien, on se tient les uns les autres.

L’humanité, c’est donc à la fois la verticalité, et l’horizontalité.

Nous vivons sous cette double direction, la longitude, du ciel et de la terre, mais aussi la latitude, l’est et l’ouest, l’orient et l’occident ; pour Jérémy ceci s’exprime de manière très concrète, à la fois inscrit dans un territoire, celui du Poitou, et en même temps, appelé pour une mission en Extrême-Orient.

C’est en cette période de l’absence, de l’attente, ces jours qui vont de l’Ascension à la Pentecôte, qu’intervient cet épisode décisif de la vie de la première communauté chrétienne, le choix de Matthias.

Regardons ce texte ; écoutons ce qu’il nous dit de la première communauté, et de notre vie d’Eglise aujourd’hui.

– Ce choix était-il nécessaire ? Et pourquoi ?

Fidélité au choix que fit Jésus : les Douze.

– Pierre prend la parole : pourquoi lui ?

Fidélité au choix de Jésus : celui de la mission particulière confiée à Pierre

– Donne un critère : il faut avoir connu Jésus.

Etre disciple, c’est cela, connaître le Seigneur.

– « On en présenta deux ».

Ce « on »… l’assemblée, la communauté.

– L’assemblée accepte le choix.

– Elle prie.

– On tire au sort ; pourquoi ?

Chacun de ces paragraphes, chacun de ces points, indique le chemin de la vie de l’Eglise, de la vie de nos communautés chrétiennes, pour aujourd’hui.

Et ceci désigne une vie d’Eglise, à nous, évêque, prêtres, séminaristes.

Notre mission, pour être chrétienne, fidèle à l’Ecriture doit et devra conjuguer ces dimensions où ont vraiment toute leur place, le Seigneur, l’assemblée et les apôtres.

Pour chacun, à chaque étape, compte avant tout une attitude : la capacité à écouter ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Jérémy, vivez cela, avec nous tous : écoutez, répondez.

Pascal Wintzer

Archevêque de Poitiers

14 mai 2019

Séminaire de Saint Sulpice

 

14 mai 2019 Admission de Jérémy Favrelière Séminaire de Saint Sulpice