‘’Libres de se quitter toujours, et ne se quittant jamais’’

Christian Genre, pôle communication.

‘’Libres de se quitter toujours, et ne se quittant jamais’’, cette citation de Lacordaire pouvait s’appliquer à la fraternité diaconale réunie à Champagné Saint-Hilaire en ce très pluvieux samedi 1er décembre, comme elle peut s’appliquer à nos communautés locales, nos paroisses, notre diocèse, notre Eglise.

Accueillis chaleureusement par l’équipe de la communauté locale, des membres de l’équipe pastorale et le Père Michel Moussiessi curé de la paroisse Saint Sauveur en Civraisien, les diacres du diocèse ont consacré l’essentiel de leur réunion à la question de la réception du synode et au rôle qui peut être le leur dans cette appropriation et la mise en oeuvre des visées et orientations qui figurent dans les actes de notre synode diocésain « Avec les générations nouvelles , vivre l’Evangile ».

Mgr Wintzer a  introduit la journée par un exposé* sur le concept de réception d’un synode (ou d’un concile) qui est « une expression de la nature de l’Eglise », s’appuyant sur  le  texte du Père Congar,  Eglise et papauté, Cogitatio Fidei n° 184, Cerf, 1994. 

*Vous trouverez le texte de son exposé en cliquant sur ce lien:

Journée diaconale décembre 2018 – PW (1)

Il a ensuite abordé les fruits de la réception d’un synode.

Au-delà du fait qu’il peut permettre de développer un « antidote au cléricalisme »,  il a pointé que la réception favorisait la fraternité: « Jésus n’a aucunement ni d’aucune manière une relation de paternité à notre égard. Il a une relation de fraternité et d’amitié. C’est beaucoup trop peu présent. La relation que Jésus a créée, c’est une fraternité. C’est une fraternité d’amis qui, à la fois, se choisissent et ne se choisissent pas : ils ne se choisissent pas, d’où la fraternité ; mais, en même temps, ils se choisissent puisqu’ils veulent bien continuer d’être ensemble alors qu’ils pourraient s’en aller, d’où l’amitié ».  ‘’Libres de se quitter toujours, et ne se quittant jamais’’, comme disait Lacordaire » Maurice Vidal, Cette Eglise que je cherche à comprendre, Editions de l’Atelier, Chemins de Dialogue, 2009, p. 231

Il a ensuite souligné que les deux visées ayant eu le plus de voix lors des assemblées synodales, et donc retenues comme prioritaires pour l’année à venir, la visée 1 Inventer le visage d’une Eglise en sortie et la visée 4 Reconnaître et nourrir la quête spirituelle de nos contemporains, recoupaient largement le positionnement du diacre dans la société et dans l’Eglise.

Les diacres et leurs épouses réunis en petit groupes ont ensuite travaillé avant et après le repas, aussi joyeux qu’abondant, sur ces deux visées, on notera qu’un seul groupe a choisi la visée 4, tous les autres ayant retenu la première qui, il est vrai, avait fait le plein des voix au synode. Ils ont aussi « planché » sur la place du diacre, sans oublier celle de l’épouse, souvent sollicitée dans nos paroisses, dans cette réception, une place de « veilleur », attentif à tout ce qui se fait en faveur de la création du lien entre les habitants d’un territoire. Le diacre est par nature « en sortie’, il se doit de veiller à ce que tout chrétien sorte lui-aussi.

En conclusion Mgr Wintzer, reprenant ces riches échanges, a relevé quelques points d’attention:

-les générations nouvelles, le synode l’a montré, sont une agglomération de « tribus » aux attentes très diverses, il faut donc être très attentif à la diversités des situations, des besoins et demandes. S’il nous faut avoir des « balises » pour ne pas dériver, il ne faut pas arriver avec des cadres tout faits, même excellents, mais accepter de travailler au « cas par cas ».

-notre société raisonne en « produits » et donc en « clientèle », c’est le cas aussi pour le religieux et le spirituel. Or cette logique s’oppose à celle de communion qui est au coeur de notre foi et doit l’être dans notre pratique.

-l’importance de l’accueil qui suppose humanité et compétence, ce qui induit formation.

-être présent dans des parcours de vie hachés, donc accepter d’intervenir modestement et ponctuellement, et parfois à un moment pas nécessairement choisi.

Sur la place du diacre dans le processus de réception, Mgr Wintzer a souligné que les deux visées retenues sont naturellement « diaconales »:

-le diacre est présent dans le monde, présence visible mais sans prosélytisme. Ces orientations réaffirment la mission du diacre « ad extra ». Elles rappellent aussi l’attention aux pauvretés de toute sorte, aux fractures qui s’élargissent dans nos sociétés. il en est ainsi de l’accompagnement des familles, quelles que soient les formes prises par ces familles.

-le diacre a son rôle à jouer dans la reconnaissance de la quête spirituelle de nos contemporains en soutenant la lecture de l’Ecriture sainte, en accompagnant spirituellement, s’il s’est formé, en suscitant voire animant la prière dans les communautés locales.

-il peut aussi mettre ses compétences professionnelles au service de la mission, dans les équipes pastorales, les équipes locales d’animation, les conseils pastoraux des paroisses, non pour faire mais pour aider à faire.

Les diacres, leurs épouses et notre archevêque se sont ensuite dirigés vers l’église St Gervais et St Protais pour célébrer les vêpres. Au coeur de l’office, après avoir consulté le délégué diocésain et recueilli l’accord de leurs épouses, Mgr Wintzer a admis deux candidats au diaconat permanent*, moment émouvant et porteur d’avenir. Le verre de l’amitié, offert par les deux candidats, a permis de mieux les connaître et de clôturer une belle journée de fraternité.

*Afin de garder la confidentialité, garante de la liberté de chacun, l’admission se déroule désormais dans ce cadre. La réception des ministères institués se fera quant à elle dans la paroisse des intéressés et l’ordination à la cathédrale.