Canonisation du Pape Paul VI et de Mgr Romero et cinq autres Bienheureux

Christian Genre, pôle communication.

Les bienheureux Paul VI (1963-1978) et Mgr Oscar Romero (1917-1980) seront canonisés le 14 octobre 2018 à la basilique Saint-Pierre au Vatican. Au cours de la même cérémonie, seront également canonisés cinq autres bienheureux : deux prêtres italiens et deux religieuses européennes et en lien avec le synode des évêques consacrés aux Jeunes, la foi et le discernement vocationnel le jeune Nunzio Sulprizio.

Le bienheureux Paul VI avait été béatifié en 2014 par le pape François. Né en 1897 dans le nord-ouest de l’Italie, Giovanni Battista Montini a été ordonné prêtre en 1920. L’année suivante, il entre dans les services diplomatiques du saint-Siège avant d’être envoyé dans sa première nonciature en Pologne, à Varsovie.

En 1954, il devient archevêque de Milan et quatre ans plus tard, Mgr Montini est créé cardinal. En 1963, il est élu successeur de Pierre, à la suite de Jean XXIII (1958-1963) et prend le nom de Paul VI. Il reste sur le siège pontifical jusqu’à sa mort en 1978. 

Mgr Oscar Romero est né en 1917 en République du Salvador. Après avoir occupé la charge de curé de paroisse, il est nommé évêque de Santa Maria puis archevêque de San Salvador. Surnommé ‘l’évêque des pauvres’, Mgr Romero s’était indigné de la violence de la crise politique du pays, une guerre civile de 12 ans qui fit 75 000 morts, 8000 disparus et 12 000 invalides. Il a été assassiné par les escadrons de la mort alors qu’il célébrait l’Eucharistie le 24 mars 1980. 

Les cinq autres canonisations concernent les Pères Francesco Spinelli (1853-1913) et Vincenzo Romano (1751-1831), tous deux Italiens, ainsi que les Sœurs Maria-Katharina Kasper (1820-1898) et Nazaire de Sainte-Thérèse de Jésus (1889-1943) et le tout jeune Nunzio Sulprizio (1817-1836), 

Moins connus des médias, ils proposent chacune et chacun de belles figures de sainteté.

– Le bienheureux italien Francesco Spinelli, prêtre diocésain, fondateur de l’Institut des Sœurs adoratrices du Très-Saint Sacrement (1853 -1913). Don Francesco est né à Milan et a été ordonné prêtre le 17 octobre 1875. Lors d’un pèlerinage dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, il s’agenouille devant la crèche de l’Enfant Jésus et il a une vision de jeunes filles qui se consacreraient à l’adoration de Jésus dans le Sacrement. Le 15 décembre 1882, il fonde, avec Caterina Comensoli et deux autres sœurs, l’Institut des Sœurs adoratrices, à Bergame, pour « attiser un amour plus ardent pour l’Eucharistie célébrée et adorée pour le verser sur les plus pauvres parmi les frères ».

– Le bienheureux italien Vincent Romano, prêtre diocésain, curé de paroisse (1751-1831). Né à Torre del Greco, près de Naples, et ordonné prêtre en 1775, le père Vincent Romano a été curé de sa ville natale pendant trente ans. Souvent comparé au Curé d’Ars, il a consacré sa vie à éduquer les enfants et à s’occuper des besoins des ouvriers et des pêcheurs, notamment les pêcheurs de corail. Sa devise était : « Faire le bien ».

– La bienheureuse allemande Maria-Katharina Kasper, fondatrice de l’Institut des Pauvres servantes de Jésus-Christ (1820 -1898). Née à Dernbach, en Allemagne, au sein d’une famille paysanne pauvre, elle est attirée très tôt par une vie religieuse. Elle persuade l’évêque de Limbourg d’ouvrir une petite maison dédiée aux pauvres et y commence une vie monastique avec quelques sœurs, fondant une congrégation qui se consacra notamment à l’éducation.

– La bienheureuse religieuse espagnole Nazaria Ignacia de Santa Teresa de Jesus (1889-1943), au siècle Nazaria Ignacia March Mesa. Née à Madrid (Espagne) et morte à Buenos Aires (Argentine), elle est la fondatrice de la Congrégation des soeurs Misioneras Cruzadas de la Iglesia (Missionnaires croisées de l’Eglise).

En canonisant le bienheureux Nunzio Sulprizio (1817-1836), jeune laïc italien durant le Synode des évêques sur les jeunes organisé à Rome, le pape donne  aux jeunes un modèle de leur âge.

Né le 13 avril 1817 à Pescosansonesco, le bienheureux Nunzio Sulprizio est très tôt resté orphelin. Il vivait avec un oncle très violent qui le battait. À cause de ces violences, le jeune artisan de Naples souffrait d’une plaie à la jambe : on l’appelait pour cela « le petit saint boiteux ». Malgré sa maladie, le jeune homme assistait les autres malades, et, dans sa pauvreté, soulageait la misère des pauvres. Il a passé les deux dernières années de sa vie à l’hôpital des incurables de Naples où il est mort le 5 mai 1836, à 19 ans.

Le pape Paul VI, qui l’a béatifié le 1er décembre 1963, le proposait comme modèle aux jeunes : « Il vous dira que vous, jeunes, pouvez régénérer en vous-mêmes le monde dans lequel la Providence vous a appelés à vivre et qu’il vous appartient à vous, les premiers, de vous consacrer au salut d’une société qui a précisément besoin d’âmes fortes et intrépides. »

Crédit photo: Jean-Marie Séaume.