La formation – St Hilaire

Formation biblique à Bressuire 2017-2018_pour le site

ce qu il est bon de savoir avant de lire la bible

Ce qu’il est bon de savoir avant de lire la Bible.

(Préambule au thème d’année. Rencontre du 9 octobre 2017)

 

La Bible, pas un livre :                 une bibliothèque (46 livres pour catholiques et orthodoxes  dans l’A.T.; 27 pour le N.T.)

39 pour Juifs et protestants dans A.T

 Pas de l’Histoire  :                       de la Théologie ; On y parle de la relation homme D Dieu

Pas des personnages :                   des FIGURES qui permettent une relecture de l’Histoire

Pas un auteur unique :                 des auteurs. Sans doute plus de 40.

Pas de la même époque :             des écrits sur plus de 1500 ans. Plus de 40 générations ont travaillé à l’ouvrage !!!

dans une culture orientale           très éloignée de notre culture occidentale rationnelle.

 

Quand et par qui a été écrite la Bible ?

Abraham aurait existé vers 1750 avant notre ère, Moïse vers 1300. Jusqu’à David (aux environs de l’an 1000), il n’y a que la Tradition orale.

Vers 930, le vaste État hébreu qu’avaient constitué David et Salomon connut une grave crise politique qui mena au partage du pays en 2 états séparés : La partie Nord (10 tribus) fit sécession et constitua le royaume d’Israël ; la partie Sud autour de Jérusalem forma le royaume de Juda.

Les deux événements fondateurs qui vont déclencher tout un processus d’écriture et une prise de conscience identitaire, datent de 722 et de 587 av. J.-C.,

722 : la chute de Samarie et l’annexion du royaume d’Israël par l’empire assyrien. Les réfugiés du royaume du Nord (Israël) affluent en Juda. Profitant de l’affaiblissement de l’empire assyrien qui permet au royaume de Juda de retrouver une certaine autonomie, les conseillers du roi Josias (qui règne de 640 à 609) vont construire la nouvelle identité de Juda/Israël comme une contre-histoire opposée à l’idéologie assyrienne.

– et, plus tard en 587, la destruction de Jérusalem par les Babyloniens et la déportation des élites du peuple à Babylone. C’est la période de l’exil auquel Cyrus, roi des Perses met fin en 538.

Avec la ruine de Jérusalem et l’exil des cadres du pays de Juda, toute la construction identitaire des scribes de Josias s’effondre. Plus de roi, ni de temple, ni de pays. D’autres scribes vont réagir en élaborant « une grande histoire qui raconte l’histoire d’Israël et de Juda. » Il s’agit de reconstituer un Peuple.

Sans le travail de synthèse réalisé par les prêtres de Jérusalem après la reconstruction du temple avec la permission des autorités perses (à partir de 520), il est probable qu’on ne parlerait plus de Moïse ni d’Abraham. Le milieu dit « sacerdotal » va articuler les récits patriarcaux et l’épopée de l’Exode en inventant « l’idée d’une succession d’époques dans la révélation divine ». Il y a le temps des origines (d’Adam à Noé), celui des patriarches (Abraham et ses descendants) et celui de la révélation à Moïse. Sous des noms différents (Élohim, Adonaï, Yahvé), c’est le même Dieu que l’humanité entière adore.

Le Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) n’a été écrit que pendant et après l’exil. Synthèse des textes des 2 traditions.

 

« Non seulement la grande aventure des patriarches nomades, Abraham, Isaac, Jacob, comme celle de Joseph, le grand ministre égyptien, n’ont laissé aucune trace dans aucun écrit, sur aucune stèle, mais les textes bibliques sont abondamment parsemés de grossiers anachronismes qui montrent bien qu’ils ont été écrits des siècles et des siècles après la période qu’ils décrivent. »                                               (Christine Pedotti. p. 341 ‘’la Bible racontée comme un roman’’)

 

« Les grands récits fondateurs sont dits « vrais » parce qu’ils donnent une vision juste de la relation des êtres humains et de Dieu. Ce qui guide ces écrivains qui n’ont pas laissé leur nom, ce n’est pas la recherche de vérités historiques mais de vérités spirituelles. Ils ont pensé que les récits qu’ils faisaient permettaient d’accéder à cette vérité. Ce qui comptait, c’était le sens que ces textes faisaient jaillir. Leur dieu se faisait connaître (les croyants disent qu’il se « révèle ») à travers la relecture qu’ils faisaient de leurs histoires, anciennes ou récentes. »  (Thomas Römer, bibliste, à propos du Pentateuque)

 

De plus, la Bible a été écrite dans une culture qui a complètement disparu. Nous ne comprenons pas la « langue de la Bible » parce que l’univers mental de ceux qui l’ont écrite nous est devenu totalement étranger.

(Préambule au thème d’année. Rencontre du 9 octobre 2017)