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« A Sainte Soline, il n’y avait pas que des violences »
Publié le 6 avril 2023

A Sainte Soline, il n’y avait pas que des violences

 

Sainte Soline est dans le diocèse qui m’a été confié. Je connais des personnes qui résident sur place. Je me suis interrogé, devrais-je dire quelque chose ? Surtout quoi ? Une parole partisane ? Laquelle ? Un discours à l’eau bénite qui ne dit rien ?

Je pourrais avant tout m’adresser aux familles des deux personnes qui sont très grièvement blessées, d’abord pour leur dire ma révolte, aussi ma compassion.

Ceci peut leur être exprimé de ma part, comme d’ailleurs à l’ensemble des victimes. Mais qui sont-elles ces victimes ? Des groupes radicalisés ? Des forces de l’ordre ? Oui, mais aussi l’ensemble des manifestants et la cause elle-même : les images, qui font le spectacle, ne rapportent que la violence, faisant presque l’impasse sur les prises de parole, les familles, les militants, et tout ce qui s’est passé à Melle le lendemain de la manifestation.

Sur le fond, il faut bien entendu condamner toutes les violences, d’où qu’elles viennent ; la violence appelle la violence ; c’est ce cycle mortifère que dénonce Jésus en appelant à tendre la joue, non pas pour recevoir une gifle supplémentaire mais pour manifester le refus d’entrer dans un cycle sans fin.

Surtout c’est notre modèle de société qui est interrogé.

Nous mesurons que nous avons fait violence à la nature ; même nos pays tempérés, qui pensaient continuer leur chemin en toute tranquillité, sont affectés et le seront de plus en plus. Cette violence faite à la nature va de pair avec une violence entre les êtres humains à travers des systèmes d’organisation pyramidaux, et l’Église catholique n’en est pas indemne, alors que le pape met en cause le cléricalisme, l’entre soi, les discriminations entre les genres.

Des agriculteurs se sentent stigmatisés, mais beaucoup poursuivent un modèle qui a été encouragé, et qui l’est encore par des directives politiques et des aides financières. Il est entendu qu’il convient de poursuivre l’aide à l’agriculture mais pour soutenir les transitions nécessaires ; les bassines, ces retenues de substitution ne vont pas dans ce sens, peut-être pas tant dans leur technicité (épuisent-elles les ressources en eau ? ceci est discuté), mais sur un système qui privatise ce qui est un bien commun, avec le soutien de fonds publics. De plus, le dérèglement climatique met en cause la viabilité d’un tel choix.

Il n’y avait pas que des violences à Sainte Soline, loin s’en faut. Il est désormais impératif que tout soit mis en œuvre pour que cela soit soutenu. Les chrétiens peuvent y prendre leur part. Sainte Soline se trouve en pays mellois, cette terre qui connut des violences fratricides, une guerre civile : les guerres de religions. Depuis bien des années, pour les chrétiens, réformés, catholiques, le mellois est une terre de dialogues, de rencontres, de prières partagées, au service d’un territoire dont la mémoire et même des paysages, des monuments portent les traces des violences d’hier. Tout doit être entrepris pour que notre siècle n’entretienne pas de nouvelles guerres civiles.

+ Pascal Wintzer

Archevêque de Poitiers, pour les Deux-Sèvres et la Vienne

Le 1er avril 2023

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