Evangile selon Saint-Jean

Pour aider à la réflexion à partir d’une lecture continue de l’Evangile selon saint Marc (année B), le diocèse a proposé dans Eglise en Poitou du 24 octobre 2014 (N°224) une trentaine de questions à utiliser au gré de chaque groupe.

35 images ont été réalisées pour apporter un soutien visuel à cette réflexion, constituant un stock où chacun pourra puiser. Elles sont le fruit de techniques très diverses : kodatraces, dessins libres, utilisation de gravures anciennes, quelques photos d’œuvres d’art du diocèse, le tout sur ordinateur.

Quelques lignes aident à faire le lien avec le texte évangélique et le questionnaire. Les citations sont tirées de la nouvelle traduction pour la liturgie. Ouvrage d’amateur, pour faire aimer.

Père Jacques Lefebvre

1-1 « Commencement de l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ».

(Chapitre 1-1)

Marc1_1

Marc annonce la couleur : pas la simple vie d’un homme illustre, mais un recueil de témoignages de foi, une bonne nouvelle, pour nous faire découvrir Jésus comme Messie (Christ) et Fils de Dieu. C’est ainsi que le proclamera un centurion en face de la croix : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Psaume 17(16), 15 : « Au réveil, je me rassasierai de ton image ».

1,2-8    « Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert ».

1- L’Evangile (Chapitre 1, versets 1 à 12.)

  • Quels sont les personnages présents dans ces versets ?
  • Les appels qu’ils adressent ont-ils un point commun ?
  • L’évangile selon saint Marc commence par la prédication de l’Evangile : quelles différences y a-t-il entre le premier et le second ? Comment passe-t-on de l’un à l’autre ?

Marc1_2-8

Il ouvre l’Evangile sans Jésus, mais reprend l’appel d’Isaïe à la conversion : « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin…Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». La silhouette de Jean (Saint-André de Niort) s’ouvre sur l’évocation d’un désert avec le logo de nos deux synodes diocésains.

1, 9-11 Baptême de Jésus

Marc1_9-11

« En remontant de l’eau, (Jésus) vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Bien embarrassant pour les premiers chrétiens d’évoquer le baptême de Jésus mis au rang des pécheurs, mais on ne peut le gommer, signe d’authenticité historique, et occasion de manifester une foi trinitaire.

1, 16-20   Appel des premiers disciples

Marc1_16-20

Le mot « disciple » n’est pas encore dans le texte, mais bien la réalité, une originalité de Jésus dans son ministère itinérant, bien plus que les élèves d’un maître. Repérer :

  • un passé : barques et filets
  • un présent : le double appel des frères « Venez à ma suite »
  • un avenir : « Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ».

1,21-28 « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

2- L’autorité du Seigneur(Chapitre 1, versets 13 à 40)

  • Quelle est la première action de Jésus ? Qu’est-ce que cela dit de nos vies de disciple et de la vie de nos communautés ?
  • Comment se manifeste l’autorité du Seigneur ?
  • Quels sont les éléments principaux qui structurent la journée du Seigneur ?

Marc1_21-28

C’est le premier des nombreux exorcismes de Jésus dans l’Evangile de Marc, son affrontement permanent au mal. Un geste, d’après une gravure d’une Bible de 1700, et l’esprit impur obéit !

2, 1-12 « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » « Lève-toi, prends ton brancard et marche. »

3- Jésus et les pécheurs (Chapitre 2, versets 1 à 17)

  • Qu’est-ce que les personnages présents attendent de Jésus ?
  • Qu’est-ce qui lui est reproché ?
  • Que nous disent les lieux où se passent les rencontres rapportées dans ces versets ?

Marc2_1-12

Détailler les scribes, dans l’ombre de la maison, gestes et réflexions, les cordes  du brancard descendant par l’ouverture du toit, la silhouette de Jésus, la sortie joyeuse de l’homme au brancard, guéri et pardonné.    Récit de miracle devenu aussi première de cinq controverses qui donnent le ton des oppositions au message du Christ.

2, 18- 3,6 « Controverses »

4- La nouveauté de l’Evangile (Chapitre 2, versets 18 à chapitre 3, verset 6)

  • Qu’est-ce qui différencie Jésus de Jean-Baptiste ? Dans leurs attitudes ? Dans leurs paroles ?
  • Quel sens donner à la liberté que manifeste Jésus ?
  • Quels sont les manifestations de peur de la part de ceux qui regardent Jésus ou l’interrogent ?

Marc2_18-3-6

Le ton monte jusqu’à une perspective de mise à mort qui vient bien tôt, en 3, 6. Dans les images, les fonds, tonalités et textures sont aussi importants que les dessins, ici proches de caricatures. Psaume .68(67), 2 : « Dieu se lève et ses ennemis se dispersent, ses adversaires fuient devant sa face. »

3, 13-19 Les Douze

5- Jésus, la foule et les Douze (Chapitre 3, versets 7 à 19)

  • Pourquoi Jésus ne veut-il pas qu’on le fasse connaître comme « Fils de Dieu » ?
  • Quelles sont les expressions de l’identité de Jésus et de sa souveraineté ?
  • Quels sont les verbes, et par eux les dimensions exprimées dans l’appel des Douze

Marc3_13-19

Les Douze sont un groupe à part, voulu comme tel par Jésus : appelés, institués, pour être avec, envoyés, établis. Marc ne dit jamais douze disciples ou douze apôtres. Ce titre suffit à les déterminer. Pourquoi douze ? C’est le chiffre du peuple de Dieu  : 12 fils de Jacob, 12 tribus d’Israël, nouveau peuple qui restera comme tel après la Résurrection, reconstitué dans son rôle de témoin fondateur. Le décor montagneux souligne l’importance de l’événement, les couleurs différentes expriment la diversité des personnes, source d’une Eglise plurielle en même temps que une.

3, 20-35 Ta mère et tes frères

6- Un Evangile qui divise (Chapitre 3, versets 20 à 35)

  • Comment se manifeste l’action de Satan ?
  • L’Evangile appelle-t-il à prendre des distances avec ses attaches naturelles ? Si oui, lesquelles, pour quelles raisons et comment les vivre ?
  • Sommes-nous de la parenté de Jésus ? Qu’est-ce qui nous rend tels ? Qu’est-ce qui peut nous en éloigner ?

Marc3_21-35

Marc est coutumier d’une construction « en sandwich », intercalant un récit  au cœur d’un autre, ici la controverse sur Béelzéboul au cœur des questions sur la vraie famille de Jésus. Il faut donc lire à la suite les versets 20-21 et 31-35. « Les gens de chez lui » sont bien dehors, quand  les disciples sont dans la maison, à l’écoute du maître. La distance est fortement marquée entre la famille physique et la famille spirituelle. Saint Augustin dira : « Il est plus important pour Marie d’avoir été disciple du Christ que d’avoir été mère du Christ ». L’image souligne l’opposition dehors dedans, la Parole étant répandue au-dedans comme le grain du semeur au chapitre suivant.

4, 1-20 La parabole du semeur

7- L’action de la Parole de Dieu (Chapitre 4, versets 1 à 20)

  • Pourquoi Jésus parle-t-il en paraboles ?
  • « Ecoutez ! »  Comment entendons-nous cet appel du Seigneur ?
  • La Parole agit-elle ou non dans notre vie ? Dans la vie de l’Eglise ? Dans la vie du monde ?

Marc4_FlammeSemeur

4, 21-34   La semence germe et grandit

8- La Règne de Dieu Chapitre (4, versets 21 à 34)

  • Y a-t-il quelque chose de gratuit dans la vie ? Dans nos vies ?
  • Avons-nous été témoin de l’action de Dieu, de l’irruption inattendue du Royaume ?
  • Les semailles et les moissons…  Qu’est-ce que cela évoque-t-il pour nous ? Dans tous les domaines de la vie ?

Marc4_21-34

Une courte parabole, propre à Marc. L’explosion de la vie, de la grâce de Dieu !

4, 35-41 La tempête apaisée

9- La tempête apaisée (Chapitre 4, versets 35 à 41)

  • De quoi avons-nous peur ?
  • Avons-nous été apaisés à tel ou tel moment de la vie ?
  • Quelles sont les tempêtes que nous traversons ? Que traverse l’Eglise ? Que traverse la société ?

Marc4_35-41

L’épisode est bien connu des différents évangiles. On aime souligner l’aspect concret de Marc, tel que « sur le coussin à l’arrière », mais plus encore la dimension symbolique du récit. Pour les hébreux, qui ne sont pas un peuple marin, la mer est comme l’abîme, le lieu du mal, et jésus va la calmer avec les paroles mêmes des exorcismes : « Silence, tais-toi ! »

5,1-20 Le possédé de Gérasa

10- Pureté et impureté (Chapitre 5, versets 1 à 20)

  • Quelles sont les signes d’impureté qui frappent les Géraséniens ?
  • Aujourd’hui, y a-t-il des impuretés qui marginalisent de la famille, de la société, de l’Eglise ?
  • Comment annoncer et vivre la miséricorde ?

Marc5_1-20

Jésus est seul en territoire païen. Qui pourrait maîtriser ce possédé qui rompt ses chaînes et brise les fers ? Il reste pourtant prisonnier de son mal, parmi les tombeaux. Jésus le déchaîne , le libère en un sens plus profond, ce que suggère l’image, bien au-delà de la noyade des porcs.

5, 21-42 La fille de Jaïre

11- Talitha koum (Chapitre 5, versets 21 à 42)

  • C’est une jeune-fille et une femme que Jésus vient secourir… Qu’en dire ?
  • Ce sont là de belles histoires, mais disent-elles plus que de nous rendre heureux ? Et pourtant, cela est déjà une belle chose…
  • L’espérance de Jaïre et de la femme hémorroïsse n’est-elle pas un appel pour nous ? Savons-nous espérer toujours ? Pour soi ? Pour les autres ?

Marc5_21-42

Nous avons de nouveau un épisode « en sandwich », avec, intercalé, celui de la femme qui avait des pertes de sang  Le retard du récit permet de dramatiser la situation. Jésus calme l’agitation, apporte sa paix et sa puissance de vie pour éveiller du sommeil de la mort, relever, re-susciter au sens propre. Trois témoins privilégiés sont là, comme à la Transfiguration et à Gethsémani.

6, 1-17 La mission des Douze

12- Il faut partir (Chapitre 6, versets 1 à 13)

  • Quels sont les différents « départs » que vit Jésus ? Comment en explique-t-on les raisons ?
  • Avons-nous vécus des « départs » dans notre vie ? Avons-nous été témoins de « départs » vécus par des personnes de notre entourage ? Les comprenons-nous ? Les approuvons-nous ?
  • Jésus exprime la liberté des Douze par des signes ? Comment les comprenons-nous ? A quelle liberté sommes-nous appelés au nom de l’Evangile ?

Marc6_1-13

Tel maître, tels disciples. Jésus est sans cesse en marche, sans cesse enseignant et guérissant. Les Douze reçoivent la même mission, dès avant Pâques, la  même autorité, appelés à la même confiance en la Providence, à travers l’accueil des autres.

6, 14-29    Le meurtre de Jean-Baptiste

13- Le témoignage de Jean-Baptiste (Chapitre 6, versets 14 à 29)

  • Le pouvoir et le plaisir sont les moteurs de bien des comportements : un lieu de conversion pour nous… pour les autres…
  • Jean-Baptiste est victime de la violence et de l’injustice ; sommes-nous encore témoins de telles attitudes ?
  • Pouvons-nous être conduits à dénoncer des comportements injustes et indignes ? De quelle manière le faire ?

Marc6_14-29

On peut comparer le récit de Marc à celui de l’historien juif Flavius Josèphe. Marc est plus populaire, avec la danse de la fille d’Hérodiade et une promesse insensée d’Hérode Antipas, à la manière du livre d’Esther. Flavius Josèphe, plus politique, y voit la peur de l’influence du Baptiste : « Des gens s’étaient rassemblés autour de lui, car nuls étaient très exaltés en l’entendant parler. Hérode craignait qu’une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s’emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet, que d’avoir à se repentir plus tard, si un mouvement avait lieu, de s’être exposé à des périls. A cause de ces soupçons d’Hérode, Jean fut envoyé à Machaero…et  y fut tué. » Même conclusion, même pressentiment de la mort du juste Jésus. Vitrail moderne de l’église Saint-Jean-Baptiste de Mougon (79).

6, 30-52 Venez à l’écart

14- Repos et mission (Chapitre 6, versets 30 à 56)

  • Laissons venir à notre esprit les lieux, les paysages, où se déroulent ces scènes… Laissons venir également les lieux qui sont plus déterminants pour notre vie… Que pouvons-nous dire de cela ?
  • Quelles sont les raisons qui mènent la vie de Jésus, qui le conduisent à telle attitude, à telle parole ?
  • De quelle manière Jésus aide-t-il les Douze à trouver un juste équilibre de vie ? Quelles leçons en tirons-nous pour nous-mêmes ?

Marc6_30-56

Marc affectionne l’expression « à l’écart » ou « en particulier », appliquée à Jésus, c’est-à-dire loin de la foule et de son agitation, pour un repos ou pour un enseignement plus profond (4, 34 ; 7, 33 ; 9, 2). Verset 32 : « Ils partirent en barque, pour un endroit désert, à l’écart.»

7, 1-23 Le pur et l’impur

15- Les pharisiens et Jésus (Chapitre 7, versets 1 à 23)

  • Comment pouvons-nous dire l’éloignement qu’il y a entre les pharisiens et Jésus ? Comment pouvons-nous dire leur proximité ?
  • Y a-t-il des réalités qui sont impures pour l’Evangile ?
  • Jésus est fidèle à la tradition d’Israël : comment pouvons-nous l’exprimer ?
  • Ceci appelle-t-il quelque chose de la part des chrétiens et de l’Eglise ?

Marc7_1-23

« Pourquoi tes disciples prennent-ils leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées ? » Jésus répond en dissociant le rite formel de sa signification intérieure, de ce qui vient du dedans, du cœur de l’homme. Hors la question de l’eau lustrale, des traditions rituelles, c’est le cœur de l’homme qui est la source du pur ou de l’impur. Notons (7, 18) l’incompréhension des disciples, souvent soulignée par Marc, notamment dans l’épisode de la multiplication des pains.

7, 24-37   Une païenne, syro-phénicienne

16- Jésus en dehors du territoire d’Israël (Chapitre 7, versets 24 à 37)

  • Quelle est l’attitude de Jésus lorsqu’il est à Tyr et en Décapole ? Comment comprenons-nous cela ? Quelle en sont les raisons ?
  • Ceci évoque-t-il pour nous relations entre les chrétiens issus du judaïsme et du paganisme dans les premières communautés chrétiennes ?
  • Que savons-nous des choix de Pierre et de Paul sans ces situations ?
  • Ceci a-t-il un retentissement dans la vie de notre paroisse ? De nos communautés locales ?

Marc7_24-37

« Seigneur, les petits chiens sous la table mangent bien les miettes des petits enfants. » Marc aime bien les diminutifs, certes, mais son récit, plus sobre que celui de Matthieu, exprime au mieux l’humilité et la confiance de cette femme hors frontières. Une porte s’est entr’ouverte. Avant la rédaction des évangiles, Paul missionne déjà auprès des païens.

8, 1-21   Le don des pains

17- L’incompréhension du signe des pains (Chapitre 8, versets 1 à 21)

  • Les pharisiens et les disciples de comprennent pas le signe des pains ? Mettons-nous à leur place, était-ce si facile que cela ? Faisons nôtre leur incompréhension : pouvons-nous dire ce que nous peinons à comprendre… du signe des pains… de l’Evangile ?
  • Face aux pharisiens, Jésus « soupire ». Quel sens cela peut-il avoir ? Nous arrive-t-il de soupirer ? Face à quoi ? Face à qui ?
  • Comment interprétons-nous le signe des pains dans son ensemble ? Les autres signes qui y sont exprimés ?

Marc6_30-52B

Marc rapporte deux fois ce que nous appelons la multiplication des pains, dans deux séquences parallèles, en 6, 30-52 et 8, 1-21. Les chiffres divergent, peut-être le public visé, mais on s’accorde généralement à y voir le doublet littéraire d’un même événement, reçu par deux canaux différents. C’est le signe de l’importance accordée à ce signe dans la mémoire chrétienne recueillie par l’évangéliste. (Devant d’autel à Saint-André de Niort.)

8, 22- 9, 1 Du miracle à la foi

18- De qui sommes-nous les disciples ? (Chapitre 8, verset 22, à chapitre 9, verset 1)

  • Les gens, que les entendons-nous dire de Jésus ?
  • Et pour moi, qui est-il ?
  • Perdre et gagner sa vie : comment cela retentit-il dans notre vie ?

Marc8_22-9,1

Chaque don des pains est suivi d’un miracle qu’on peut dire laborieux : guérison d’un sourd-bègue en 7, 33-35 (toucher, salive, parole) et celle d’un aveugle (8, 22-26), par étapes : « J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres que je vois marcher » ; ce qui est évoqué dans l’image, avant d’arriver à la profession de foi de Pierre, au nom des disciples : « Tu es le Christ ».

9, 2-13 Il fut transfiguré devant eux

19- L’identité de Jésus-Christ (Chapitre 9, versets 2 à 13)

  • Jésus, un prophète ? Jésus, plus qu’un prophète ?
  • Pierre est traversé par la frayeur : que dire de la crainte de Dieu ? De ce qu’elle a de juste et de nécessaire, de ce qu’elle de néfaste ?
  • Pourquoi Jésus se réfère-t-il à l’Ecriture ?

Marc9_2-13

Image de gloire, avant-goût du Ressuscité, ici manifestée aux trois privilégiés qui seront aussi témoins du visage de nuit du Christ au soir du Jeudi saint, à Gethsémani, dans ce qu’on a appelé une pédagogie de la Transfiguration, nous montrant le positif de notre être, en vue de nous fortifier pour le temps de l’épreuve.

9, 14-50 Prenant un enfant, il le plaça au milieu d’eux

20- Qui est le plus grand ? (Chapitre 9, versets 14-50)

  • Sommes-nous appelés à nous convertir dans nos recherches de places et de pouvoirs ? Et comment ?
  • Savons-nous nous réjouir de ce que d’autres chrétiens, différents de nous, sont aussi témoins du Seigneur ?
  • Pouvons-nous évoquer des situations concrètes ?
  • De quelles manières le disciple doit-il demeurer un enfant ?

Marc9_14-50

Dispute, silence gêné, qui est le plus grand ? se demandent les Douze. Jésus répond par un geste, allant jusqu’à s’identifier à un enfant dans sa condition d’alors mal considérée. Prolonger par la lecture de 10, 13-16.   L’enfant ne vit que par l’amour des autres, sa dépendance nous ouvre à notre propre condition face à Dieu, à notre dépendance filiale, semblable à celle du Christ (versets 37.38).

10, 1-16 Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas

21- Le couple, la famille, les enfants (Chapitre 10, versets 1 à 16)

  • Qu’avons-nous dû quitter pour fonder notre vie d’adulte ?
  • Acceptons-nous, aidons-nous nos enfants à nous quitter ?
  • Vivre la fidélité, malgré tout…  Un chemin de bonheur et de justice ?

Marc10_1-16

Face à la répudiation alors couramment admise, Jésus prend une position radicale, à contre-courant de l’opinion majoritaire, en argumentant à partir de la Genèse et du Deutéronome. Il ose interdire ce qu’autorisait la Loi. Le débat n’est pas clos pour autant.

10, 17-45   Nous avons tout quitté pour te suivre

22- Tout quitter ? (Chapitre 10, versets 17 à 45)

  • La suite de Jésus est-elle une priorité pour certains ? Pour nous ? A-t-elle conduit à vivre des choix résolus et définitifs ?
  • Comprenons-nous que l’Evangile peut conduire à des choix radicaux ?
  • « Va à la recherche de toi-même, et quand tu t’es trouvé, quitte-toi ! »  Comment comprenons-nous cette affirmation de Maître Eckhart ?

Marc10_17-45

Après l’échec à suivre Jésus de la part d’un homme riche, « car il avait de grands biens », Jésus rappelle aux disciples le danger des richesses. Mais il leur redit aussi la récompense promise à qui aura laissé à cause de lui le tableau des attraits du monde, matériels et affectifs. Sa personne, avec la perspective des persécutions et de la croix, s’interpose pour une plus grande joie. Ce que veut signifier l’image.

10, 46 – 11, 33   Sur le chemin de Jérusalem

23- Jésus, fils de David (Chapitre 10, verset 46, au chapitre 11, verset 33)

  • Jésus monte de Jéricho à Jérusalem : représentons-nous ce chemin, certains le connaissent peut-être.  Pouvons-nous penser à ce qui habite Jésus à ce moment ?
  • Nous avons parcouru des chemins, vécu des passages, qu’est-ce que cela dit de notre vie ?
  • Pourquoi un tel attachement de Jésus au Temple de Jérusalem ?

Marc10_46-11-33

Marc, comme Matthieu et Luc , ne présente qu’une seule montée de Jésus à Jérusalem au cours de sa vie publique, à la différence de Jean. Cette « montée », à la fois physique et spirituelle, est une montée vers la croix, prédite dans trois annonces de la Passion (la troisième ici aux versets 33.34). La figure du Fils de l’homme devient désormais chargée d’une dimension douloureuse, et le fameux secret demandé, concernant ses miracles, pour éviter une perspective de succès matériel, d’un royaume à la manière humaine, ce secret n’aura plus de raison d’être. La lecture d’Isaïe 53 a-t-elle révélé à Jésus cette nécessité de la souffrance du Serviteur ?

11, 12-25    Le figuier stérile

(Chapitre 11,12-25)

Marc11

Une action irrationnelle de Jésus, cherchant des figues hors saison ? Et si le figuier c’était des hommes ? Le récit encadre celui des vendeurs chassés du Temple, voué lui aussi à ne plus produire de fruit. Alain, philosophe, commente : « Les circonstances sont plus fortes que moi et vous. Attendons la saison des figues, c’est-à-dire le soleil et l’eau. Ces hommes s’excusent comme l’innocent figuier aurait pu faire. Et du coup la malédiction me traverse… On pourrait bien vivre tous comme des figuiers d’administration, faisant toute chose à date et selon l’édit des choses ou de César, et que même cela serait bien agréable, s’il n’y avait eu Jésus ; Mais ce qu’a dit Jésus ne peut être retiré ; ce qui est une fois révélé ne peut être retiré. »

12, 41-44     L’obole de la veuve

24- Jésus enseigne dans le Temple (Chapitre 12)

  • Nous avons choisi de ne pas découper ce chapitre ; cependant, on pourra ne retenir qu’un extrait de celui-ci, même si le lieu où se déroulent ces prises de parole du Seigneur, le Temple, unifie le passage.
  • Jésus est dans le Temple : qu’est-ce que ceci révèle de son identité, de sa mission ? De quelle manière Jésus opère-t-il une révolution dans la compréhension du Temple et de son rôle ?
  • Plusieurs des péricopes du passage retenu expriment la nouveauté apportée par le Christ, qu’en repérons-nous ?
  • En quoi ceci demeure-t-il un appel pour nous et pour aujourd’hui ?
  • Au cœur du passage, le premier commandement, recevons celui-ci et écoutons ses appels.

Marc12

En bon juif, Jésus a aimé le Temple de Jérusalem, d’où sa volonté de le purifier. Mais autour du Temple, que de bruit d’argent ! L’impôt, les offrandes détournées de leur vrai sens (7, 11-13),et même l’argent de Judas (14, 11). Un bon exemple que Jésus loue : le don de cette femme ; mais peut-être en sourdine : le Temple qui dévore le bien des veuves, comme les scribes dans l’épisode précédent (12, 40).

13     Tout sera détruit

25- La fin d’un monde (Chapitre 13)

  • Toute nouveauté appelle la fin d’autre chose : par quels signes voyons-nous dans l’Evangile une force qui détruit et qui construit ?
  • « Cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive »  (verset 30) : quel sens donnons-nous à cette affirmation ?
  • Jésus annonce la tribulation et la persécution pour ses disciples, comment comprenons-nous cela ? En voyons-nous des manifestations, hier et aujourd’hui, ailleurs et ici ?

Marc13

Jésus n’a cessé de prêcher un royaume de Dieu à l’issue imminente, et tout ce chapitre est marqué par le genre apocalyptique. Mais à la question des disciples : quand cela arrivera ? Jésus s’est toujours refusé à donner une réponse d’ordre chronologique, retenant seulement l’urgence de la conversion (verset 30) rappelant que le Fils lui-même ne sait pas l’heure (verset 32).Selon l’habitude des prophètes, un événement (destruction du Temple) rebondit vers une perspective de même sens mais plus lointaine (fin du monde).

14, 1-11   L’onction à Béthanie

26- Des gestes prophétiques (Chapitre 14, versets 1 à 11)

  • Chacun des gestes de ces versets révèle un aspect du mystère du Seigneur ; comment les repérons-nous et les comprenons-nous ?
  • Quels sens pouvons-nous donner au geste du Judas et à ce qui anime cet homme, un des Douze, appelé par le Seigneur ?
  • « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous… » (verset 7) : qu’est-ce que Jésus entend signifier ainsi ? Sommes-nous conduits à la résignation ? Ou bien à l’action ? Mais à laquelle ?

Marc14_1-11

Chacun des quatre évangiles a un récit d’onction, avec des différences, de lieu, de temps et de personnes, mais aussi des points communs : une femme avec un parfum précieux, qui oint le Seigneur, sur les pieds ou sur la tête, et essuie avec ses cheveux. Chez Marc, Jésus accepte qu’on dépense pour rendre hommage à sa personne, il accueille les gestes d’amour et de respect, sans se soucier du qu’en dira-t-on, d’autant que son départ est si proche !

14, 12-25     La Cène

27- Les adieux du Seigneur (Chapitre 14, versets 12 à 52)

  • Le dernier repas : des adieux, un mémorial, une présence…
  • Essayons de dire les rapports entre la Cène et nos liturgies eucharistiques.
  • Gethsémani : de la peur à la confiance. Déjà une Pâque ; un mot, une réalité, qui éclaire tout l’évangile, la vie du Seigneur, la vie de l’Eglise, notre vie…  Quelles sont les pâques que nous avons vécues, auxquelles nous sommes appelés ?
  • « Abba… Père »  (verset 36) : le rapport de Jésus à son Père ; notre rapport au Père.

Marc14_12-52

Chez Marc, le repas du Jeudi saint au soir est présenté comme le repas pascal des juifs, ou au moins dans un climat pascal ; c’est aussi un repas d’adieu, mais qui, par les paroles d’institution de l’Eucharistie, transcende le temps. (Vitrail à Notre-Dame de Niort.)

14, 26-52    A Gethsémani

(Chapitre 14,12-52)

Marc14_12-52B

« Il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui. » Abba, Père… Triple allée et venue à l’égard des disciples, mais éloignement grandissant, esseulement (de tous à trois, à lui seul). Triple prière, humaine, filiale. Insistance sur l’endormissement des disciples, silencieux. Hébreux 5, 8.9 : « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance, et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. » On peut lire les pensées de Pascal, n°553. Images tirées de « la Passion » (C.R.E.R. Angers. 1976)

14,53 – 15,15     Livré

28- Les procès de Jésus (Chapitre 14, versets 53 au chapitre 15, verset 15)

  • Repérons les motifs pour lesquels Jésus est condamné ; que révèlent-ils de l’identité et de la mission du Seigneur ?
  • Qu’est-ce que ces procès révèlent des pouvoirs religieux et politiques ?
  • Comment comprenons-nous l’attitude de Pierre durant les procès de son maître ?

Marc14_53-15_15

Un mot court une dizaine de fois dans le récit de la Passion selon Marc : livrer, qui signifie donner totalement, sans retour. Ce verbe a déjà été utilisé pour Jean-Baptiste (1, 14), et c’est bien sûr celui qui désigne à plusieurs reprises Judas, « celui qui livra » Jésus, aux grands prêtres (14, 10.11), puis ceux-ci à Pilate (15, 1), enfin Pilate qui « le livra pour qu’il soit crucifié » (15, 15). Plus profondément, c’est aux mains des hommes que Jésus est livré (9, 31), aux mains des pécheurs (14, 41). Le fils de l’homme ne dit-il pas lui-même être venu « pour donner (livrer) sa vie en rançon pour la multitude » ? (10, 45). Les disciples sont appelés à suivre le même chemin : « on vous livrera »(13, 9.11.12). Les trois reniements de Pierre vont grandissant selon Marc, jusqu’au serment (14, 71). L’image n’est pas figée sur un instant précis. Elle évoque toutes les sortes d’oppositions.

15, 16-47     Au lieu dit Golgotha

29- La mort du Seigneur (Chapitre 15, verset 16 à 47)

  • Essayons de repérer et de décrire les attitudes de tous les protagonistes. Chacun de nous peut-il se reconnaître, non pas dans tel ou tel, mais chez chacun d’eux ?
  • Les silences et les paroles du Seigneur. Accueillons-les, recevons leurs appels.
  • Comment comprendre la profession de foi du centurion ?

Marc15_16-47

Que de monde au calvaire ! Soldats, passants, grands prêtres et scribes, deux bandits, un centurion, les saintes femmes… Que de paroles aussi au calvaire ! Insultes, moqueries, profession de foi (15, 39) et silences… Comment nous situer parmi tous ces personnages ?

16     Il est ressuscité

30- De Jésus de Nazareth au Ressuscité  (Chapitre 16)

  • Jésus n’est plus là, désormais il est le Ressuscité : que signifie ce passage ? Cette absence ? Cette présence ?
  • La première place est donnée aux femmes ; qu’est-ce que cela suscite en nous ?

Marc16 Retenons seulement les huit premiers versets, la suite étant un ajout plus tardif à l’évangile de Marc (voir les notes dans les bibles). Un temps nouveau, dans l’ordre de la création (premier jour, matin, soleil), mais aussi une suite : la pierre roulée, les mêmes Marie mère de Jacques et Salomé. Au cœur du récit, le message : « Il est ressuscité : il n’est pas ici », message à transmettre pour un rendez-vous en Galilée, comme promis en 14, 28. Dans la meilleure tradition de Marc, tout se termine par le silence et la peur. La foi chrétienne fera appel à d’autres témoins.