Solennité de sainte Radegonde

Par le Pôle communication – 

Chaque 13 août l’Église fête sainte Radegonde, patronne de Poitiers et patronne secondaire de la France.

Cette année, cette fête tombe un dimanche.

La messe de 11h habituellement à la cathédrale aura lieu à l’église Sainte-Radegonde avec les moniales de l’abbaye Sainte-Croix.

A 14h30, Monique Béraud fera visiter l’église Sainte-Radegonde et la cellule (rue des Carolus).

A 16h30, à l’abbaye Sainte-Croix (la Cossonière) mère Martina, abbesse émérite, présentera « Sainte-Croix, hier et aujourd’hui ». Cette conférence sera suivie des vêpres à 17h30.

Cette solennité est l’occasion de revenir sur la vie de cette sainte, chère aux poitevins mais aussi à nos frères de Thuringe.

La vie de sainte Radegonde est  une des mieux connues pour le VIème siècle, grâce à plusieurs biographes, Venance Fortunat son contemporain et ami et un peu plus tard Baudonivie une moniale poitevine. Elle a donné lieu aussi à de nombreux récits à caractère plus ou moins légendaires.

Il est vrai que c’est une vie assez exceptionnelle, marquée par la violence mais aussi par une volonté farouche de suivre le Christ avec les risques encourus dans un temps où on concédait si peu de liberté aux femmes.

Princesse née vers 520 en Thuringe,elle avait rejoint la cour des rois francs comme prisonnière à l’âge de onze ans. Prise en amitié par la reine, elle reçut une solide éducation, rare pour l’époque, au plan religieux (connaissance du latin, lecture des Saintes Ecritures) mais aussi profane.

A la mort de la reine en 538, Clotaire Ier, fils de Clovis en fait sa quatrième épouse et Radegonde devient reine des Francs, probablement contre son gré: elle aurait fui avant d’être ramenée de force pour que le mariage puisse être célébré. Sa volonté de vivre humblement en servante du Christ se heurta bien vite aux exigences de son statut et au caractère violent de son époux. Néanmoins elle obtint progressivement un peu d’autonomie se dévouant aux pauvres.

L’assassinat de son frère par Clotaire Ier la conduisit à quitter la cour et elle obtint de l’évêque Médard (futur saint), qui l’avait mariée de la consacrer diaconesse et de la faire moniale. Bénéficiant d’un nouveau canon protégeant les moniales, elle put ainsi échapper à la poursuite de son époux. Après un pèlerinage à Tours sur le tombeau de saint Martin, elle s’installe à Saix, Vienne, sur une terre donnée par son époux et y fonde un oratoire et un hospice.

Elle s’installe ensuite à Poitiers et y fonda avec une poignée de jeunes filles,  le monastère de Notre-Dame (nommé plus tard  Sainte-Croix) en 552 ou 553. Accompagnée d’Agnès qu’elle établira plus tard comme abbesse et du poète italien Venance Fortunat,  Radegonde avait été à Arles pour s’informer sur la règle de saint Césaire afin de l’adopter et place ensuite son abbaye sous la protection du Saint-Siège afin de se libérer de la tutelle épiscopale et royale.

Le culte des reliques occupait une large place dans la religiosité de ces temps et Radegonde rassembla un grand nombre de reliques dans son monastère. Elle obtint ainsi de l’empereur Justin II un fragment de la Croix du Christ, toujours présent dans le monastère. Venance Fortunat composa l’hymne « Vexilia regis prodeunt » toujours chanté pour l’arrivée de cette relique insigne.

Même moniale, Radegonde conserva toujours une grande influence « politique », usant ainsi de son autorité et de sa réputation de vie ascétique pour rétablir la paix entre les fils de Clotaire après la mort de leur père et influença fortement Sigebert Ier qui lui succéda.

Elle rejoignit celui à qui elle avait donné sa vie, le Christ, le 13 août 587 dans son cher monastère et fut inhumée dans l’église abbatiale Sainte-Mère-de Dieu ou Sainte-Marie-hors-les-murs à l’emplacement de l’actuelle église Sainte-radegonde.

Radegonde a été canonisée peu de temps près sa mort. Elle est patronne de Poitiers et  patronne secondaire de la France.

Voir le reportage de France 3 diffusé ce 13 août 2017