Vendredi Saint : La Passion du Seigneur

Par Julien Girardin-Stika – Pôle communication

L’office du Vendredi saint, appelé « célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de la Passion.

La Passion du Seigneur

Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels.

Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.

Prostration

Prostration
Photo : Julien Girardin-Stika

Un liturgie sobre 

Les prêtres s’avancent en silence et se prosternent. Cette prostration « exprime en effet l’humble « condition du premier homme »  ainsi que le chagrin et la douleur de l’Église. » (Missel romain, Vendredi-Saint, n. 5, II° prière.). C’est ensuite le temps d’écouter la Parole de Dieu. La première lecture est un passage du livre d’Isaïe, qu’on appelle « Chant du Serviteur souffrant » (Is 52,13 – 53,12).Cette lecture est suivie du psaume 30 puis de la Lettre aux Hébreux (He 4,14-16 ; 5,7-9),qui met en relief le caractère salvifique de la mort de Jésus. La lecture de la Passion selon Saint Jean est elle aussi empreinte d’une grande sobriété et d’une grande solennité. Après les paroles annonçant la mort du Seigneur – « il rendit l’esprit » – tous se mettent à genoux et l’on s’arrête un moment avant de reprendre la lecture.

La mort, un scandale et une douleur

Vénération de la Croix

Vénération de la Croix
Photo : Jean-Eric Mallet

Monseigneur Wintzer, dans son homélie du Vendredi Saint a insisté sur l’aspect douloureux mais également scandaleux de la mort. « Certains espèrent la « mort douce ». Elle peut l’être si on peut atténuer des souffrances physiques, si on peut aussi, surtout par l’amour, l’amitié, la prière, la présence, apaiser les angoisses du cœur, mais la mort, en elle-même, ne sera jamais douce, elle est toujours scandaleuse et douloureuse. » Et pourtant, malgré ce scandale, c’est encore le Christ qui ouvre un chemin : « Pour le Seigneur, sur la croix, c’est la parole de pardon qui donne tout son sens à sa mort, et qui en contredit l’absurde. » Il ajoute plus loin : « La mort du Seigneur vient alors interdire et mettre à mal une des tentations les plus dangereuses qui font chuter l’homme, la tentation du non-sens de la vie, un non-sens dont le non-sens de la mort ne serait que l’expression la plus forte. »

En conclusion, Monseigneur Wintzer formule une prière que chacun pourrait reprendre pour lui-même : « Avec vous, je prie le Seigneur pour que, le moment venu, que ce moment intervienne demain ou dans quarante ans, ceci m’importe à vrai dire assez peu, donc, je prie le Seigneur non pas pour qu’il retarde ce qui ne peut l’être, mais je le prie pour qu’il me donne d’être encore un disciple à ce moment-là, qu’il m’aide à mettre encore mes pas dans ses pas, en lui à me remettre au Père.« 

Lire l’homélie de Monseigneur Wintzer

Une prière universelle qui embrasse toute l’Humanité

Vénération de la Croix

Vénération de la Croix
Photo : Julien Girardin-Stika

Lors de la prière universelle, c’est toute l’Humanité qui est portée sous le regard miséricordieux de Dieu. Ainsi, l’assemblée des fidèles prie pour l’Eglise, le Pape, le clergé et les fidèles, les catéchumènes, l’unité des chrétiens, les Juifs, ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ, ceux qui ne croient pas en Dieu, pour les pouvoirs publics et enfin pour tous les hommes dans l’épreuve.

La vénération de la Croix

Un moment important poursuit la célébration : la vénération de la Croix. Par trois fois, Monseigneur Wintzer a fait la présentation de la croix en l´élevant et en chantant : « Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde. » L’assemblée répondait alors : « Venez, adorons ! ». En effet, par la suite, chacun s’est présenté devant Elle et par un signe toujours emprunt de respect et d’amour, a pu marquer un temps. En ce moment de vénération, nous reconnaissons le sacrifice du Christ qui s’est offert pour tous les hommes.

Après le Notre Père, chacun a pu communier, bien qu’il n’y ait pas de célébration eucharistique le Vendredi Saint. Pour rester dans cet esprit de sobriété, signe du deuil que porte l’Eglise, tous sont repartis en silence.

"Vénération

Vénération des reliques de la Sainte-Croix
Photo : Julien Girardin-Stika

La Croix n’est-elle pas un instrument de mort et de souffrance ?

Si le Vendredi Saint célèbre la Passion du Seigneur, ce n’est pas dans une perspective morbide ni par goût de la souffrance. La Passion s’éclaire en effet au feu de la Résurrection du Christ qui abolit la mort. La Croix sans la résurrection n’aurait pas beaucoup de sens. Bien sûr le sacrifice du Christ, qui se livre sur le bois de la Croix est une preuve de son amour immense. Mais par la Résurrection, il offre à chacun le Salut. Après la longue veille dans l’obscurité de la Vigile pascale, l’Alléluia de la résurrection retentira en effet de nouveau. Le feu de l’amour de Dieu illuminera la nuit : le Christ a vaincu la mort !