Conférence : Je suis le chemin

Abbaye Saint-Martin de Ligugé - 15h-17h

Par Mgr François Favreau, Evêque émérite de Nanterre.

Présentation de la recherche réalisée
« Je suis le chemin, la vérité et la vie » Jean 14, 6

2ème partie : Le cap de l’espérance

Dans les années qui viennent de s’écouler, nous avons été occupés

– à renouer les liens avec tant d’hommes et de femmes qui étaient devenus étrangers à la foi alors que, par le baptême, l’Eglise était « leur famille religieuse »
– à chercher la façon adaptée de transmettre la bonne nouvelle qu’est Jésus Christ (langage, outils de communication, pédagogie)
– à donner aux communautés chrétiennes un visage de fraternité
– à fournir des formations de la foi au plus grand nombre de fidèles.

Tout cela était bon… et reste bon !

Mais nous avons trop ignoré

– le fait d’une sécularisation rendant le «sol culturel» de notre pays «impropre, sinon hostile» à la semence qu’est la Parole de Dieu,
– le fait de modes de vie rendant difficile une vie accordée à la foi en Jésus Christ et une appartenance concrète à l’Eglise (le temps émietté : l’espace éclaté : les relations des proximité rompues)
– le fait de la rupture de transmission.

Nous sommes dans un temps où, au christianisme, est assez souvent reconnu d’être au service de l’humain mais où il lui est demandé de taire le divin ! Nous sommes dans un temps qui croit que le présent peut et doit se suffire à lui-même car il n’y a plus de «Promesse» : «le futur est sans avenir» a-t-on écrit.

Le danger serait d’aller vers un «repli identitaire». L’urgence est bien plutôt dans une découverte, à frais nouveaux, de ce que nous croyons (de Celui en qui nous croyons) et dans l’acceptation d’avoir à rendre compte de l’espérance qui nous habite. Or cette espérance est théologale. Elle est mystique. Elle est spirituelle. Mais cette même espérance ne garde pas les yeux vers le ciel : elle mène au combat pour l’homme d’aujourd’hui, pour lui dire qu’il a vocation d’icône de Dieu ! L’espérance est la vertu du présent.

Il y a quelques années, nous avons été invités à «aller au cœur de la foi», à nous laisser façonner par le mystère pascal. Il ne s’agissait pas d’une rénovation «une fois pour toutes», car la liturgie, précisément, nous invite chaque année à faire cet itinéraire pascal. C’est d’ailleurs une «grâce retrouvée» par beaucoup dans nos communautés !

Selon moi deux autres nécessités se présentent :

– se tenir à la Source de la vie qu’est Jésus le Christ. Jésus qui se présente comme «le chemin, la vérité et la vie» (Jean 14). La vie chrétienne est «une suite du Christ» en Eglise.
– inventorier les points importants pour présenter la foi (et pour en vivre) dans la situation qui est celle de notre pays. Je les appelle « les fondamentaux de la foi »

§§§

J’ai suivi un plan identique pour les trois thèmes : le chemin, la vérité et la vie

– tout d’abord une évocation de la situation dans notre pays,
– ensuite, un parcours, essentiellement dans les évangiles, recevant ceux-ci comme la Parole de Dieu à nous adresser aujourd’hui,
– enfin une présentation brève des quelques points importants pour « une vie dans le Christ ». Volontairement, j’ai commencé par situer l’Eglise et sa charge par rapport à la route à faire, à la vérité à accueillir et à la vie à mener.

Je serais heureux si , dans les entretiens ici à Ligugé, avec deux rencontres pour chaque thème, pouvaient naître des rencontres d’approfondissement, de partage et de recherche de moyens de transmission de la bonne nouvelle.

Mgr François.FAVREAU

Fermer