Retour de Terre Sainte

Par le père Yves-Marie BLANCHARD

Un pèlerinage en Terre Sainte n’est jamais un voyage ordinaire. La découverte des paysages bibliques, la lecture des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament sur les sites eux-mêmes, la célébration quotidienne de l’eucharistie dans des lieux aussi évocateurs que le Mont Thabor ou la basilique du Saint-Sépulcre, tout cela marque les esprits, touche les cœurs et, en quelque sorte, confère un poids de vérité « géographique » à ce que nous vivons d’ordinaire comme « l’histoire » du salut.

C’est bien ce qu’ont vécu les quarante-trois pèlerins réunis sous la bannière du diocèse de Poitiers qui, durant dix jours, ont cheminé depuis les hauteurs de l’éblouissante Petra (Jordanie) jusqu’au cœur des évangiles, à Nazareth, Bethléem, Jérusalem, sans oublier les rives du lac (Capharnaüm, Tabgha) et les sommets de Galilée (Béatitudes, Transfiguration), ni même négliger la région côtière (Saint-Jean d’Acre et Césarée-Maritime) ou bien encore la Mer Morte et l’un des sites possibles du baptême de Jésus.

Pèlerinage en Terre Sainte

Bref, ce fut un programme dense et relativement complet, enraciné dans l’Ancien Testament (le passage en Jordanie – Amman, Madaba, Mont Nebo – nous a permis d’évoquer les Pères dans la foi : Abraham, Moïse ou Josué) et centré sur le parcours de Jésus, de la riante Galilée à la Cité sainte, Jérusalem, sans doute plus sévère mais si chère à nos cœurs de croyants. Le chemin de Croix, vécu dans les ruelles encombrées de la vieille ville, aura profondément touché et, sans doute nourri la foi de plus d’un d’entre nous. Le passage au mémorial juif de la Shoah (Yad Vashem) nous aura rappelé l’horreur des crimes commis au siècle dernier et reproduits encore en bien des régions du monde.

Nous retiendrons aussi la force des rencontres et la richesse des témoignages reçus à Nazareth, Bethléem et Abou Gosh : merci à petite sœur Lucile, sœur Élodie, frère Olivier, qui nous ont aidés à comprendre la réalité complexe d’un pays divisé, où pourtant quelques-uns entretiennent la lumière d’une paix si fragile ! Merci à nos guides, jordanien et palestinien, tous deux chrétiens et familiers de la France, qui nous ont conduits sur les routes d’un si beau pays, à proprement parler la « Terre Sainte » où s’est écrit, une fois pour toutes, le grand récit de salut dont nous vivons aujourd’hui et que, sans doute, nous aurons encore plus d’ardeur à lire, méditer, partager.

La démarche de pèlerinage aux Lieux saints, vécue dans un esprit de « synode », nous aura marqués pour longtemps. Les relations fraternelles vécues au sein d’un groupe ponctuel et discipliné – les guides locaux nous en ont félicités ! – auront largement contribué au succès de ce qu’il faut bien appeler un « moment de grâce ».

5 décembre 2017

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