Vivre le carême

Par Mihaja Rasamoelison, service communication

 « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis avec des boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. »

Mathieu 25 : 31-46

Nous entrons dans la période de la mi-carême, ainsi à travers ce verset biblique, méditons et portons chaque semaine une pensée sur tous nos semblables, partageons, aimons et marchons ensemble.

Prisonniers de l’habitude, de la routine, prisonnier de nos dépendances, de nos difficultés familiales ou financières, prisonniers de nos déprimes ou du temps qui passe trop vite, prisonnier de notre travail qui n’est pas celui dont nous rêvions, prisonniers du chômage…..il existe mille forme de prisons. La situation de crise peut retourner une vie, la rendre tout autre, pour le pire mais aussi pour le meilleur.

L’aumônier de prison est celui qui rencontre  et accompagne la vie des détenus. Bruno Genet, aumônier de prison, témoigne la vie des détenus derrières les grandes murs de la prison.

Et si j’étais aumônier de prison ?

Bruno Genet aumônier de prison, les situations difficiles il les connait, il les rencontre et il vit avec les détenus. Il s’agit là d’un extrême direz-vous, et vous aurez sans doute raison. Pourtant, ne peut-on pas trouver certaines similitudes avec le quotidien de beaucoup d’entre nous ? L’enfermement ne se vit pas uniquement derrière les barreaux. Jean-Jacques Rousseau écrivait dans le Contrat social : « L’homme est né libre et partout il est dans les fers. »

Bruno rencontre beaucoup de détenus qui avait une vie avant la prison et qui n’auront plus jamais la même après. Il ne s’agit pas toujours de vie intrépide et malhonnête. « Il y a des « monsieur et madame tout le monde » derrière les barreaux ».

Une renaissance à une nouvelle vie 

La solitude, la peur, l’angoisse, la vie des détenus sont de loin similaires à la vie quotidienne. Une seule envie, c’est de retrouver une vie normale en dehors des barreaux. Mais bien que la prison soit un moment difficile et pénible dans la vie d’un détenu, il arrive que ça soit un commencement d’une nouvelle vie.

Et si je n’avais pas commis ce délit. Et si je pouvais faire autrement. Quelle était l’erreur de ma vie ? Quel chemin devrais-je suivre ? La dureté de l’enfermement emmène chaque individu à se remettre en question. Lorsqu’on est face à une situation difficile de la vie, on a plus envie d’avancer, on sent que toutes les choses autour de nous s’écroulent. Gaston Bachelard disait que « L’échec n’est qu’une preuve négative, l’échec est toujours expérimental ». C’est à ce moment-là que la relecture de sa vie est un moment clé pour un nouveau départ. Un détenu a écrit un poème : « ici j’ai nettoyé mon âme, ici j’ai trouvé la vérité ». Il ne s’agit donc pas de s’accommoder de l’échec mais d’en tirer toutes les leçons possibles pour l’avenir.

L’épreuve un chemin vers Dieu

Dans la vie chrétienne, c’est la rupture du lien personnel du croyant avec Dieu qui est considéré comme étant un péché. Il est donc essentiel de ne pas la confondre avec ses actes. Il y découvre en prison le fait que Dieu est le fil conducteur entre la sanction et le pardon. En détention, la foi devient un accompagnateur de tous les jours et source d’espoir. La foi chrétienne, invite ainsi à porter un regard sur l’avenir.
L’aumônier de prison doit être disponible à tous, peu importe le délit ou le crime reprochés, quel que soient le poids et la peine infligée par la société, un homme vaut plus que les actes qu’il a commis. Et rien ne peut lui enlever sa dignité en tant que fils de Dieu.

Qu’est-ce que le carême ?

Le mot « carême » vient du latin quadragesima (le quarantième jour). Le carême, ce sont les 40 jours pour se préparer à la fête de Pâques. Ce nombre est courant dans la Bible : les 40 jours du déluge, les 40 années du peuple hébreu dans le désert avant d’atteindre la terre promise, les 40 jours de Jésus dans le désert pour affronter la Tentation. Il symbolise le temps d’une vie : c’est prendre le temps d’agir. Il débute le mercredi des Cendres et s’achève le dimanche des Rameaux. Quand on parle de 40 jours, on ne compte pas les dimanches, car le dimanche est jour de résurrection.

Les trois mots du carême à retenir :

  • Jeûner : le jeûne est une privation de nourriture ou de quelque chose qui est nécessaire ou agréable (TV, ordinateur, …) destinée à donner plus de temps aux autres et à Dieu dans sa vie.
  • Partager : le partage ou l’aumône c’est le don de ce que l’on possède (argent, temps) pour le bien des autres.
  • Prier : la prière est un dialogue avec Dieu. C’est prendre du temps pour lui parler avec confiance, lui dire merci, lui demander de l’aide et la force d’affronter des difficultés)
    Chacun de nous est particulièrement invité pendant ce temps de carême à jeûner, partager et prier. De petits initiatives toutes simples peuvent être choisies et vécues personnellement, en famille, en communauté et en Église. Que choisissez-vous ?

Source : CEF

Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 14 février 2018, et s’achève le Jeudi Saint, avant la célébration de la Cène du Seigneur.
Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.

On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l’Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l’être. On peut y lire que quand l’homme se recouvre de cendres, c’est qu’il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés : il fait pénitence.
Un symbole de renaissance
Tous, nous faisons l’expérience du péché. Comment s’en dégager ? Jésus nous apprend que nous serons victorieux du péché quand nous aurons appris par l’Evangile à remplacer le feu du mal par le feu de l’Amour. Car le feu qui brûle ce jour détruit d’abord mais, en même temps, ce feu éclaire, réchauffe, réconforte, guide et encourage.
La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l’humilité. La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres.
Tout en le marquant, le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». L’évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – qui incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :
Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret.
Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret.
Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret.

Pour aller plus loin :
Message du pape François pour le Carême