Avent : Venue, avènement

4 semaines, 4 méditations !

Préparez les chemins du Seigneur !

Jean-Baptiste, entraine-nous au désert.
Alors les yeux de notre cœur s’ouvriront pour reconnaître la présence de Dieu dans nos vies.
Nous (re) découvrirons que c’est lui notre source véritable et non pas tout ce qui encombre nos vies.
Il nous a créés à son image, il est venu jusqu’à nous en se faisant petit enfant dans la nuit de Bethléem. Mettons nos pas dans les siens pour apprendre à marcher avec lui.

Jean-Baptiste, donne-nous d’entendre ton appel à la conversion.
Alors nos yeux sauront deviner la présence de Dieu dans nos frères et sœurs et dans la création.
« Depuis que Dieu s’est fait homme, tout visage humain devient le lieu de sa rencontre », dit le Père Louis-Marie Baudouin, fondateur de la congrégation des Ursulines de Jésus. Ouvrons nos mains pour partager avec les autres et semer des petites graines de fraternité et de paix pour un monde meilleur.

Jean-Baptiste, apprends-nous l’humilité.
Alors nous comprendrons que nous ne pouvons marcher seuls, car c’est en Eglise que nous aurons la force et le courage de nous mettre à la suite de Jésus pour devenir témoins de la bonne nouvelle de l’Evangile.

Jean-Baptiste, apprends-nous la joie.
Toi qui as tressailli de joie dans le sein d’Elisabeth au jour de la Visitation, que chaque jour qui nous rapproche de Noël nous fasse grandir dans cette joie paisible et profonde, au-delà des difficultés de toutes sortes, qui nous conduira devant la crèche où reposes Jésus, le Vivant, le Fils de Dieu.

Sœur Jeanine Barbot, Ursuline de Jésus
12 décembre 2017

 

Par Mgr Wintzer – Archevêque de Poitiers

L’appel de l’Avent s’exprime d’un verbe, d’un impératif : « Veillez ! »
Or, il semble que la veille soit aujourd’hui une pratique qu’il n’est pas nécessaire d’encourager : nous sommes perpétuellement en « mode veille », ou plutôt, tous nos appareils sont en mode veille.
Chez soi, il s’agit des postes de télévision, on peine désormais à les éteindre complètement, et ceci a des conséquences sur la consommation électrique. Surtout, ce sont les appareils nomades qui sont perpétuellement en veille ; en plus, on les paramètre pour qu’ils nous envoient toutes sortes d’alertes. D’où les petites sonneries et vibrations diverses qui attirent notre attention sur telle ou telle actualité, sans doute de la plus haute importance…
Grâce à cela, je dirais plutôt à cause de cela, de toutes ces veilles et alertes, ce sont désormais les appareils qui veillent sur nous, ou bien les logiciels qui prennent la place de notre intelligence.

La veille à laquelle appelle l’Evangile ne passe pas par des machines, en tout cas la veille chrétienne interdit que des machines prennent notre place.
L’Esprit Saint n’est pas non plus un logiciel de veille qui enverrait des alertes dispensant de garder un cœur ouvert et attentif.

La vigilance de l’Avent s’exprime par des attitudes très simples :
Qu’elle est la dernière pensée qui habite l’esprit avant que l’on se couche le soir ? Ou bien quelle est la première pensée qui vient à nous lors du réveil ?
Puisque nous croyons en Dieu, il faut que ces pensées soient chrétiennes, croyantes. Mais comment faire ?
Avant de s’endormir, il suffit de lire une prière, ou bien quelques lignes, ou simplement quelques mots de l’Evangile du lendemain ; on verra que, de manière mystérieuse, cette phrase aura travaillé le cœur pendant la nuit.
Le matin, il suffit de dire un seul mot : « Merci » ; il suffit de dire : « Merci Seigneur pour cette nouvelle journée qui commence ; je sais que tu seras présent ; aide-moi à te voir et à t’écouter ».

Être en veille, demeurer veilleur, passe par ce genre de comportements.
Plutôt que de compter sur les veilles électroniques, misons sur la veille de l’esprit, la veille de notre esprit ; l’Esprit Saint, quant à lui, il est en veille perpétuelle.

Quant au meilleur des conseils, il est de pratiquer la disponibilité du cœur et de l’intelligence ; de cette manière on se refuse à dire à Dieu qui il doit être, ce qu’il doit dire.

« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet. Et surtout, la pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer. Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. Car l’homme ne peut pas les trouver par ses propres forces, et s’il se met à leur recherche, il trouvera à la place de faux biens dont il ne saura pas discerner la fausseté. » Simone Weil, Attente de Dieu.

Quelle est la signification de l’Avent?

Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement »). s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël.

L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché.

Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques). L’Église relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans » l’aujourd’hui » de sa liturgie » .

(Source : http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/noel/369326-avent/)

L’avent – qu’est-ce que c’est ?

C’est le début de l’année liturgique. L’année des chrétiens commence au premier jour de l’avent, cette année, le sera le dimanche 3 décembre ou, plus exactement la veille au soir. La 4ème semaine de l’avent sera très courte, elle ne durera qu’une journée car le 4ème dimanche de l’avent se trouve le 24 décembre, et le soir, c’est déjà Noël.

Pourquoi la veille au soir ?

Parce que pour les chrétiens, le dimanche commence la veille au soir. Si nous allons à la messe du samedi soir, ce sera les textes du dimanche.
Ceux qui prient les psaumes en paroisse ou dans les monastères commencent par les premières vêpres du dimanche, qui se déroulent la veille au soir. Dans le judaïsme, la journée commence le soir et les chrétiens ont gardé ce découpage du temps pour le jour de la semaine le plus important : le jour du Seigneur, le dimanche.

Toute une période pour se préparer à Noël

Comment se préparer à accueillir le Fils de Dieu, le Verbe fait chair ?
Pouvons-nous de but en blanc contempler Dieu, le Fils de Dieu, Jésus-Christ en un tout-petit enfant couché dans une mangeoire, impuissant, dépendant en tout de Joseph et de Marie…
Un temps nous est proposé pour préparer notre cœur.

Cette attente se vit sur 4 semaines. On lit ce qu’annonce les prophètes sur la venue du Messie (première lecture) et on s’appuie sur les grandes figures du Nouveau Testament qui nous disent que Jésus est le messie attendu : Jean-Baptiste et Marie.

Attendre, veiller, préparer les chemins du Seigneur, rester vigilants est l’appel de ce temps de l’avent.

Le prêtre porte une étole et une chasuble violette pendant l’avent. Qu’est-ce que cela signifie ?

Le violet en liturgie est la couleur de la préparation à un temps liturgique plus important (Noël et Pâques). Se préparer à Noël, c’est attendre le Messie mais pas de manière passive… les textes nous invitent à la vigilance, à la prière, à la supplication. Le violet à Noël signifie donc l’attente du temps de Noël, il nous invite à revenir à Celui que nous attendons, à nous préparer à sa venue par la prière et le service des autres dans lesquels nous avons à reconnaître aussi le messie qui vient à nous, comme le disent certains contes de Noël.

Le rose, lorsqu’il est porté par le prêtre le troisième dimanche de l’avent (« dimanche de Gaudete » ou dimanche de la joie) souligne que l’attente est joyeuse et que la fête approche. On est à mi-chemin et cette couleur fait écho à la joie de Noël qui se profile.

Comment signifier cette attente dans la célébration ?

Plusieurs moyens existent :

  • Le plus connu est la couronne de l’avent avec les bougies. On peut imaginer que de dimanche en dimanche 1 personne puis 2, puis 3 puis 4 apportent en les bougies allumées dans la procession lors de l’entrée en célébration. S’il n’y a pas pas de procession d’entrée, elles sont simplement allumées soient avant la célébration, soit solennellement pendant le mot d’accueil. Les bougies allumées décomptent les semaines qui nous séparent de Noël… elles symbolisent notre attente de la venue du messie. Les quatre bougies de l’avent sont en attente d’être toutes allumées. Plus la lumière brille, plus le jour de Noël approche. Jésus est la lumière qui vient dans le monde. L’équipe qui fleurit l’Église peut aussi choisir un bouquet évolutif permettant de mettre en valeur les bougies.
  • Le choix des chants peut aussi permettre de soutenir la vigilance. Certains chants anciens renvoient comme un signal qu’on est dans le temps de l’avent (Aube nouvelle, Venez divin Messie…), d’autres plus récents témoignent aussi de cette attente du Christ qui vient dans le monde. Les chants sont nombreux.
    Un même chant peut être choisi pour dire l’unité de ce temps liturgique. Ce peut être telle partie de l’ordinaire ou un chant invitant à la vigilance.
  • Enfin, bien évidemment la crèche confectionnée par les familles à la maison a aussi une place particulière dans l’Église. Elle dit notre attente de l’enfant Jésus qui y trouvera place à Noël.

Pourquoi donc, pendant l’avent, on ne chante pas le « Gloire à Dieu » ?

On est dans une disposition de préparation à la venue de Jésus, et le fait de ne pas chanter le « Gloire à Dieu » dit encore d’une autre manière notre attente… Nous aurons envie de le chanter à pleine voix à Noël. Le début du « Gloire à Dieu » est la reprise de l’annonce de la naissance du Christ aux bergers. Relisons ensemble cette annonce dans l’évangile de Luc au chapitre 2 (Lc 2, 12-14)

(…) Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Pour que le « Gloire à Dieu », chant de Noël par excellence, retentisse par nos voix et dans nos cœurs, nous nous abstenons de le chanter pendant la période qui nous prépare à accueillir l’enfant Jésus, le Seigneur notre Dieu.

Et que dire pour conclure ?

Bel avent à tous, bonne préparation à Noël, le Seigneur vient…

Vivre l’Avent avec les enfants…

Avec Théobule

Autres sources pédagogiques…

De la paroisse Saint-Jacques des Hauts de Poitiers

Fabrique ta boule de Noël !

Par Julien Girardin-Stika, Pôle communication

La grande fête de Noël est marquée par bien des traditions et des coutumes. Si les enfants sont souvent très pressés de faire le sapin, ils ne dédaignent pas leur plaisir lorsqu’il faut faire la crèche. Nos églises s’embellissent et de magnifiques crèches fleurissent un peu partout.

Plus qu’un simple objet décoratif, la crèche représente bien plus qu’une simple tradition de Noël.

Naissance de la crèche : entre faits historiques et légende

L’histoire raconte que Saint François d’assise, après sa visite de la basilique de la Nativité de Bethléem, voulu reproduire la scène en créant une crèche vivante. Ainsi, la première crèche vit le jour en 1223 à Greccio en Italie.

Fait historique ou légende, la crèche de François se répandit sous des formes variées, vivantes dans un premier temps puis avec des personnages en bois ou en terre. Exposées dans les églises et sur les places publiques, elles n’entrèrent dans les maisons que tardivement. C’est en effet sous la révolution française, principalement, que la pratique de la crèche privée trouva son origine. Interdite dans l’espace public, ces objets de piété furent développés dans des lieux plus discrets, afin de ne pas attirer l’attention des révolutionnaires, hostiles à la foi catholique.

La crèche évolue au fil du temps et s’agrémente de variations diverses et variées. On pense en particulier aux crèches automatisées et animées, aux crèches provençales et leurs santons (de santounpetit saint – en provençal) et à la vulgarisation de la crèche par une production massive de personnages en plâtre au style sulpicien.

Que trouve-t-on dans la crèche ?

Une crèche classique s’organise autour de la mangeoire et de l’enfant Jésus. Marie, sa mère, et Joseph, accompagnés de l’âne et du bœuf sont autour de lui. A ce petit groupe de personnages se joignent les bergers qui ont, en tout premiers reçu l’annonce de la naissance du Messie.

Par la suite, lors de l’épiphanie, on ajoute traditionnellement les trois Mages (Gaspard, Melchior et Balthazar, qui symbolisent l’ensemble des peuples de la terre).

De nombreuses variantes existent et il n’est pas rare d’ajouter encore des personnages très variés, voire anachroniques, comme dans une crèche provençale ou tous les personnages de la vie locale sont présents (boulanger, prêtre, meunier, tambourinaire, rémouleur, le vieux et la vieille, le ravi, le maire…)

Un concentré de symbolisme

La crèche manifeste et explique l’Incarnation. Cet objet figure en effet la naissance du sauveur qui prend la condition humaine, se faisant pauvre parmi les pauvres. Il nait en effet dans une mangeoire, symbole d’humilité et de pauvreté. Il est en premier lieu adoré par les bergers, montrant ainsi une grande humilité et établissant une relation directe avec les hommes.  La crèche sous toutes ses formes rappelle le message d’amour de Dieu pour l’humanité qui envoie son fils unique afin de la racheter.

La présence des rois mages fait écho au psaume 71 :

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

« Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Église des gentils, les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en lui le Fils de Dieu et se prosternent devant lui ». Benoit XVI, homélie pour l’Epiphanie – 2013.

Une simple « décoration » de Noël ?

La crèche n’est pas seulement un objet du folklore de Noël. C’est également, et avant tout, une aide précieuse pour la prière et l’évangélisation.

Les enfants y trouveront en effet un support visuel et concret pour prier. C’est également l’occasion de prier en famille devant ce beau tableau de la Nativité de notre Seigneur. Contempler la crèche, c’est voir au travers de cette représentation, un symbole fort de notre Salut. C’est d’une certaine manière, une façon de « matérialiser » la foi, en la rendant concrète. Chacun peut en effet se sentir berger, roi mage…

Les enfants sont très sensibles et n’hésitent pas à poser des questions sur cet objet qu’ils apprécient beaucoup. C’est alors un bel outil d’évangélisation qui permet d’expliquer l’Incarnation, l’attente du Messie, l’histoire du Salut. Une fois encore, c’est rendre concret et visuel la foi qui nous transporte et nous fait vivre.

On pourrait penser que la crèche provençale, qui fait intervenir des personnages du quotidien s’éloigne du message originel de la crèche. Que viennent en effet faire tous ces personnages qui peuplaient nos villages et qui n’ont rien à voir avec la petite ville de Bethléem ? C’est l’irruption de la Nativité dans le monde d’aujourd’hui. Tous ces petits santons qui vont apporter des cadeaux, et leur vie, à l’Enfant Jésus, c’est chaque homme, chaque femme du village. C’est moi, c’est vous, c’est nous !

Le pape François, en bénissant la crèche de la place Saint-Pierre le 9 décembre 2016, rappelait que « la crèche et l’arbre forment un message d’espoir et d’amour, et contribuent (…) à nous faire vivre avec foi le mystère de la naissance du Rédempteur, venu dans la simplicité et la douceur ». Il soulignait également la force symbolique de la crèche dans le monde d’aujourd’hui. « Les crèches dans les églises, dans les maisons et dans de nombreux lieux publics sont une invitation à faire de la place, dans nos vies et dans la société, à un Dieu caché dans le visage de tant de personnes qui vivent des conditions difficiles. »

Eglise St Cyprien Poitiers
Crèche de Noël St Sabine
Église St Radegonde
Crèche Parthenay- St Laurent
Église St Etienne Niort
Église St Etienne Niort
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